Comité de veille: Détails sur le nouveau crédit de trésorerie garanti par l’Etat
Selon une source autorisée, cette ligne de financement supplémentaire dédiée aux entreprises impactées par la crise du Coronavirus est prête au niveau du secteur bancaire. Elle peut couvrir jusqu’à 3 mois de charges fixes courantes.
Le comité de veille économique, mis en place pour prendre des mesures de soutien aux ménages et à l’économie face à la crise de l’épidémie du Coronavirus, a décidé, jeudi 19 mars, l’activation d’une ligne supplémentaire de crédit de fonctionnement octroyée par les banques et garantie par la CCG en faveur des PME, TPME, et professions libérales en difficulté.
Une semaine après, des entreprises à l’arrêt ou dont l’activité a fortement chuté à cause des mesures de précaution prises par les autorités, ont rapporté à Médias24 que leurs demandes de crédits de trésorerie, faites ces derniers jours, sont systématiquement refusées par certaines banques et restent sans réponse chez d’autres.
« On m’a refusé une ligne de financement même si j’ai présenté une caution personnelle. On m’a demandé d’apporter une garantie réelle. Je veux bien mais tout le pays est à l’arrêt, y compris la conservation foncière. Le chiffre d’affaires de ma société a chuté de 70% et j’ai absolument besoin de cette ligne pour verser les salaires en cette fin de mois », rapporte le patron d’une PME opérant dans l’agroalimentaire.
Où est la nouvelle ligne de financement supplémentaire annoncée par le Comité de veille ?
Une source autorisée jointe par Médias24 annonce que les banques ont été saisies par courrier pour la mise en place de cette nouvelle ligne de crédit dont les derniers réglages ont été apportés ce jeudi 26 mars dans l’après-midi. « On peut dire que ce nouveau produit de financement du BFR des entreprises en difficulté est désormais prêt au niveau du secteur bancaire », révèle notre source.
Cela dit, l’annonce officielle et l’octroi effectif des crédits peuvent nécessiter encore quelques jours.
En tous les cas, notre source a bien voulu nous dévoiler les principales caractéristiques de ce nouveau crédit.
La cible : les entreprises réalisant jusqu'à 200 MDH de chiffre d'affaires, avec des exceptions
Ce nouveau prêt sera garanti à hauteur de 95% par l’Etat. Le taux d'intérêt correspond au taux de refinancement auprès de Bank Al-Maghrib, majoré de 200 points de base. La commission de garantie s'élève à 0,3% HT.
La cible principale est constituée des PME, TPME et professions libérales réalisant jusqu’à 200 millions de DH de chiffre d’affaires annuel. « Les entreprises de taille intermédiaire (ETI), réalisant entre 200 et 500 MDH de chiffre d’affaires et faisant face à des difficultés financières, pourront également demander ce prêt », précise notre source.
L’objectif est de permettre à ces entreprises de payer leurs charges fixes courantes : salaires, loyers…
Le montant de ce nouveau prêt pourrait aller jusqu’à 20 MDH pour les entreprises ayant des lignes de financement déjà accordées par les banques (20% du plafond des lignes déjà accordées, plafonnés à 20 MDH), et à 5 MDH pour celles qui ne disposent pas déjà d'une ligne de financement à court terme.
Autrement dit, ce nouveau prêt pourrait financer jusqu'à 3 mois de charges fixes courantes des entreprises. Les tirages pourront être effectués au fur et à mesure jusqu'au 30 juin 2020.
Pour éviter que les entreprises bénéficiaires de ce nouveau prêt procèdent malgré tout au licenciement de salariés ou ne paient pas leurs charges, des justificatifs de paiement leur seront exigés par les banques (bordereau de versement des salaires, quittance de loyer…).
VOICI LE COMMUNIQUE DE LANCEMENT OFFICIEL DE CE NOUVEAU PRODUIT DE FINANCEMENT GARANTI.
Le moratoire sur les crédits bancaires réellement sans surcoût ?
Par ailleurs, en ce qui concerne le moratoire sur les crédits bancaires, autre mesure décidée par le comité de veille économique pour soulager les ménages et les entreprises en difficulté, notre source précise que pour les crédits garantis par l’Etat, la CCG a informé les banques qu’elles ont la possibilité de reporter les échéances jusqu’à fin juin « sans frais ni procédures ».
Cela dit, Médias24 a appris que même si le comité de veille a décidé d’instaurer le moratoire « sans paiement de frais ni de pénalités », les échéances reportées seront soumises par les banques aux intérêts jusqu'à leur paiement.
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