Dépistage du Covid dans les écoles: faible taux de positivité, aucun variant détecté
Le ministère de la Santé a dévoilé les résultats de l’opération de dépistage de l’infection au Covid-19 en milieu scolaire. Sur 31.611 élèves testés, un faible taux de positivité de 2,43% a été enregistré. La majorité des cas sont asymptomatiques, et aucun variant étranger n’a été détecté.
Le Maroc a connu deux phases d’évolution de l’épidémie. Une première vague de cas importés de pays étrangers, suivie d’une vague de transmission communautaire, ayant démarré dans la semaine du 20 au 26 juillet 2020, qui s'est poursuivie durant 17 semaines. Pendant ces différentes étapes de circulation du virus au Royaume, les jeunes âgés de moins de 18 ans étaient très faiblement touchés par rapport à la population générale, avec une mortalité et une létalité faibles.
La fin de l’année 2020 a été caractérisée par l’apparition de nouveaux variants du virus, avec une transmissibilité élevée, notamment chez les jeunes et adolescents, contrairement aux souches classiques. D’où le lancement de l’opération de dépistage de l’infection au Covid-19 en milieu scolaire par le ministère de la Santé, en coordination avec le ministère de l’Education nationale.
Rappelons qu'au 21 février, 24 cas du variant britannique ont été détectés au Maroc par le dispositif de la veille génomique, et aucun cas des souches brésilienne ou sud-africaine n’a été enregistré à la même date.
Plus de 30.000 élèves testés dans 6 régions
L’opération de collecte de données et de prélèvements dans le cadre de ce de dépistage, a eu lieu du 11 au 22 janvier 2021.
Le 10 janvier dernier, le ministère de la Santé avait annoncé le dépistage de 30.000 lycéens et collégiens. En fin de compte ce sont 31.611 élèves qui ont été testés. Ces derniers sont répartis sur 6 régions, à raison de 10.058 élèves dans la région de Casablanca-Settat, et un peu plus de 4.000 dans chacune des régions suivantes : Rabat-Salé-Kénitra, Tanger-Tétouan-Al Hoceima, Fès-Meknès, Marrakech-Safi et Souss-Massa.
Nombre de tests réalisés par région
Le choix des établissements a été fait en collaboration avec les Académies régionales de l’enseignement et de la formation (Aref), de façon à assurer une représentativité des deux secteurs, public et privé, et en termes de provinces dans chaque région. Dans chacun des établissements retenus, un échantillon de convenance a été choisi parmi les élèves.
Les prélèvements ont été ensuite acheminés vers les laboratoires desservant chaque province ou préfecture de l’étude. Devant chaque cas positif, l’investigation des contacts a été menée conformément aux procédures en vigueur. Egalement, les mesures de riposte en milieu scolaire ont été entreprises selon le protocole sanitaire en place.
Les échantillons positifs ont par la suite été expédiés aux laboratoires nationaux de référence pour réaliser le séquençage, le but étant de savoir s'il s'agit de nouvelles souches, ou de souches classiques.
767 cas positifs, dont la majorité est asymptomatique
Sur les 31.611 élèves testés, 767 ont été retrouvés positifs à la RT-PCR, ce qui représente un taux de positivité de 2,43%. Ce taux reste inférieur à celui enregistré dans le système de veille épidémiologique au niveau national durant les deux semaines de l’enquête, qui était de 6,5%, précise le rapport.
Le taux de positivité est très différent entre les régions, allant de 4,78% dans la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, qui est en tête de liste, à 0,71% dans la région de Marrakech-Safi. A Casablanca-Settat, ce taux est de 2,45%.
L’étendue d’âge des élèves positifs est de 11 à 22 ans. La majorité des participants sont âgés de 15 à 17 ans, avec une proportion de 59,4%, 24,4% pour les 11-14 ans, et 16,2% pour les 18 ans et plus.
Par ailleurs, 55,3% des cas sont de sexe féminin, soit un sexe-ratio F/H de 1,2. Parmi l’ensemble des cas positifs, 5 sont des anciens malades, dont l'infection a eu lieu entre 1 à 6 mois, 3 sont des contacts d’un cas confirmé dans la semaine précédant le prélèvement, et 3 autres sont des contacts d’un arrivant de l’étranger (France et Espagne) dans les 14 jours précédant le prélèvement.
Sur l’ensemble des cas positifs, seuls 2,6% étaient symptomatiques avec des signes bénins d’infection respiratoire et /ou des signes sensoriels. La quasi-totalité des cas détectés sont donc des élèves asymptomatiques, ce qui est concordant avec les données publiées sur la maladie, notamment chez l’enfant et l’adolescent.
Autres résultats importants : 77,5% des cas positifs appartiennent à un groupe de cas au sein de leur établissement, parmi lesquels 21,2% sont sous forme de clusters au sein des mêmes classes, avec un nombre de cas variant entre 3 et 7 et un total de 25 cluster-classes.
Concernant les nouveaux variants du virus circulant dans environ 100 pays, les séquençages réalisés sur plus de 60% des cas positifs détectés dans les régions de Rabat-Salé-Kénitra, Tanger-Tétouan-Al Hoceima, Fès-Meknès, Marrakech-Safi et Souss-Massa, n’ont révélé aucune mutation d’intérêt. 32% des échantillons, collectés majoritairement au niveau de la région Casablanca-Settat, sont encore en cours de séquençage. Ces résultats sont donc concordants avec les données de circulation des nouveaux variants au sein de la population marocaine, montrant que les 24 cas détectés jusqu'ici au pays sont isolés.
L'utilité de la fermeture des écoles avérée ?
D’après le rapport, cette opération de dépistage a révélé plusieurs réalités épidémiologiques, dont les plus importantes sont les suivantes :
- L’infection au Sars-Cov-2 chez l’enfant et l’adolescent n’est pas rare, bien qu’elle soit moins fréquente que chez l’adulte ;
- La présence de cas groupés au sein des établissements scolaires et des clusters, avec parfois des chaines de transmission au sein des classes, ce qui prouve le rôle des enfants et des adolescents dans la diffusion du virus, dont l’importance reste à définir ;
- Si les mesures de prévention sont bien appliquées, il est très peu probable que les établissements scolaires constituent des environnements de propagation du virus plus favorables que les environnements professionnels ou de loisirs, avec des densités de population similaires,
- L’infection est généralement bénigne ou asymptomatique chez l’enfant et l’adolescent, rendant difficile la détection précoce des clusters en milieu scolaire.
"La discussion sur l’utilité de la fermeture des établissements scolaires est toujours d’actualité dans le monde et dans notre pays", ajoute le rapport, soulignant que "le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies considère que les fermetures d’écoles peuvent contribuer à une réduction de la transmission du Covid, mais l’évaluation de son efficacité par rapport aux autres mesures reste très difficile".
"D’autres études sont donc nécessaires pour la prise d'une telle décision, notamment des enquêtes de séroprévalence ciblant le milieu scolaire, auprès des enseignants et du corps administratif des établissements".
Enfin, "l’absence des nouveaux variants au sein de la population scolaire est en faveur de leur circulation limitée auprès de la population, néanmoins, une surveillance rigoureuse s’avère nécessaire, tenant compte de la forte transmissibilité de ces souches", conclut le document.
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