Les élèves des écoles françaises non homologuées dénoncent une ''injustice''
Les élèves scolarisés dans ces établissements devront passer le bac au mois de septembre, quand les autres ne passeront aucune épreuve et auront les résultats du contrôle continu en juillet. Leurs parents s’insurgent contre une ''discrimination''.
Les parents d’élèves marocains scolarisés dans les établissements français hors contrat (non homologuées par l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger ou l'Office Scolaire et Universitaire International) montent au créneau. Dans un communiqué, ils dénoncent ''une injustice et une discrimination auxquelles font face une centaine de futurs bacheliers marocains dans les établissements hors contrat au Maroc''.
''Au début du mois d’avril, et en raison de la crise sanitaire liée au Covid-19, le ministre de l’Éducation nationale française, M. Jean-Michel Blanquer, a annoncé comme critère d’obtention du baccalauréat 2020, les notes du contrôle continu. Dans son discours, il n’a pas inclus les établissements hors contrat. Il a fallu que certaines personnalités en France s’insurgent pour que le soir même, il rattrape son omission'', rappellent ces parents d’élèves. Et d’ajouter : ''Nous, étudiants marocains dans un établissement français hors contrat, étions satisfaits de cette décision, jusqu’au 28 mai où un décret ministériel est sorti, excluant les établissements hors contrat à l’étranger.''
Conformément à un décret ministériel en date du mercredi 27 mai, ces lycéens marocains devront en effet passer le baccalauréat au mois de septembre 2020. Ce décret, relatif aux modalités de délivrance du baccalauréat général et technologique pour la session 2020, n’inclut que les candidats d’enseignement public et d’enseignement privé, ainsi que ''les candidats inscrits dans un établissement français à l’étranger (…) homologué'', excluant de ce fait les établissements français hors contrat à l’étranger.
Des projets post-bac menacés
Une décision que ces parents d’élèves jugent discriminatoire, puisque les élèves des établissements français hors contrat ne pourront passer le baccalauréat qu’en septembre, alors que ceux des autres établissements auront les résultats du contrôle continu mardi 7 juillet. Pour rappel, l’obtention du baccalauréat 2020 est conditionnée au contrôle continu, c’est-à-dire en prenant en compte les notes des trois trimestres, "à l’exception des notes obtenues lors de la période de confinement", avait précisé, début avril, le ministre français de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer.
"Nous sommes contraints de passer un baccalauréat au mois de septembre, remettant ainsi en question nos projets post-bac, notamment la confirmation des inscriptions dans les universités, l’installation des étudiants dans une autre ville ou un autre pays, la participation aux concours marocains aux facultés de médecine", déplorent les élèves.
"Les concours marocains aux facultés de médecine se tiennent en août. Cela signifie que nos enfants, sans le baccalauréat, ne pourront pas les passer. Sans compter les visas étudiants à préparer, les déménagements à faire… Il y a toute une logistique à gérer derrière. Nous avons l’impression que ces élèves sont des laissés-pour-compte, victimes de cette crise sanitaire, alors qu’ils sont impliqués depuis le début de l’année", fustige Rime Haroun Bendchiche, parent d’élève, auprès de Médias24.
"Depuis le mois de septembre 2019, ces élèves qui ont choisi l’enseignement français, travaillent régulièrement suivant le programme établi par le ministère de l’Éducation, ils passent des contrôles continus et des épreuves de bac blanc tout au long de l’année, comme leurs camarades dans les lycées homologués. Ils ont des livrets de notes et des bulletins qui attestent de cela et qui sont envoyés régulièrement au centre d’examen à l’ambassade de France. Il n’y a aucune raison qu’on ne leur octroie pas le même traitement que les autres étudiants", lit-on aussi dans le communiqué.
"Qui nous dit qu’il n’y aura pas non plus un nouveau confinement en septembre ?", s’interroge également Rime Haroun Bendchiche qui, comme les autres parents d’élèves et les élèves eux-mêmes, reste pour l’heure dans l’incertitude.
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