Vaccination et relance économique : Ce qu’en dit Larabi Jaidi

La vaccination crée un climat de confiance pour les acteurs économiques et participe, entre autres facteurs, à la relance de l'économie nationale. L'année décisive pour imaginer une sortie de crise est 2022-2023.

Vaccination et relance économique : Ce qu’en dit Larabi Jaidi

Le 8 avril 2021 à 18h07

Modifié 10 avril 2021 à 23h30

La vaccination crée un climat de confiance pour les acteurs économiques et participe, entre autres facteurs, à la relance de l'économie nationale. L'année décisive pour imaginer une sortie de crise est 2022-2023.

Invité du rendez-vous hebdomadaire « Mardis du PCNS » organisé par le Policy center for the new south ce 6 avril, Larabi Jaidi, économiste, membre de la Commission spéciale pour le modèle de développement et Senior fellow au sein du PCNS, s’est exprimé au sujet de l’impact de la vaccination sur l’accélération de la relance économique.

Selon lui, la généralisation de la vaccination a eu un effet positif sur les acteurs économiques en début d’année, surtout que l’opération s’est bien déroulée au point d’en surprendre certains, non seulement en termes de capacités de l’administration marocaine pour affronter cette problématique, mais aussi parce que la maîtrise de cette opération a créé un climat de confiance. 

Ce climat participe, entre autres facteurs, à la reprise de l’économie. Le bond que peut connaître celle-ci après un an de léthargie est attendu car il est automatique. Mais sur le long terme, la sortie de crise est liée à plusieurs paramètres dont certains sont nouveaux et issus de ce contexte particulier. 

La vaccination crée un climat de confiance pour les acteurs économiques 

Pour M. Jaidi, « la vaccination crée un climat moral pour les acteurs économiques, que ce soit pour l’investisseur, le producteur, le consommateur ou même le père de famille, c’est ce climat de confiance qui impacte le comportement des acteurs économiques ». 

« L’investisseur, par exemple, constate que les prévisions de cette année et la suivante sont positives, il va donc employer ses ressources dans l’élargissement de ses capacités productives, car tout ce qu’il attend c’est une demande des consommateurs », explique M. Jaidi. 

Selon lui, « la relance économique durable est liée à la création de ce climat de confiance », mais aussi à d’autres facteurs car « le Maroc n’est pas un pays isolé » mais plutôt doté d’une économie ouverte. 

Ainsi, l’économiste estime que « la vaccination est un facteur qui aide » mais qui doit avoir « une continuité ». Autrement dit, l’opération doit « s’étaler sur une année pour atteindre un point de non-retour ». 

Or pour l’instant, « nous sommes dans l’incertitude », car le virus change et le Maroc, qui est « un acteur respectable mais pas essentiel dans les relations internationales liées à la production pharmaceutique et médicale », doit continuer à vacciner avec la même cadence, souligne M. Jaidi.

Activités économiques : Encore 2 à 3 ans d’attente pour un retour à la normale

La gestion de la situation sanitaire est donc déterminante pour la sortie de crise de chaque pays. Car si les aptitudes diffèrent, le retour à la normale reste unanimement difficile. Pour M. Jaidi, il faut compter 2 à 3 ans pour retrouver « l’état d’avant » et ce, en prenant en compte les possibilités de chaque pays. 

« En 2021, il est attendu d’avoir une relance qui atteint environ 4 à 4,5%. Certains parlent de 5%. Mais l’année qui sera décisive concernant notre vision de sortie de crise est 2022-2023, car les effets de la pandémie constituent un choc important », explique-t-il. 

Même si les « initiatives prises, avec le soutien de l’Etat, pour diminuer les souffrances financières des entreprises » sont louables, la question qui se pose, selon l’économiste est de « savoir comment les entreprises qui ont dû fermer ou réduire leur production pourront retourner à la vie normale ». 

« Le soutien de l’entreprise ne passe pas uniquement par les prêts bancaires normaux, il nécessite de revoir la nature même des entreprises. Le Fonds (Mohammed VI pour l’investissement, ndlr), objet de réflexions en cours, a également un rôle à jouer pour soutenir les capacités des entreprises marocaines à investir et à produire », explique M. Jaidi qui se positionne en faveur « du financement public, pas seulement quantitatif mais aussi qualitatif ».

C’est aussi l’investissement étatique qui a permis à 4 pays d’assurer une réelle capacité de production des vaccins anti-Covid. Il s’agit des Etats-Unis, du Royaume-Uni, de la Russie et de la Chine qui ont « financé la production mais également les recherches permettant d’avoir un vaccin qui répond aux critères scientifiques dans un délai d’un an ».  

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