Les DRH : Pas de vague de licenciements pour le moment mais inquiétude pour l'avenir
L’Association des gestionnaires et formateurs en ressources humaines ne constate pas de vague de licenciements, mais se montre très prudente, pour ne pas dire pessimiste, sur les mois à venir. Si certains secteurs ont tiré leur épingle du jeu pendant cette crise, d’autres en souffrent toujours énormément.
Certains licenciements sont inévitables en cette période de crise économique, mais les entreprises tentent coûte que coûte de préserver l’emploi de leurs salariés. C’est ce qu’observe l’Association des gestionnaires et formateurs en ressources humaines (AGEF), à travers la voix de son vice-président, Anouar Alaoui Ismaili, en contact régulier avec les directeurs des ressources humaines. ''Le souci majeur des DRH actuellement, c’est de maintenir leur capital humain et de limiter les dégâts'', assure-t-il auprès de Médias24.
D’emblée pourtant, un secteur s’impose comme celui qui, depuis le début de la crise sanitaire en mars, est frappé de plein fouet par la crise économique qui a suivi, et a par conséquent été contraint de procéder à des licenciements : le tourisme. ''C’est un secteur qui est aujourd’hui sinistré. L’État a certes apporté son soutien pour éviter les licenciements, mais son intervention est dérisoire. Les 2.000 dirhams mensuels alloués par la CNSS ne font pas le bonheur des opérateurs. Nombreux sont les établissements hôteliers qui se heurtent à des difficultés importantes, ainsi que toutes les structures annexes, c’est-à-dire les services de location de voitures, les restaurants, les guides touristiques, les associations professionnelles du tourisme… Le souci principal de ces établissements depuis l’apparition de cette crise sanitaire, c’est de préserver leurs emplois. Or, la conjoncture économique a contraint plusieurs d’entre eux, et malgré eux, à procéder à des licenciements'', explique Anouar Alaoui Ismaili. Hormis le tourisme, l’AGEF se dit inquiète pour d’autres secteurs, notamment l’immobilier et le BTP, où la reprise est ''légère, pour ne pas dire très timide''.
Le vaccin, espoir ultime pour éviter de nombreux licenciements ?
Irait-on jusqu’à parler de ''vagues'' de licenciement ? L’AGEF indique n’avoir pas encore de chiffres à avancer sur les licenciements, l’année 2020 n’étant pas encore terminée, mais l’emploi du mot ''vague'' semble pour l’heure inapproprié. ''Le mot est trop fort, du moins à l’heure actuelle. Des vagues, cela signifie des centaines, voire des milliers de licenciements. On n’en est pas encore à ce stade, même si on craint le pire pour l’avenir. Concernant le tourisme plus particulièrement, si la conjoncture économique actuelle ne se redresse pas, si les frontières ne sont pas rouvertes, si le tourisme international n’est pas au rendez-vous, et enfin si le tourisme interne ne bouge pas, alors là, oui, on peut s’attendre à des vagues de licenciements'', s’inquiète Anouar Alaoui Ismaili.
L’arrivée d’un vaccin pourra-t-elle permettre de limiter la casse et d’éviter, justement, de potentielles vagues de licenciements ? ''Il me semble pour l’instant prématuré de pronostiquer sur les effets du vaccin, mais je l’espère en tout cas. Si notre pays a opté pour la vaccination, c’est très probablement parce qu’elle aura des effets bénéfiques.''
Des adaptations qui ont permis d’éviter des licenciements
Anouar Alaoui Ismaili peut en revanche affirmer, cette fois avec certitude, que de nombreux licenciements ont été évités grâce à ces secteurs qui ont largement tiré leur épingle du jeu, comme ceux de la grande distribution, de l’agroalimentaire, du textile et du digital.
''Ce sont des filières qui ont su s’adapter à la crise'', souligne le vice-président de l’AGEF. Et qui ont su également profiter des nouveaux besoins qu’elle a créés, notamment avec la digitalisation impulsée par la mise en place du télétravail pendant le confinement et par l’essor des webinaires. Entre juin et octobre, les cabinets de recrutement contactés par Médias24 faisaient d’ailleurs état d’une forte demande des entreprises pour des profils aptes à manier les outils digitaux, à gérer des connexions, des données et des postes à distance.
Le vice-président de l’AGEF en est d’ailleurs certain : le télétravail, en permettant aux entreprises de continuer à tourner et ainsi de maintenir le cap, a contribué à éviter de nombreux licenciements. ''L’émergence de cette pratique a permis aux entreprises de s’adapter, d’inventer une autre façon de travailler et de conserver leur capital humain. Certaines entreprises n’ont certes pas pu agencer leurs espaces de façon à respecter les mesures sanitaires, ou n’ont pas les moyens financiers de mettre en place tout le dispositif nécessaire, mais elles ont permis à leurs effectifs d’être en télétravail, et de faire en sorte que les activités soient maintenues et les licenciements évités. Le télétravail a montré que même à distance, le travail peut être fait, et même bien fait.''
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