Attentats du 16 mai 2003 : Itinéraire et épilogue judiciaire d’un idéologue terroriste
17 ans après les sanglants attentats terroristes qui ont endeuillé Casablanca, le dernier organisateur en fuite a été condamné à mort, lundi 19 octobre, par le tribunal antiterroriste de Salé. Après un procès initié pour tentative d’assassinat et destruction de biens publics à l’aide d’explosifs. Qualifié par la presse marocaine de cerveau des attaques du 16 mai 2003, Said Mansour qui avait écopé de plusieurs peines de prison au Danemark, ne serait en réalité qu’un maillon logistique et propagandiste du plus meurtrier attentat marocain.
Sous le coup d’un mandat d’arrêt international délivré par le Maroc après les attentats kamikazes qui ont frappé la ville de Casablanca le 16 mai 2003 au soir, Said Mansour a été condamné lundi 19 octobre à la peine capitale par la chambre criminelle près de la cour d’appel de Rabat.
Une cavale qui aura duré 17 années
Sollicitées par Medias24, plusieurs sources sécuritaires nous ont déclaré, que faute d’accord d’extradition entre le Maroc et le Danemark, dont ce Marocain d’origine était également citoyen avant d’être déchu de sa nationalité, il aura fallu 17 ans avant de le rapatrier devant la justice de son pays natal pour répondre des actes dont il était soupçonné.
« Sachant qu’à l’époque, c’était la BNPJ (Brigade nationale de la police judiciaire) qui s’occupait des affaires de terrorisme, le nom de Mansour était déjà connu de ses services en 2001, c'est-à-dire avant que les attentats de Casablanca n’aient été commis.
Un Marocain déjà surveillé pour ses liens avec les plus grands terroristes de la planète
« En effet, les surveillances du service de renseignements danois (PET), lancées après les attentats du 11 septembre 2001 avaient clairement montré que cet extrémiste marocain était en contact direct avec les plus célèbres terroristes de la mouvance Al Qaïda.
"Ainsi, Mansour communiquait directement avec le Jordanien Abou Qatada, dirigeant d’Al Qaïda en Europe, l’Egyptien Omar Abdel Rahmane, commanditaire du premier attentat visant le World Trade Center en février 1993 et avec son compatriote Ayman Al Zawhari, bras droit de Oussama Ben Laden, fondateur de la nébuleuse Al Qaïda.
« Emigré au Danemark depuis 1984, cet idéologue aujourd'hui âgé de 59 ans qui possédait la maison d’édition Al Nur Islamic Information spécialisée en propagande islamiste, a été fiché au Maroc à son premier séjour carcéral au Danemark pour ses liens avec Al Qaïda.
Un habitué des prisons danoises
« Marié à une danoise convertie et père de 5 enfants, il a en effet attiré l'attention des services marocains après avoir été le 1er Danois à être condamné en 2007 à trois ans et demi de prison, pour distribution de matériel de propagande pour Al Qaïda, incitant ses sympathisants à commettre des actes terroristes.
« Il faut croire que ce premier séjour dans une prison n’a pas suffi à calmer ses ardeurs, sachant qu'il a encore eu affaire à la justice danoise en 2014 qui l'a condamné à 4 ans de prison pour une nouvelle affaire de terrorisme.
"En 2015, il est de nouveau condamné à 4 ans d'emprisonnement pour avoir diffusé des contenus de propagande terroriste à travers des CD, des DVD et des messages en ligne qui donnaient des instructions détaillées sur la fabrication de bombes et glorifiaient des attaques terroristes contre des cibles occidentales.
Déchu de sa nationalité après 22 années au Danemark
« Son parcours judiciaire sans rédemption lui a valu d'être le premier naturalisé de ce pays à être déchu en 2016 de sa nationalité par la Cour suprême danoise, après sa dernière condamnation pénale de 2015, pour son rôle actif de propagandiste danois du réseau terroriste Al Qaïda.
« En l’absence d’accord bilatéral entre les deux pays, il a fallu attendre 3 ans avant que Mansour ne soit enfin extradé au Maroc le 4 janvier 2019.
"Auditionné par le juge chargé d’instruire le dossier terroriste toujours ouvert, il a ensuite comparu pour répondre des accusations de sa participation aux attaques kamikazes qui ont fait 45 morts dans un hôtel-restaurant, un centre social hébraïque, le cimetière juif, et le consulat de Belgique.
L’appel ou la cassation ne serviront à rien contre les preuves en béton
« Au tribunal, il a été confronté aux preuves de son soutien logistique aux kamikazes issus du bidonville de Sidi Moumen, avant d’être condamné à la peine capitale par la chambre criminelle », conclut notre interlocuteur qui précise, sans donner plus de détails, que la nature des preuves accumulées contre le condamné ne lui permettra pas d’être libéré de son vivant, même en cas de recours à une procédure d’appel ou de cassation …
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