Vaccination : Les précisions de la Santé sur les vaccins Sinopharm et AstraZeneca
Le ministère de la Santé a publié, hier, jeudi 28 janvier, une fiche technique sur les aspects pratiques de la vaccination contre le virus du Sars-Cov-2. L’objectif est de présenter les vaccins utilisés et leurs modes d’utilisation et de conservation.
Cette fiche technique s’inscrit dans la continuité de la note précédemment diffusée par le ministère de la Santé et publiée par Médias24, dans laquelle le ministère détaille les différentes règles à respecter par les personnes injectant le vaccin (les vaccinateurs) avant, pendant et après le processus de vaccination, ainsi que les effets indésirables locaux et systémiques.
La version du 28 janvier présente d’abord les deux vaccins qui seront utilisés dans le cadre de la campagne de vaccination, qui a démarré le jour-même : le vaccin Sinopharm et le vaccin AstraZeneca.
Le vaccin Sinopharm est un vaccin anti-coronavirus inactivé. Il se présente sous la forme d’un flacon monodose. "Le produit est une suspension trouble semi-transparente avec une légère couleur blanche", indique-t-on dans la fiche technique. Le vaccin doit être conservé et transporté à une température comprise entre +2°C et +8°C, à l’abri de la lumière, et ne doit pas être congelé. Son schéma de vaccination est le suivant : 2 doses, avec un intervalle de 21 jours après la première dose. Chaque dose comprend 0.5 ml. Il faut administrer "la totalité du contenu de la seringue pré remplie". L’injection est intramusculaire (IM) et de préférence dans le muscle deltoïde du bras non dominant. C’est un vaccin prêt à l’emploi. "Le vaccin doit être soigneusement agité avant utilisation" et ne doit pas être utilisé "au cas où des anomalies sont observées : précipités persistants après agitation, corps étrangers, étiquette illisible, expiration de la date de péremption et fissures dans la seringue, etc".
Le vaccin AstraZeneca est un vaccin à vecteur viral non réplicatif. Il se présente sous la forme d’un flacon multi-dose (10 doses) et contient "une solution incolore à légèrement brune, limpide à légèrement opaque et exempte de particules". Il doit être conservé et transporté entre +2°C et +8°C, à l’abri de la lumière, et ne doit pas être congelé. Une fois que le flacon est entamé, le vaccin doit être utilisé "dès que possible et dans les 6 heures qui suivent". Pendant cette période, il doit être gardé à une température comprise entre +2°C et + 8°C. Son schéma de vaccination est le suivant : 2 doses, avec un intervalle de 28 jours après la première dose. Chaque dose comprend 0.5 ml. Comme le vaccin Sinopharm, l’injection est intramusculaire (IM) et de préférence dans le muscle deltoïde du bras non dominant. Les personnes présentant une infection Covid-19 symptomatique ne doivent pas recevoir le vaccin (Sinopharm ou AstraZeneca) jusqu’à rétablissement clinique et 4 semaines après le début des signes cliniques. De plus, pour les cas asymptomatiques, un délai de 4 semaines est requis après la date de diagnostic.
Concernant la préparation du vaccin AstraZeneca, la fiche technique mentionne davantage de critères que pour le vaccin Sinopharm : le vaccin AstraZeneca est prêt à l’emploi et "chaque flacon multi-dose doit être clairement étiqueté avec la date et l’heure de la première perforation". Il faut également vérifier l’apparence du vaccin : "il doit être incolore à légèrement brun, clair à légèrement opaque et exempt de toute particule".
Attention : le vaccin AstraZeneca ne doit pas être utilisé "si des particules ou une décoloration de la solution sont présentes, [en cas d’]expiration de la date de péremption, de fissures dans le flacon et d’étiquette illisible. De plus, il ne faut pas agiter le flacon du vaccin. "Le bouchon du flacon doit être essuyé avec un tampon légèrement imbibé d’alcool et laisser sécher. Veillez tout particulièrement à ce que la dose de 0,5 ml soit correctement prélevée. Les bulles d’air doivent être éliminées avant de retirer l’aiguille du flacon afin d’éviter de perdre une partie de la dose de vaccin", indique également la fiche technique.
Enfin, toujours concernant le vaccin AstraZeneca, il ne faut entamer un flacon du vaccin, en fin de journée de vaccination, qu’une fois que 10 personnes à vacciner sont présentes et éligibles à la vaccination. "Dans le cas où une station de vaccination compte plusieurs équipes de vaccination, veiller en fin de journée à s’organiser et mutualiser les doses des flacons entamés afin d’éviter les déperditions", précise-t-on.
Les vaccinateurs doivent préparer la séance de vaccination
Les vérifications à effectuer, les contre-indications et les évènements indésirables post-vaccinaux (EIPV) concernant ces deux vaccins sont les mêmes que ceux indiqués dans la précédente fiche technique. Parmi les contre-indications figurent les femmes enceintes ou allaitantes ; les personnes ayant déjà eu une réaction allergique systémique grave (choc anaphylactique ou œdème de Quincke) à tout composant de ce vaccin ; les personnes ayant une maladie infectieuse en phase aiguë (y compris la Covid-19 confirmée).
Les EIPV mentionnés sont les suivants : douleur au niveau du site d’injection avec rougeur, induration (durcissement de la peau), prurit (démangeaison de la peau), douleurs, céphalée, nausées, fatigue, arthralgies (douleurs articulaires), diarrhée et arthromyalgie.
Avant de procéder à la vaccination, et en plus de procéder aux règles d’hygiène indiquées dans la précédente fiche, les vaccinateurs doivent préparer la séance de vaccination, à savoir : assurer une bonne aération de la salle de vaccination (ouvrir les fenêtres) ; respecter la distance physique adéquate en assurant une distance d’au moins 1 mètre dans toutes les directions entre chaque personne ; assurer un flux à sens unique dans le site de vaccination.
Concernant les mesures spécifiques de sécurité, pour les deux vaccins, il ne faut pas recapuchonner les aiguilles utilisées après l’administration du vaccin. Il est également demandé de nettoyer les surfaces avec un désinfectant virucide en cas de déversement des produits.
Des précisions sur la prise en charge d’un choc anaphylactique
Des réactions anaphylactiques (allergies) peuvent survenir dans les 30 minutes qui suivent l’administration du produit, et les réactions les plus graves surviennent dans les 15 premières minutes.
En cas d’anaphylaxie, une intervention rapide est d’une importance capitale, insiste la fiche technique : "En cas d’incertitude, il faut privilégier le traitement, car il n’y a aucune contre-indication à l’utilisation d'adrénaline. S’il y a perte de temps au début du traitement d’un épisode anaphylactique aigu, la prise en charge subséquente peut devenir plus difficile."
La prise en charge de base de l’anaphylaxie en milieu communautaire suit quatre étapes : arrêter l’injection du vaccin ; appeler ou faire appeler les services médicaux d’urgence ; évaluer les voies respiratoires, la respiration, la circulation, l’état de conscience, la peau ; allonger le patient en surélevant les jambes.
La personne vaccinée ne doit pas être couchée sur le dos si elle est en détresse respiratoire (dans ce cas, il faut la placer dans une position confortable, en élevant la tête et le thorax) et si elle vomit ou est inconsciente (dans ce cas, coucher la personne sur le côté). Enfin, le médecin référant de la circonscription sanitaire doit être contacté.
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