Covid-19: Le test salivaire plus efficace que le prélèvement nasal ?
Plusieurs études sont actuellement en cours pour prouver la validité des tests salivaires dans la détection du covid-19. Cette technique pourrait être utilisée comme alternative au prélèvement nasal, actuellement pratiqué partout dans le monde, notamment au Maroc.
Les tests de diagnostic du Sras-CoV-2 sont essentiels pour contrôler la pandémie Covid-19, qui a touché plus de 13 millions de personnes, dont plus de 580.000 morts dans le monde.
Actuellement, la technique la plus utilisée pour le diagnostic est la détection RT-PCR, à partir d’écouvillons nasopharyngés, qui implique le recours à un long coton-tige frotté à l’arrière du nez et de la gorge du patient suspect.
La faible sensibilité du prélèvement nasal, les risques d’exposition pour les professionnels de la santé et les pénuries mondiales d’écouvillons et d’équipements de protection individuelle, nécessitent la validation de nouvelles approches de diagnostique, avec moins de ressources. La méthode idéale serait celle qui permettrait un auto-prélèvement à domicile.
Dans une étude réalisée par un groupe de chercheurs étrangers de l’Université de Yale en avril, il a été démontré que les tests sur la salive ont une meilleure sensibilité et pourraient représenter une alternative à la technique actuelle.
Les auteurs de cette étude justifient ce constat, d'une part, par le fait que "les tests salivaires sont peu invasifs et peuvent être auto-administrés", c’est-à-dire réalisés par les patients à domicile. D’une autre part, "la salive a montré une sensibilité comparable aux écouvillons nasopharyngés dans la détection d’autres pathogènes respiratoires, y compris des coronavirus épidémiques dans des études antérieures", indiquent-ils.
Pour mener cette étude, les chercheurs ont comparé deux tests (salivaire et prélèvement nasal), sur 44 patients atteints de Covid-19, dont 43% nécessitant des soins intensifs, ainsi que 98 professionnels de la santé asymptomatiques (sans fièvre, ni symptômes respiratoires), exposés aux patients confirmés.
Les échantillons ont été prélevés tous les trois jours, durant deux semaines. Pour les patients, les prélèvements nasaux ont été effectués par des infirmières. Les échantillons de salive ont été auto-collectés par le patient, qui a été invité à cracher à plusieurs reprises dans un tube, à jeun. Les échantillons ont été transportés au laboratoire de recherche de la Yale School of Public Health (Ecole de santé publique de Yale) dans les 5 heures qui suivent les prélèvements.
Pour ce qui est des professionnels de la santé, les deux tests ont été auto-administrés.
Plus de sensibilité
Les résultats de l'étude ont montré que la salive a une sensibilité et une cohérence plus élevée tout au long de l’infection, et permet de dépister les infections asymptomatiques et présymptomatiques au Sras-CoV-2. En revanche, les écouvillons nasopharyngés montrent une sensibilité relativement faible pour la détection du virus en début d'infection.
De plus, les prélèvements nasaux entrainent une sensation d'inconfort chez les patients en raison du caractère invasif de la procédure, qui peut inciter les patients à éternuer ou à tousser, expulsant les particules virales, ce qui présente un risque considérable pour les professionnels de la santé.
Les résultats montrent donc que la salive est une alternative viable et plus sensible aux écouvillons nasopharyngés et pourrait permettre le prélèvement d’échantillons auto-administrés à domicile pour des tests précis à grande échelle du Sras-CoV-2. "Les échantillons auto-administrés de salive ont une sensibilité de détection comparable aux écouvillons nasopharyngés recueillis par les professionnels de la santé", indiquent les chercheurs.
En effet, le prélèvement nasal n'est pas propice aux tests à grande échelle, d'un côté, de part sa procédure, qui rend difficile l'auto-administration, et d'un autre, vu la pénurie généralisée d'écouvillons et d'équipements de protection individuelle pour le personnel de la santé.
La détection du virus est plus élevée par la salive
Les résultats de l'étude ont également montré que le Sras-CoV-2 a été détecté dans la salive, mais pas dans les écouvillons nasopharyngés, dans 8 échantillons, et l'inverse pour 3 échantillons.
Le virus a aussi été détecté dans la salive de deux professionnels de la santé asymptomatiques, alors que leurs prélèvements nasaux étaient négatifs.
"Dans l’ensemble, la détection par la salive était plus élevée que celle par les prélèvements nasaux", soulignent les auteurs, ajoutant que "ces résultats montrent que la salive peut être une alternative au test actuel et permettrait d'identifier les infections bénignes ou subcliniques".
"Avec une validation supplémentaire, la généralisation des tests salivaires pourrait être bénéfique pour la santé publique: l'auto-collecte de la salive réduira l'interaction directe entre le personnel soignant et le patient, et allègera l'approvisionnement en écouvillons et en équipements de protection individuelle".
Le test salivaire autorisé aux Etats-Unis
La Food and Drug Administration des Etats-Unis (Administration américaine des denrées alimentaires et des médicaments), a autorisé en mai le premier test de diagnostic à travers des échantillons de salive, collectés à domicile, pour diagnostiquer le Covid-19. Ce test a été développé par l’Université Rutgers au New Jersey.
Le procédé est simple. Le patient reçoit un tube en plastique dans lequel il crache plusieurs fois. Les échantillons de salive peuvent être transportés et stockés à température ambiante, et analysés dans les 48 heures suivant le prélèvement.
Les prélèvements sont envoyés au Rutgers Clinical Genomics Laboratory, qui réalise l’analyse par RT-PCR pour la détection du virus.
Dans le dossier envoyé à la FDA, ce laboratoire a prouvé une corrélation totale entre les essais sur salive et les prélèvements nasopharyngés.
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