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Tanger : L’ancienne décharge fermée, les nouveaux contrats de nettoiement adoptés

Soulagement pour les habitants de Tanger. L’ancienne décharge sauvage de Mghogha ferme enfin ses portes, après 45 ans de souffrance de ses riverains, et les nouveaux contrats de collecte de déchets et de nettoiement ont été adoptés.

Tanger : L’ancienne décharge fermée, les nouveaux contrats de nettoiement adoptés

Le 24 mars 2021 à 14h45

Modifié 11 avril 2021 à 2h50

Soulagement pour les habitants de Tanger. L’ancienne décharge sauvage de Mghogha ferme enfin ses portes, après 45 ans de souffrance de ses riverains, et les nouveaux contrats de collecte de déchets et de nettoiement ont été adoptés.

Le conseil de la ville de Tanger, réuni mardi 23 mars, a acté deux décisions importantes. La première est relative à la fermeture définitive de la décharge sauvage de Mghogha, un site vieux d’un demi-siècle, devenu très dangereux pour la population tangéroise.

Bachir Abdellaoui, maire de Tanger a signé, hier, cette décision (fac-similé ci-dessous), qui prend effet à compter de ce mercredi 24 mars. « Cette décharge ne recevra plus aucun déchet, et les travaux de réhabilitation seront achevés prochainement », explique à Médias 24 Ahmed Ettalhi, président de la commission de l’urbanisme, de l’aménagement, du territoire et de la préservation de l’environnement à la commune de Tanger, qui est également membre du groupement Al Boughaz, gestionnaire du nouveau centre d’enfouissement et de valorisation (CEV).

Le nouveau CEV en service depuis plus de 2 mois

D’après notre interlocuteur, « il ne s’agit que de l’officialisation de ladite décision, mais en réalité, 70% des déchets sont transportés au nouveau CEV, loin d’une quarantaine de kilomètres de la ville, depuis le mois de décembre 2020. Nous avons commencé par une phase d’essais qui a duré un mois, jusqu’au 3 janvier ».

« Le CEV accueille, depuis le 4 janvier, la totalité des déchets de la ville, sauf les déchets industriels et de construction et les déchets de certaines communes qui n’avaient pas les moyens de les acheminer vers la nouvelle décharge. Ce qui veut dire que depuis cette date, la décharge sauvage ne reçoit plus que ces trois types de déchets. Cette problématique a été réglée en janvier », lors d’une session ordinaire du groupement Al Boughaz. C’est ce qui a retardé la fermeture définitive de ce site. A présent, tous les types de déchets sont transportés vers le CEV.

428 MDH pour la gestion du secteur de nettoiement, durant 7 ans

La seconde et importante décision actée par le conseil de la ville de Tanger est l’adoption de deux nouveaux contrats de collecte de déchets et de nettoiement, conclus avec deux sociétés marocaines, Mecomar et Arma Holding, pour une durée de 7 ans. Ces contrats prendront effet à partir du 1er mai 2021, et s’achèveront le 30 avril 2028.

D’après le vice-président de la ville, Mohamed Amahjour, le secteur du nettoiement coûtera désormais un budget annuel de 428 MDH à la commune, ce qui représente 59% des recettes réalisées par la ville en 2019

Ce montant englobe un budget annuel de collecte des déchets et de nettoiement, qui s’élève à 298 MDH pour les deux sociétés, et 130 MDH par an pour la mise en décharge et le transport des déchets vers le nouveau CEV. 

Dans le détail, « la ville de Tanger est répartie en quatre arrondissements, deux arrondissements de la zone Est (Beni Makada et Mghogha) qui seront gérés par Arma Holding pour 162 MDH/ an, et deux autres de la zone Ouest (Tanger Médina et Souani) qui seront gérés par Mecomar, pour 136 MDH/ an », nous confie M. Ettalhi.

