Covid-19 : Plus de 1.100 foyers de contamination actifs au Maroc
Il s’agit de foyers professionnels, familiaux ou mixtes, disséminés sur l’ensemble du territoire et ayant justifié les mesures de restriction prises par les autorités, dans certains quartiers et villes, a expliqué Khalid Aït Taleb au Parlement.
Le ministre de la Santé publique a été reçu jeudi 17 septembre par les députés de la Commission des secteurs sociaux de la Chambre des représentants. Le principal sujet de discussion a été l’évolution de la situation épidémiologique et sa gestion par les autorités. Le débat était houleux entre les parlementaires, dont la majorité s’est montrée très critique, et le ministre qui a pu malgré tout tirer son épingle du jeu.
Dans son exposé devant les membres de la Commission, Aït Taleb a présenté l’évolution des foyers de contamination et de la situation épidémiologique de manière générale, qu’il qualifie d’inquiétante.
Selon lui, le nombre de foyers de contamination actifs s’élève à 1.121 au 16 septembre, disséminés sur l’ensemble du territoire. La région de Casablanca-Settat en compte le plus grand nombre avec 361 clusters, dont 288 sont mixtes (professionnels et familiaux). Elle est suivie de Rabat-Salé-Kénitra avec 199 foyers dont les trois quarts sont familiaux.
La vitesse de circulation du virus et le nombre de nouveaux cas demeurent élevés dans plusieurs régions et provinces.
Le Rt est supérieur à 1 dans trois régions : Casablanca-Settat (1,5), Rabat-Salé-Kénitra (1,2) et Drâa-Tafilalet (1,1). Et il est égal ou proche de 1 dans 4 régions : Marrakech-Safi, Souss-Massa, l’Oriental et Tanger-Tétouan-Al Hoceima.
L’indice des nouveaux cas de contamination est, quant à lui, supérieur à la limite dans plusieurs préfectures et provinces : Casablanca et les villes limitrophes, Marrakech, Kénitra et Errachidia.
Selon le ministre, c’est cette situation qui s’est considérablement dégradée au cours des dernières semaines, après l’entrée dans la troisième phase du déconfinement, qui a justifié les dernières décisions de restrictions prises dans plusieurs villes et quartiers.
« Lever le confinement dans ce contexte de reprise des activités économiques peut conduire à une propagation encore plus forte du virus, compte tenu du non respect des mesures de distanciation et de port du masque », met en garde Khalid Aït Taleb.
Il explique que la multiplication des clusters impose la fermeture et un contrôle sécuritaire strict dans les quartiers, rues et unités industrielles concernés. Et l’aggravation de la situation épidémiologique générale justifie la fermeture des grandes villes et les mesures restrictives à l’intérieur de ces villes.
Pour leur part, les autorités sanitaires ont pris plusieurs décisions pour gérer la situation sur le plan sanitaire, assure le ministre : révision du protocole de prise en charge, mise en place de cellules de suivi, constructions d’hôpitaux de campagne, mise à niveau de laboratoires de tests, renforcement des effectifs médicaux dans les zones sinistrées, dépistage dans les unités industrielles, identification des cas contacts…
Le ministre a conclu ce volet en rappelant que l’assouplissement des mesures de restriction est tributaire de l’évolution de la situation sanitaire dans les zones déclarées foyers épidémiques, du recul du nombre de cas et de la réalisation de résultats probants en termes de confinement. Ce dernier point dépend du degré de respect par les populations des mesures de prévention nécessaires.
>>Lire aussi : Khalid Ait Taleb présente les comptes de la lutte contre le coronavirus
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