HCP : 73.000 chômeurs de plus au premier trimestre 2021
Le marché du travail continue de subir les effets de la crise. Au premier trimestre 2021, le chômage et l'inactivité affichent une hausse, particulièrement parmi les femmes et les jeunes.
Au premier trimestre 2021, le volume de l’emploi a baissé de 202.000 postes par rapport à la même période de 2020, suite à une perte de 258.000 postes en milieu rural contre une création de 56.000 en milieu urbain.
Par type d’emploi, 185.000 emplois non rémunérés ont été perdus, résultat d’une perte de 178.000 en milieu rural et de 7.000 en milieu urbain. L’emploi rémunéré a régressé de 16.000 postes, conséquence d'une perte de 80.000 en zones rurales et d’une création de 64.000 emplois en zones urbaines.
La baisse affecte les secteurs de l’agriculture forêt et pêche et l’industrie, y compris l’artisanat. Par contre, une hausse est enregistrée dans les services et les BTP.
Hausse du chômage et du sous-emploi
Le nombre de chômeurs a augmenté de 242.000 personnes entre le premier trimestre de l’année 2020 et celui de 2021, passant de 1.292.000 à 1.534.000 chômeurs, 185.000 chômeurs en milieu urbain et 57.000 en milieu rural. Le nombre total affiche ainsi une augmentation annuelle de 19%. Au 4e trimestre 2020, ce nombre s'élevait à 1.461.000, en hausse de 73.000 chômeurs au premier trimestre 2021.
Le taux de chômage s’est accru, lui, de 2 points entre les premiers trimestres de 2020 et de 2021, passant de 10,5% à 12,5%, contre 12,2% au T4 2020.
Il a enregistré une forte hausse aussi bien en milieu rural qu'en milieu urbain, passant respectivement de 3,9% à 5,3% et de 15,1% à 17,1%. Il a également enregistré une forte hausse parmi les femmes (3,2 points), de 14,3% à 17,5%, et parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans (5,7 points), de 26,8% à 32,5%.
Le taux de chômage des diplômés a, de son côté, enregistré une hausse de 2 points, passant de 17,8% à 19,8%.
Par ailleurs, le volume du sous-emploi, dans ses deux composantes, est passé, durant cette période, de 954.000 personnes à 988.000, de 531.000 à 552.000 dans les villes et de 423.000 à 435.000 à la campagne. Le taux de sous-emploi est ainsi passé de 8,8% à 9,2%, au niveau national, de 8,7% à 8,9% en milieu urbain et de 8,9% à 9,6% en milieu rural. Le taux de sous-emploi des hommes (10,2%) est presque deux fois plus élevé que celui des femmes (5,6%). En milieu urbain, il est de 9% contre 8,3% pour les femmes et en milieu rural, il est presque 5 fois plus élevé parmi les hommes avec 12% que parmi les femmes (2,5%).
Taux d'activité et d'emploi en baisse
Entre le premier trimestre de 2020 et la même période de 2021, le taux d’activité a baissé, au niveau national, de 46% à 45,5%, relève le Haut-commissariat au plan. Mais ce taux affiche une hausse par rapport au 4e trimestre 2020 (44,4%).
Le taux a baissé de 53,3% à 51,1% en milieu rural et a augmenté de 42,1% à 42,6% en milieu urbain. Au même trimestre, l’écart entre hommes et femmes a atteint 49,5 points, avec des taux d’activité respectifs de 70,7% et de 21,2%. Ces taux étaient de 70,3% et de 22,6% au premier trimestre de 2020.
De son côté, le taux d’emploi a baissé de 41,2% à 39,9% au niveau national. Il était de 38,9% au 4e trimestre 2020.
Ce taux a connu une légère baisse de 0,4 point en milieu urbain (de 35,7% à 35,3%) par rapport à 2020, alors qu’il a perdu 2,8 points en milieu rural (de 51,2% à 48,4%). L'écart entre hommes et femmes a atteint 45,4 points avec des taux d'emploi respectifs de 62,9% et de 17,5%. Ces taux étaient de 63,8% et de 19,3%, une année auparavant.
Trois quarts des chômeurs concentrés dans 5 régions
Cinq régions abritent 72% de l’ensemble des actifs âgés de 15 ans et plus. La région de Casablanca-Settat vient en tête avec 22,5% d’actifs, suivie de Marrakech-Safi (13,3%), de Rabat-Salé-Kénitra (13,3%), de Fès-Meknès (11,4%) et de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (11,2%).
Quatre régions affichent des taux d’activité plus élevés que la moyenne nationale (45,5%): Casablanca-Settat avec 48,6%, Tanger-Tétouan-Al Hoceima (48,1%), Marrakech-Safi (46,8%) et Drâa-Tafilalet (46,4%). En revanche, les taux les plus bas sont enregistrés dans les régions de Fès-Meknès (42,5%), de Souss-Massa (42,3%) et de l’Oriental (41,6%).
Presque trois quarts des chômeurs (73%) sont concentrés dans cinq régions: Casablanca-Settat (27,5% de chômeurs), suivie de Rabat-Salé-Kénitra (13,1%), de Fès-Meknès (12,5%), de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (10,7%) et de l’Oriental (9,6%).
Les taux de chômage les plus élevés sont observés dans les régions du sud (19,6%) et de l’Oriental (18,7%). Avec moins d’acuité, deux autres régions dépassent la moyenne nationale (12,5%), à savoir Casablanca-Settat (15,3%) et Fès-Meknès (13,6%). En revanche, les régions de Drâa-Tafilalet, de Marrakech-Safi, et de Béni Mellal- Khénifra enregistrent les taux les plus bas avec respectivement 7,8%, 7,9% et 8,8%.
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