Tourisme: la recrudescence de la pandémie en Europe a mis un terme à la reprise
Depuis une quinzaine de jours, l'arrivée de plusieurs groupes de touristes dans les aéroports de Marrakech, d'Agadir et d'Essaouira a laissé croire à un retour des visiteurs étrangers. Selon Lahcen Zelmat, président des hôteliers du Maroc, cette dynamique a été mise à mal par les récentes décisions européennes de reconfiner et restreindre la circulation de la population pour endiguer l’explosion du nombre de cas de Covid.
Après le grand espoir suscité par plusieurs centaines d’arrivées françaises à Marrakech, anglaises à Agadir et belges à Essaouira, retour à la case départ pour les opérateurs touristiques et en particulier pour les hôteliers qui commençaient à enregistrer de nombreuses réservations de clients étrangers. Une bulle qui a malheureusement fini par exploser avec l'aggravation de la situation sanitaire dans les principaux marchés émetteurs européens.
"La balle est désormais dans le camp des autorités européennes"
Si d’ordinaire, l’ensemble des professionnels expliquaient l’atonie des arrivées étrangères par les contraintes sanitaires imposées par les autorités marocaines pour accéder au territoire national, le problème se pose différemment aujourd’hui avec l’aggravation de la situation sanitaire en Europe.
En effet, alors qu’il se voulait encore récemment très optimiste sur une reprise de l’activité hôtelière, Lahcen Zelmat, qui préside la Fédération nationale de l'industrie hôtelière (FNIH) affiliée à la CNT, avance que la balle est désormais dans le camp des autorités européennes qui bloquent les départs de touristes de leurs pays.
"Il y a effectivement eu un vrai début de reprise"
"Les centaines d'arrivées récentes en provenance de nos marchés traditionnels ont failli provoquer une vraie reprise mais les mesures de confinement dans plusieurs pays européens ont mis un terme à toutes velléités de voyage de personnes qui comptaient réserver un séjour touristique au Maroc.
"Sans compter les mesures restrictives de circulation inter-villes, que ce soit au Maroc ou en Europe, qui ont également découragé les éventuels touristes à se déplacer au niveau domestique ou international.
"La demande domestique et internationale existe toujours mais …"
"Après plusieurs mois d’arrêt quasi total des arrivées étrangères, nos hôteliers ont vraiment cru à un début de reprise d’autant plus que beaucoup de clients veulent encore venir chez nous mais l’obligation de demander un laissez-passer pour voyager d’un point à un autre en France les en a dissuadés.
"Tout cela pour dire que la demande nationale ou étrangère existe bien mais que le problème d’accès au Maroc est désormais généralisé aussi bien au niveau de nos frontières que de celles d’Europe.
"Ainsi, du côté étranger, nos partenaires habituels (T.O …) sont prêts à nous envoyer de nombreux clients de toute l’Europe mais la difficulté actuelle réside dans la manière de les acheminer jusqu’à nos hôtels.
"Aujourd’hui, le circuit est grippé, aussi bien au départ qu’à l’arrivée"
"En effet, les mesures sanitaires contraignantes et l’interdiction de se déplacer d’un point à un autre pour rejoindre un aéroport d’une autre ville sans autorisation, nous posent de nouveaux problèmes insolubles tant qu'il n'y aura pas d'assouplissement dans les pays émetteurs.
"Pour résumer, l’aggravation de la situation sanitaire à l’étranger qui a restreint la circulation des populations bloque désormais le circuit des départs alors qu’auparavant les conditions draconiennes d’accès au Maroc (test PCR, certificat de déplacement …) n’encourageaient pas les arrivées.
"Idem pour le tourisme domestique en provenance, en grande majorité, de la capitale économique qui a du mal à rejoindre des destinations touristiques comme Marrakech … sans autorisation des autorités locales.
"Au final, le volume du tourisme local et international a été rattrapé par les nouvelles mesures restrictives de déplacement mises en œuvre par les pays émetteurs et récepteurs de touristes.
Risque croissant de faillites avec un taux d’occupation hôtelier de 1%
"Face à ce circuit qui est désormais bloqué, il risque d’y avoir beaucoup de casse dans les établissements hôteliers désespérément vides, avec plusieurs faillites qui se profilent à l’horizon.
"Le risque est d’autant plus grand que le taux actuel de remplissage des hôtels marocains ne doit pas dépasser les 1% contre 14% de janvier à fin octobre.
"Pour être honnête, nous attendons un miracle pour qu’un vaccin efficace soit enfin découvert pour mettre fin à ces difficultés de déplacement qui ne nous permettront pas de tenir très longtemps", conclut le président qui reste cependant optimiste dans l’espoir d’une vraie reprise générale en juin 2021.
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