Petits fruits rouges : 4 leviers pour pérenniser le dynamisme de la filière
Comment maintenir et stimuler le dynamisme de la filière des petits fruits rouges ? Pour Mohamed Al Amouri, chef de file de la filière, la recette tient au déploiement de quatre leviers.
Il s’agit, en premier lieu, d’orienter les investissements vers les zones du Sud pour gagner en précocité. Le développement des cultures de petits fruits rouges, notamment dans les zones du Moyen Atlas, permettrait la couverture de la période d'été.
Le second levier tient au maintien des niveaux de qualité du produit par l'investissement dans les chaînes de froid et des circuits de logistique ainsi que l'adoption des standards de qualité au niveau social.
Parallèlement, il est primordial de diversifier les marchés d’exportation via la conquête des nouveaux débouchés marchés tels que la Chine, le Japon et la Corée du Sud. Mais avant tout, il est impérieux d’encourager la recherche scientifique pour l'obtention d'un matériel végétal propre au pays. «C’est à ce niveau que le Maroc pourrait sécuriser l’avenir de cette filière hautement rentable, en termes de recettes en devises et de création d’emplois», explique Mohamed Al Amouri, président de l’Association des producteurs des petits fruits rouges.
Pour le moment, la filière affiche une bonne forme. La campagne qui vient de prendre fin s’est soldée par un volume export de 104.000 tonnes, en hausse de 3% par rapport à la saison passée qui avait enregistré un volume de 101.000 tonnes et de 42% en comparaison avec celle de 2018-2019.
La performance s’explique surtout par le bond de 13% des expéditions des fruits à l’état frais : 74.500 tonnes en 2020-2021 contre 66.200 la saison précédente. En ce qui concerne les surgelés, les expéditions ont plongé de 14%, passant de 34.800 tonnes à 30.100 d’une saison à l’autre.
L’analyse de la situation par produit permet de relever la performance des myrtilles qui ont bondi de 28%. Leur part dans l’export global des petits fruits rouges se situe à près du tiers.
La framboise (39% du total en frais) a progressé de 6% alors que la fraise fraîche, quant à elle, a enregistré une hausse de 8%.
L’évolution par marchés s’insère également dans le sillage de la dynamique.
A l’exception du débouché espagnol qui accuse une forte baisse de 12% de ses achats des produits frais, tous les autres marchés de l’Union européenne restent orientés à la hausse. Celle-ci s’étant établie en moyenne à 13%.
Globalement, c’est la part exportée en surgelés qui s’inscrit en baisse par rapport à la campagne précédente : 30.100 tonnes contre 34.800 en 2019-2020. Le recul provient, pour l’essentiel, de la fraise dont l’export a plongé de 17% à 26.800 tonnes. Ce fruit représente près de 90% des expéditions en surgelés. En revanche, les exportations de la framboise surgelée ont bondi de 33%.
Pour la tendance par marché, la plus forte baisse en volume a concerné l’UE dont le niveau s’est situé à 21% passant de 31.700 tonnes en 2019-2020 à 24.900 cette campagne. Il en est de même du marché américain qui s’est fortement replié de 32%. Par contre, le Japon et les autres divers marchés affichent des améliorations.
En parallèle, la tendance pour les produits expédiés à l’état frais s’est révélée particulièrement favorable. Au total, le volume exporté a bondi de 28% à près de 23.000 tonnes au lieu de 19.000 réalisées en 2019-2020. Et l’essentiel de la hausse provient des achats du débouché espagnol dont le volume s’est établi à 10.000 tonnes contre 8.500 en 2019-2020. Il est suivi par le Royaume Uni dont les acquisitions ont totalisé 4.000 tonnes. L’Allemagne a également multiplié par 3 fois ses achats des petits fruits rouges marocains. La France, la Norvège et la Russie quant à elles accusent des replis.
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