L’économie devrait perdre 11 milliards de DH au 2e trimestre (HCP)
Le HCP parle d’un ralentissement de la croissance à 1,1% au premier trimestre et s’attend à une récession de 1,8% au deuxième trimestre, sous l’effet de la crise sanitaire Covid-19.
Le Haut-commissariat au plan publie sa première note de conjoncture avec prise en compte des effets de la crise du Coronavirus.
Même sans cette crise, l’économie nationale aurait enregistré un ralentissement au 1er trimestre 2020 (+1,9% contre 2,1% en 2019) qui devait se poursuivre au 2ème trimestre (+2,1%). Ceci, en raison de la campagne agricole défavorable et du tassement des activités hors agriculture.
Mais avec la crise, le HCP parle d’un ralentissement plus prononcé au 1er trimestre (+1,1%) et d’une récession attendue au 2ème trimestre (-1,8%).
"Les effets du confinement au cours du mois d’avril 2020 devrait amputer la croissance du PIB de 3,8 points au 2ème trimestre 2020 par rapport au premier scénario, soit l’équivalent d’une perte d’environ 10,9 milliards de DH, au lieu de 4,1 milliards un trimestre auparavant", prévoit le HCP.
| Branche | Part dans le PIB (en %) | Contribution à la croissance (en points) |
| Agriculture et pêche | 11,7 | -0,067 |
| Industries manufacturières | 15,7 | -0,392 |
| Services marchands | 33,5 | -2,497 |
| Administration et services sociaux | 16,7 | 0,003 |
| Autres | 22,4 | -0,859 |
| Total | 100 | -3,812 |
L’économie devrait faire face à deux chocs :
- un choc externe, avec une baisse attendue de 6% de la demande étrangère adressée au Maroc, en raison de la récession mondiale et de l’accentuation des tensions protectionnistes. La baisse des importations européennes notamment devraient pénaliser les industries orientées vers l’export.
- un choc interne, dû à la baisse de la demande intérieure qui devrait affecter l’activité de la plupart des secteurs productifs.
En comparaison avec le scénario de référence du HCP, la croissance de la valeur ajoutée du secteur tertiaire devrait baisser de moitié, suite à l’arrêt presque total dans les activités de restauration et d’hébergement, à la baisse de 60% de l’activité de transport et de 22% du commerce.
Pour le secteur secondaire, le HCP parle carrément d’une contraction de 0,5% de la valeur ajoutée, les industries manufacturières devant être les plus affectées par le repli de la demande étrangère : automobile, textile et produits électriques. Les activités minières devraient subir le repli de la demande des industries chimiques, avec une forte régression des exportations de l’acide phosphorique.
Et la baisse des activités agricoles devrait se limiter à 2,9%, grâce à l’amélioration des perspectives de croissance des cultures printanières et la stabilisation des prix des aliments de bétail, qui devraient compenser les restrictions de circulation des travailleurs saisonniers, et aux mesures de contrôle imposées par les pays européens sur les fruits et légumes.
>>Lire aussi :
Exclusif. Ahmed Lahlimi : voici quelques leçons à tirer du choc actuel
Coronavirus : La facture économique pourrait dépasser 70 milliards de DH
Au Maroc, l’année 2020 sera très difficile sur le plan économique
À découvrir
à lire aussi
Article : Prévisions météo pour le dimanche 19 juillet 2026
Voici les prévisions météorologiques établies par la Direction générale de la météorologie pour le dimanche 19 juillet 2026.
Article : Croisières : le terminal de Casablanca s’attend à un été calme
Avec seulement quelques rares escales prévues en juillet et en août, le port de Casablanca connaîtra une saison estivale particulièrement calme malgré la mise en service de sa nouvelle infrastructure. Une situation jugée prévisible, les compagnies repositionnant leurs navires vers la Méditerranée orientale en été et planifiant leurs itinéraires jusqu’à deux ans à l’avance. Un opérateur et une source de l'ONMT nous expliquent qu'il faudra deux à trois ans pour bâtir un véritable écosystème, encore freiné par le manque de guides, d’autocars et de services adaptés.
Article : Escroqueries financières et phishing : vers un renforcement de la coordination nationale
Les escroqueries financières gagnent du terrain au Maroc comme ailleurs. Réunis à Rabat à l’initiative de Bank Al-Maghrib et de l’ANRF, régulateurs, banques et institutions concernées ont alerté sur l’ampleur du phénomène et appelé à renforcer la vigilance, la coordination et les outils de prévention pour protéger les usagers.
Article : Vague de chaleur : 12 villes ont dépassé les 40°C vendredi 17 juillet
Plusieurs villes marocaines ont enregistré, vendredi 17 juillet, des températures élevées. Elles étaient 34 à dépasser les 30°C. Et 12 villes ont vu le thermomètre grimper au-delà de 40°C.
Article : Mohammed Réda Lahmini élu président de la Commission des affaires économiques, sociales et environnementales de l'APF
Mohammed Réda Lahmini, membre du bureau de la Chambre des conseillers et du groupe de la Confédération générale des entreprises du Maroc, a été élu président de la commission des affaires économiques, sociales et environnementales relevant de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF).
Article : Territoires : pourquoi la richesse reste concentrée dans quelques pôles
ENTRETIEN. Entre 2014 et 2024, les disparités entre les régions se sont accentuées : Casablanca-Settat, Rabat-Salé-Kénitra et Tanger-Tétouan-Al Hoceïma concentrent désormais 58,4% du PIB national. Dans cette interview, le géographe David Goeury explique pourquoi les investissements publics ne suffisent pas à combler ces écarts, et ce qui manque aux territoires en retard pour créer durablement des emplois et de la valeur.