La CGEM réclame une application plus objective de la hausse des droits de douane
La CGEM a reçu ce jeudi 26 novembre, le ministre de l'Economie et des Finances Mohamed Benchaâboun pour échanger autour du projet de loi de finances 2021 et de la relance économique. L'occasion pour le patron des patrons Chakib Alj de faire passer des messages importants et clarifier la position du patronat sur plusieurs sujets importants.
La rencontre entre le ministre de l'Economie et des Finances et le patronat pour échanger sur le projet de loi de finances 2021 face à l’impératif de la relance, le 26 novembre 2020, a été l'occasion pour l'un comme pour l'autre de faire passer ses messages et mettre le point sur les sujets importants. Si Mohamed Benchaâboun s'est montré direct, le président de la CGEM Chakib Alj l'a été tout autant.
En effet, le patron des patrons a évoqué tous les sujets prioritaires pour la CGEM et a tenu à rappeler que "la relance économique ne peut être effective que si la loi de finances 2021 tient compte des besoins vitaux de l'entreprise", a-t-il déclaré.
Dans ce sens, Alj a profité de la présence du ministre de l'Economie et des Finances pour tirer au clair et préciser la position de la CGEM sur deux sujets polémiques à savoir la contribution sociale de solidarité et l’augmentation des droits de douane sur les produits finis importés.
"En ce qui concerne la contribution sociale de solidarité, nous y adhérons complètement, surtout en cette période de crise sans précédent. Toutefois, son mode de financement, qui correspond à une ponction sur les revenus et les résultats, ne peut être maintenu au-delà de cette année 2021, au risque de voir se creuser davantage le fossé qui sépare les entreprises citoyennes de celles qui se développent dans l’informel", avance le président de la CGEM.
En matière de relèvement des droits de douane, Chakib Alj déclare que "toute revue des taux doit se faire en concertation avec les fédérations concernées. Une évaluation est nécessaire pour mesurer, au fur et à mesure, les retombées sur le tissu économique et sur la stabilité des transactions. Il s’agit d’une question cruciale au vu du fort enjeu pour les entreprises, mais également complexe au regard, notamment, des différents business models au sein même des secteurs".
D'ailleurs, la CGEM envisage de lancer, dans les prochains jours, une étude sur la valeur ajoutée cible par secteur pour l’obtention d’un référentiel en vue de rendre plus objective l’application des droits de douane.
Les chantiers prioritaires pour la CGEM
Par ailleurs, le président de la CGEM a fait le point sur ce qui été pris en compte dans les recommandations de la CGEM, comme c'est le cas pour le relèvement de la durée de l’exonération de l’IR pour toute première embauche à 36 mois et l'âge du salarié à 35 ans, ou la réduction du droit d’enregistrement de 1 à 0,5% pour les actes de constitution ou d’augmentation de capital des sociétés, et ce qui reste en suspens.
Il a également fait le point sur les autres mesures, attendues par la CGEM, et qu'il estime importantes pour la relance. "Nous sommes dans l’attente de l’approbation de notre proposition relative à la suppression des droits d’enregistrement sur les opérations de financement des entreprises. Aussi, la trésorerie des entreprises pâtit fortement de la crise. Donc pour nous, il est logique et primordial de recouvrer les créances dues par l’État, avant de s’orienter vers d’autres financements. Pour cela, la réforme de la TVA est un impératif majeur et urgent", déclare Chakib Alj.
Le patronat est conscient que les ressources de l’État vont baisser cette année en raison de la pandémie. "Cela dit, le remboursement des crédits TVA et des excédents d’impôts est un dû de l’Etat aux entreprises. Le renforcement des structures financières de nos entreprises devra être fait dans un premier temps par la récupération de ces créances, y compris celles envers l’État. Ce qui permettra à ces entreprises de résorber le manque de liquidités auquel elles font face depuis des mois et d’honorer leurs engagements vis-à-vis de leurs parties prenantes, à savoir leurs fournisseurs et leurs salariés", détaille Chakib Alj.
Donc pour la CGEM, s'il y a une mesure à déployer en priorité pour l’année 2021, c'est bien l’amorce de la réforme de la TVA. Et cette mesure n’est pas traduite dans le PLF alors qu’il s’agit d’un préalable au développement d’écosystèmes nationaux, regrette le président de la CGEM.
Autre sujet, la cotisation minimale. "Cette loi de finances devait transcrire les orientations des dernières assises de la fiscalité. La crise sanitaire a frappé entre-temps et nous sommes d'avis que la gestion de la situation exceptionnelle prenne le dessus. Cependant, la cotisation minimale a fait l’objet d’un consensus général comme étant un frein à l’investissement lors de ces assises et devait être revue. Les entreprises accusent actuellement de grands déficits et cette taxe ne fera qu’accentuer ce fait. Il nous semble donc important de mettre en œuvre les recommandations des assises le plus rapidement possible en plafonnant la cotisation minimale à un niveau défini", poursuit le président de la CGEM.
"Nous avons beaucoup de sujets à adresser pour opérer une relance effective, durable et inclusive de notre économie et redonner confiance et visibilité aux chefs d’entreprises. Certes, le contexte de crise inédite rend l’élaboration de la loi de finances 2021 difficile. Néanmoins, nous restons convaincus qu’un soutien fort de l’État, ainsi que des actions concrètes, courageuses et concertées restent essentiels pour transformer les difficultés en opportunités et sortir de cette crise avec un tissu économique plus solide et plus résilient", conclut Chakib Alj.
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