Rapport du FMI sur le Maroc: entre satisfécits et recommandations
Les perspectives à moyen terme du Maroc sont favorables mais des risques endogènes et exogènes persistent et les administrateurs du FMI recommandent une poursuite des réformes pour une croissance plus forte et inclusive. Voici les principaux points.
Ce rapport annuel est publié dans le cadre des consultations au titre de l'article IV.
Pour le board et le staff du FMI, les perspectives à moyen terme du Maroc restent favorables et la croissance devrait atteindre 4,5% d'ici 2024. Toutefois, ces perspectives restent soumises à des risques internes et externes importants, notamment des retards dans la mise en œuvre des réformes, une croissance plus faible dans les principaux pays partenaires (notamment la zone euro), hausse des prix du pétrole, risques géopolitiques et volatilité des conditions financières.
En revanche, et en matière d'opportunités, le FMI cite une éventuelle baisse des prix internationaux du pétrole qui pourrait aider à renforcer la résilience de l’économie et d'autre part, une éventuelle intégration régionale accrue dans la région du Maghreb qui pourrait devenir une source supplémentaire de croissance pour le Maroc à moyen terme.
Les satisfécits:
-les politiques macroéconomiques "saines"
-l'accélération des réformes
qui ont permis d'améliorer la résilience de l'économie marocaine et d'accroître sa diversification.
-La maîtrise en cours des dépenses salariales publiques
-les résultats des Assises nationales de la fiscalité de mai 2019, qui conduiront à une réforme fiscale globale visant à parvenir à plus d'équité et de simplicité dans le système fiscal.
-la politique monétaire accommodante qui reste appropriée dans un contexte d'inflation modérée et de croissance économique et de crédit modérée.
-l'adoption de la loi sur la Banque centrale et le maintien du cadre de surveillance, davantage axé sur les risques et sur l'avenir, contribueront à améliorer encore la solidité du secteur financier.
-l’adoption récente d’une stratégie globale d’inclusion financière, qui permettra de mieux prendre en compte les besoins de financement des groupes mal desservis et des petites et moyennes entreprises.
Les menaces:
-l'impact potentiel de l'incertitude et des risques mondiaux sur l'économie marocaine qui nécessite "la poursuite de l'engagement pour maintenir des politiques saines afin de parvenir à une croissance plus forte et plus inclusive".
Les recommandations:
-poursuivre l'assainissement budgétaire afin de préserver la soutenabilité de la dette tout en préservant les investissements prioritaires et les dépenses sociales à moyen terme.
-le FMI soutient de nouvelles améliorations de l'efficacité et de la gouvernance du secteur public par le biais d'une réforme de la fonction publique, d'une mise en œuvre prudente de la décentralisation budgétaire, d'un renforcement du contrôle exercé sur les entreprises publiques et d'un meilleur ciblage des dépenses sociales.
- la transition vers une plus grande flexibilité des taux de change aidera l'économie à absorber les chocs extérieurs potentiels et à rester compétitive. Le FMI encourage les autorités à utiliser la fenêtre d'opportunité actuelle pour poursuivre cette réforme de manière soigneusement séquencée et bien communiquée.
-le système bancaire est qualifié de sain et résilient, mais il faut rester vigilant compte tenu de sa complexité croissante et de son expansion transfrontalière (allusion à l'Afrique).
-il importe de maintenir le rythme des réformes structurelles afin de passer à un modèle de croissance davantage fondé sur le secteur privé, tout en réduisant les inégalités et en protégeant les plus vulnérables.
-Les administrateurs du FMI ont souligné la nécessité de réorganiser les politiques du marché du travail et de mettre en œuvre des réformes de l'Education afin de créer des emplois, en particulier pour les femmes et les jeunes.
- les administrateurs ont encouragé les efforts soutenus visant à renforcer la gouvernance et à lutter contre la corruption.
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