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ECONOMIE

Malgré les aléas de la crise, Renault Maroc dresse ses perspectives pour 2021

Alors que l’apparition de nouveaux variants du Covid-19 laisse supposer que la crise sanitaire est encore bien partie pour durer, le Groupe Renault Maroc entend bien maintenir le cap en termes de compétitivité. En matière de production de véhicules "verts", l’entreprise dit attendre que la demande locale émerge.

Malgré les aléas de la crise, Renault Maroc dresse ses perspectives pour 2021
Solène Paillard
Le 19 janvier 2021 à 18h57 | Modifié 11 avril 2021 à 2h49

Le Groupe Renault Maroc a organisé, ce mardi 19 janvier, une conférence de presse pour présenter son bilan de l’année 2020 et ses perspectives pour 2021. En ce début d’année marqué par le manque de visibilité, en raison de la pandémie de Covid-19 à laquelle s’ajoutent de nouveaux variants, tout l’enjeu pour le Groupe Renault Maroc est de maintenir la compétitivité, voire de la renforcer.

Quelle stratégie le Groupe Renault Maroc va-t-il déployer ? Réponse : "Le premier levier que nous devons actionner, c’est d’abord de retrouver du volume. Lorsque les volumes remontent, nous améliorons nos performances économiques. Cela va dépendre aussi bien du marché marocain que de la demande à l’exportation. Nous allons également améliorer la performance des nouveaux véhicules et renforcer l’intégration locale, afin que les composants et les matières que nous utilisons soient de plus en plus localisés au Maroc. C’est cela qui renforcera notre compétitivité", a déclaré Fabrice Crevola, directeur général de Renault Commerce Maroc.

Marc Nassif, directeur général de Renault Maroc, d’ajouter : "Nous avons activement travaillé ces dernières années pour le développement de la filière automobile et de notre écosystème industriel afin d’accompagner notre croissance. Cela démontre un intérêt économique : de plus en plus d’entreprises viennent s’installer au Maroc et ramènent avec elles de nouvelles technologies et commodités, ainsi que de nouveaux composants." Et le résultat est là : d’après les chiffres liés à l’écosystème Renault, présentés lors de cette conférence, 76 fournisseurs sont désormais implantés au Maroc en 2020, contre 26 en 2016, lors du lancement de l’écosystème.

Concernant un éventuel renforcement de la stratégie relative aux ventes de voiture, Fabrice Crevola souligne que "l’entreprise s’appuie énormément sur son réseau de concessionnaires, qui s’adaptent et se réinventent constamment en fonction du contexte. Cela reste complètement au cœur de notre stratégie".

Sur le volet des voitures électriques, les représentants du Groupe Renault Maroc se sont montré moins bavards : "Oui, des voitures électriques pourront être un jour produites au Maroc." "Un jour", donc. "Les marchés sont en train de s’électrifier. L’électrification de la gamme Dacia n’est pas encore programmée. La production de voitures électriques au Maroc sera liée à l’évolution des normes, à la demande locale, aux législations et aux technologies. Nous le ferons dès que le marché le demandera."

"Tous les espoirs sont permis sur 2021"

Grosso modo, et malgré quelques résultats à nuancer en raison de la pandémie de Covid-19, c’est un satisfecit. "Au Maroc, le groupe a su conserver sa position, maintenir le cap et mener à bien ses deux missions : rester leader sur le marché national et renforcer notre rôle de pays industriel au service du groupe sur l’ensemble du continent. Nous confortons notre position de cinquième pays industriel au sein du groupe, et 14ème pays en termes de ventes. L’année 2020 a été une consolidation des acquis et de travail en profondeur. Le groupe continue de se positionner en tant que leader incontesté du secteur automobile, qui reste la locomotive des exportations du Royaume. Nos deux usines à Tanger et Casablanca ont clairement démontré leur compétitivité et leur résilience, malgré la forte baisse de la demande en raison de la pandémie", a déclaré Marc Nassif.

Sur le front commercial, Marc Nassif a aussi fait savoir que le Groupe Renault Maroc maintient une part de marché supérieure à 40% pour la quatrième année consécutive. "En 2020, nous avons continué à nous positionner comme une plateforme industrielle majeure pour le groupe. Nos deux usines ont atteint un total de 277.474 véhicules produits en 2020, soit une baisse de 30% par rapport à 2019 (un peu plus de 67.000 véhicules produits à Casablanca, contre presque 210.000 à Tanger)", a fait savoir le PDG de la marque au losange. Et de préciser : "Cette baisse de la production s’inscrit dans le cadre de la baisse de la demande de la marque Dacia dans le monde."

Fabrice Crevola a également dressé un bilan 2020 plutôt satisfaisant malgré, il faut bien le dire, les aléas liés aux deux crises conjuguées, sanitaire et économique : "Le marché automobile marocain a quasiment reculé de 20%. Ce sont des chiffres que nous ne sommes pas habitués à voir au Maroc, qui est plutôt dans une dynamique de croissance. Quelques points positifs toutefois : le véhicule utilitaire a moins souffert. Cela démontre la capacité des entreprises marocaines à reprendre et à maintenir leurs activités. Certains secteurs ont été très porteurs, notamment la livraison à domicile."

Un motif de satisfaction souligné par le DG de Renault Commerce Maroc est celui de la part de marché détenue en 2020 par Renault Maroc, à hauteur de 41.1%. "Nous avons d’ailleurs réussi, pour la quatrième année consécutive, à dépasser la barre des 40%. La marque Dacia, lancée il y a seulement quinze ans, est un solide leader du marché et a même battu son record de part de marché en 2020, avec 28.6% de part de marché. En revanche, la marque Renault, très présente sur le marché de la location de véhicules, a évidemment pâti de l’effondrement de la demande des loueurs, lié à la très forte chute des activités du secteur touristique et de l’activité économique. La marque Renault a toutefois retrouvé cette année son leadership sur le marché du véhicule utilitaire, hors segment pick-up puisque nous en sommes pas présents sur ce segment. Tous les espoirs sont permis sur 2021."

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Tags : Automobile
Solène Paillard
Le 19 janvier 2021 à 18h57

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