Après une période estivale de creux pour les crédits bancaires, leur reprise s’est amorcée selon les dernières statistiques de Bank Al Maghrib à fin septembre 2020. L’encours des crédits bancaires est de 945,25 milliards de dirhams, en hausse de 9,2 milliards par rapport au mois d’août. Depuis le début de l’année, le crédit bancaire a cru de 28 milliards de dirhams soit une hausse de 3,1%.
Avec des crédits immobiliers atones, en quasi-stagnation à +0,9% depuis le début de l’année, la hausse des crédits bancaires est tirée par les crédits aux entreprises. Les comptes débiteurs et crédits de trésorerie atteignent 206 milliards de dirhams à fin septembre, en hausse de 8,6% depuis le début de l’année. Un accélération principalement engendrée par les solutions de crédits Damane Relance et Damane Oxygène distribués par les banques pour aider les entreprises à faire face à la crise.
Mais Bank Al Maghrib met également en évidence une forte hausse des créances en souffrance. La tendance qui était déjà lancée depuis le début de la crise se renforce de plus belle. A fin septembre, elles atteignent 79 milliards de dirhams, en hausse de 1,66 milliard par rapport à fin août. Depuis le début de l’année, elles sont en hausse de 14% ou 9 milliards de dirhams en valeur.
Sur ces créances en souffrances, la part qui s’accroit le plus rapidement est bien celle des ménages. Les impayés bancaires des ménages, représentant 42% des créances en souffrance se sont aggravés à fin septembre. Ces impayés s’élèvent à 33,33 milliards de dirhams, soit une hausse de 14,3% depuis le début de l’année ou 4,17 milliards de dirhams en valeur.
Concernant les sociétés non financières privées, leurs impayés ont augmenté de 12,2% depuis le début de l’année et culminent à près de 45 milliards de dirhams. Cette hausse s’accélère quand on sait qu’à fin août, les impayés des sociétés non financières privées était en augmentation de 9% depuis le début de l’année. Que cela concerne les entreprises ou les ménages, les impayés sont en hausse et continueront probablement de l’être avec l’arrivée potentielle de plans de licenciements massifs.