Immobilier : Les propositions de professionnels pour relancer le secteur
Affaibli par la pandémie, le secteur de l'immobilier est confronté à plusieurs défis sur le court, moyen et long terme. Voici les propositions de relance de professionnels et experts du secteur.
Le secteur de l’immobilier est à l’arrêt depuis deux mois à cause de la pandémie du Covid-19 et des mesures de l'état d'urgence sanitaire : chute des transactions, baisse des prix, suspension des chantiers. Et les perspectives s'annoncent peu prometteuses.
Quels sont les défis à relever ? Comment redémarrer le secteur ? Ce sont les principales interrogations auxquelles a répondu un panel d’intervenants, lors d’un webinaire organisé ce mercredi 20 mai par « Injaz Solutions ».
Avec la participation de promoteurs immobiliers, banquiers et notaires, il était question de faire le bilan de la situation et de formuler des propositions de relance.
Chute de 91% du volume des transactions
Pour constater l’effet de la pandémie sur le secteur immobilier, il suffit de se pencher sur les chiffres des transactions de ces deux derniers mois.
"Le volume des contrats traités n’a pas dépassé 7.000 actes depuis le confinement, soit 3.500 actes par mois au lieu de 40.000 qui est la moyenne mensuelle des actes reçus par les notaires en 2019. Ceci représente une régression de 91%, sachant que la majorité des contrats concernaient des transactions latentes entamées bien avant la période du confinement", précise maître Adil El Bitar, notaire à Casablanca.
Les défis à relever
Après la fin de l'état d'urgence sanitaire, qui a été prolongé jusqu'au 10 juin, les promoteurs immobiliers devront relever plusieurs défis.
Il s’agit notamment de reprendre l’activité sur les chantiers, en assurant la sécurité sanitaire des ouvriers, ou du moins, ce qui reste des effectifs. Depuis le début de l’état d’urgence sanitaire, les ouvriers ont massivement déserté les chantiers.
Il s’agit également de respecter les engagements à l’égard des clients, des partenaires bancaires et de l’Etat. Mais aussi, de reprendre l'activité commerciale qui, jusqu’à présent, est impossible à assurer en raison des mesures d'urgence sanitaire et de l'absence de demande.
"Il faut comprendre qu’à partir du 16 mars, il y a eu un arrêt total de la commercialisation, de la concrétisation des transactions et du recouvrement. Nous n’avons plus de chiffres d’affaires, surtout que les notaires ont fermé leurs études. En parallèle, nous avons des engagements bancaires, des chantiers à achever, des salaires à payer, etc.", explique Hassan Kettani, président de "Kettani Immobilier".
Vers quelle stratégie de relance ?
Pour relancer le secteur, dont la situation déjà difficile a été aggravée par la pandémie, il est nécessaire de mettre en place plusieurs mesures. Les intervenants du webinaire ont partagé quelques propositions.
Selon Leila Berrada, DG chez Omnidior, certaines de ces suggestions font déjà l’objet de discussions entre la FNPI et le gouvernement.
En fait, la relance du secteur est tributaire de la reprise de la demande. Mais pour cela, il faut principalement que les prix baissent. Ces derniers sont jugés trop élevés par les acheteurs.
Une baisse des prix nécessite un changement en profondeur au niveau des règles de l’urbanisme et des procédures administratives, lentes et handicapantes.
"Pour autoriser un dossier, un promoteur a besoin de 128 signatures et 6 mois de procédures. Entre l'autorisation et la réception de dossier, le promoteur perd, en général, entre 9 mois et une année", déclare Hassan Kettani.
Autant dire qu'il s'agit de chantiers à moyen terme, voire à long terme. En attendant, et vu l’urgence de la situation, il est possible dès à présent de stimuler le pouvoir d’achat à travers la mise en place de certaines mesures. Il s’agit notamment de :
"- réduire les droits d’enregistrement, les frais relatifs à la conservation foncière pour l’acquéreur ;
- considérer une baisse de la TVA ;
- revoir le référentiel des prix de l’immobilier, qui est en totale inadéquation avec la situation post-covid ;
- réduire les taux d'intérêts des crédits bancaires pour l’acquéreur et lui faciliter l’accès au financement ;
- répondre à la demande de la classe moyenne, un défi que les promoteurs essayent de relever depuis plusieurs années".
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