Qui est Sarah Mezouar, cette jeune qui intègre le monde du conseil en influence?
Cette trentenaire a fondé son agence Euros/Agency Africa et a récemment lancé, avec son père, ancien président de la CGEM, un indice pour prendre le pouls du climat des affaires au Maroc. Portrait.
Il nous a fallu insister poliment avant qu’elle accepte de nous parler d’elle. Car Sarah Mezouar, 32 ans, n’est pas de celles qui se confient spontanément, jugeant plus intéressant de s’attarder longuement sur l’agence Euros/Agency Africa, spécialisée dans le conseil en influence et les stratégies de communication, qu’elle a créée en 2019.
Mais voilà, nous, ce qui nous a intéressés, c’est avant tout le parcours de cette jeune femme, fille de Salaheddine Mezouar, ancien ministre des Affaires étrangères et président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), entre autres fonctions d’influence. Et son parcours est, il faut le dire, assez classique pour une ''fille-de'' l’élite marocaine : études supérieures en France, à l’Emlyon business school, l’une des principales écoles de commerce de l’Hexagone, dont elle sort diplômée en 2012.
Les stages qu’elle effectue sont à l’image de son cursus universitaire. Elle passe d’abord par le réputé cabinet de conseil en stratégie Roland Berger, puis décroche un stage en relations publiques à New York, chez Richard Attias & Associates, aux côtés de cette figure incontournable du milieu de l’événementiel, à l’origine de plusieurs conférences ''de haut niveau".
Un début de carrière dans les grandes structures
A ses côtés, Sarah Mezouar travaille ''à l’organisation de la première édition du New York Forum Africa'', qui s’est tenue du 8 au 10 juin 2012 à Libreville, au Gabon. Cette expérience qui lui sera particulièrement utile dans la création de sa propre agence de conseil en influence.
Ses débuts sur le marché du travail s’inscrivent dans la même lignée : à sa sortie de l’Emlyon, elle met le cap sur Paris et rejoint McKinsey & Company où elle reste jusqu’en 2016. ''J’y ai été consultante en stratégie'', nous dit-elle, visiblement sans grande envie de s’épancher sur la teneur de cette fonction, difficilement saisissable pour le commun des mortels.
A son retour au Maroc en 2016, Sarah Mezouar continue d'évoluer dans les grandes structures, notamment au sein du groupe OCP. Puis en 2019, elle décide de lancer à Casablanca sa propre société, une ''coentreprise associant Ktrium Invest & Advisory, société africaine d’investissement et de conseil aux gouvernements, dirigeants et décideurs publics et privés, fondée et dirigée par Salaheddine Mezouar, et Euros/Agency Group'', indique-t-on dans un communiqué relatif au tout récent lancement d’un ''indice trimestriel du climat des affaires au Maroc'', abondamment relayé dans la presse marocaine.
Une aventure familiale ?
Et c’est là que Sarah Mezouar, somme toute sympathique et avenante, se montre plus bavarde et nous déroule un discours qu’on croirait tout droit sorti d’un entretien d’embauche (ou d’une lettre de motivation, au choix) : ''J’ai décidé de me lancer dans ce projet qui me tenait à cœur depuis longtemps. J’ai toujours été passionnée par les sujets d’image et d’influence des entreprises. Mes différentes expériences m’ont permis de me rendre compte de l’importance de ces thématiques, notamment dans un environnement plus complexe, avec une grille de lecture qui n’est pas linéaire. Pour moi, l’objectif est d’accompagner les décideurs et les dirigeants ; de les aider à naviguer dans leur univers. J’ai eu la chance de tomber sur Mathieu Collet et Martin Wittenberg (patrons de Euros/Agency Group, ndlr). J’ai été séduite par leur dynamisme et leur sens de l’innovation.''
Dans le sillage des ambitions panafricaines du Maroc, Sarah Mezouar revendique ''une portée africaine très forte''. ''Nous pensons que nous sommes résolument africains ; les enjeux africains sont les nôtres'', dit-elle en parlant de son agence.
Lorsqu’on tente de savoir s’il s’agit d’une aventure familiale sur laquelle miserait Salaheddine Mezouar, démissionnaire de la CGEM en 2019, afin de revenir sur la scène économique, Sarah Mezouar botte en touche. Elle manie l’art si précieux (et ô combien utile) d’esquiver les questions embarrassantes : ''J’ai la chance de pouvoir compter sur l’expertise et l’expérience de Monsieur Mezouar. C’est d’abord un travail professionnel d’accompagnement sur des thématiques d’influence, d’affaires publiques et de communication stratégique, naturellement avec l’expérience et l’expertise sur laquelle on peut compter.'' Et de conclure, laconique : ''De toute façon, là n’est pas la question.''
Bon courage et bon vent! Jugeons-là sur le travail de son agence et sa capacité à se faire un prénom.
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