Par ailleurs, le système de paiement à la tonne a été abandonné dans la ville, « vu que le tonnage des déchets augmente de 5% à 7% par an. Pour avoir un montant annuel stable, un système de forfait a été adopté, à l’instar des nouveaux contrats conclus à Casablanca, Oujda et Marrakech. Le forfait à la tonne a été fixé à 619 DH« , souligne M. Amahjour.  

L’adoption de ces contrats retardée par la cherté du service

Selon Ahmed Ettalhi, l’appel d’offres relatif à la collecte des déchets et nettoiement, lancé en septembre 2020, « a abouti il y a déjà deux mois, mais nous n’avons pas pu accepter les propositions financières des deux sociétés retenues, vu la situation financière de la ville de Tanger ». Au total, neuf sociétés ont soumissionné à ce marché (notamment SOS, Ozone, Casa-technique…), dont une société étrangère, Solamta, qui a retiré son dossier avant même l’examen technique. Les huit autres qui étaient en lice sont toutes marocaines.  

En effet, la ville de Tanger n’a pas beaucoup de ressources. En octobre dernier, elle a eu beaucoup de mal à boucler son budget 2021, puisqu’elle est sortie de 2020 avec un déficit budgétaire estimé à environ 20%. « Ce sont des dettes que nous devrons payer cette année ou les années prochaines. De plus, la ville ne dispose pas d’un budget d’investissement pour pouvoir y trancher ce déficit », poursuit notre source. Tanger dispose seulement d’un budget de fonctionnement, dont la majeure partie couvre les dépenses obligatoires. Egalement, sa part de TVA transférée par l’Etat s’élève à peine à 152 MDH par an. Son budget total pour 2021 est de 807 MDH. Comment parviendra-t-elle donc à honorer ses engagements vis-à-vis du secteur de nettoiement ?

« Ces contrats n’ont été adoptés qu’après quatre séances de réunion du conseil de la ville et de concertation avec le ministère de l’Intérieur pour avoir une subvention annuelle spéciale. Nous n’avons pas d’engagement écrit, mais des promesses » pour l’instant.

« Nous n’avons pas d’autres solutions, à part relancer un nouveau marché en baissant le niveau des services. Ce qui est inadmissible pour une ville stratégique comme Tanger. On ne peut donc pas faire marche arrière. »

338 MDH d’investissements et un service totalement informatisé

Ces nouveaux contrats comportent beaucoup de nouveautés, que les sociétés délégataires devraient honorer à travers un investissement « de 338 MDH, dont la majorité devrait être réalisée au plus tard durant la première année« , nous apprend M. Amahjour. « Il s’agit notamment de l’acquisition du matériel roulant, et du matériel d’équipement… »

Pour sa part, M. Ettalhi nous a fait savoir que « la gestion de ce service sera totalement informatisée, notamment les pénalités. Même le balayeur manuel disposera d’un GPS dans sa charrette pour être contrôlé et pour tracer son activité. Lorsque le travail est mal fait, ou lorsque des endroits qui relèvent de son circuit ne sont pas nettoyés, les pénalités sont automatiques ». 

« Les conteneurs seront équipés d’une puce qui indique aux délégataires leur taux de remplissage. Lorsque ceux-ci sont totalement remplis, et que les sociétés tardent à les vider, elles seront automatiquement pénalisées ».

« Egalement, contrairement aux campagnes de sensibilisation saisonnières organisées les années passées lors de l’Aid Al Adha, par exemple, les deux délégataires devraient avoir un plan de communication, et organiser des campagnes sur toute l’année ».

Par ailleurs, « le nombre de conteneurs et de conteneurs souterrains sera augmenté, ainsi que les poubelles » et les autres équipements nécessaires à la propreté de la ville.

En ce qui concerne les moyens humains, « les deux sociétés comptent 969 salariés. Ce chiffre passera à 1.545 personnes, soit presque le double de l’effectif actuel, ce qui implique de nouvelles tâches et une hausse des fréquences de collecte. Tous ces paramètres font donc que le montant du service de gestion déléguée des déchets soit aussi élevé ». 

Décision de fermeture définitive de la décharge sauvage de Mghogha

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