Tourisme : atonie à Casablanca, la tendance risque de s'aggraver
Durant les trois premiers mois de l’année 2019, les chiffres des arrivées et des nuitées réalisées par Casablanca ont enregistré des baisses respectives de l’ordre de 8% et 6%. Selon un professionnel, cette atonie va s’aggraver pendant le Ramadan et il faudra attendre le début de l’été pour inverser la tendance.
Contrairement à la ville ocre, la plateforme nationale du tourisme d’affaires a plutôt mal géré la basse saison qui s’étend de janvier à début avril. Que ce soit en termes de congrès, de meetings d’entreprises ou d’événements incentive, la capitale économique du Maroc est loin d’avoir fait le plein et les perspectives pour le mois de mai ne sont pas fameuses.
Casablanca, seule destination du Maroc en baisse
Alors que partout ailleurs, les destinations touristiques du Maroc ont enregistré des chiffres en hausse, Casablanca a réalisé, durant le premier trimestre, un trend baissier de ses arrivées et de ses nuitées.
Tout en refusant de conclure à une désaffection des visiteurs d’affaires, un grand opérateur de la ville nous déclare que la baisse de fréquentation qui se serait poursuivie en avril va certainement s’aggraver pendant la période du ramadan qui s’étendra du 6 ou 7 mai au 6 juin prochain.
"Si notre ville a toujours eu un positionnement spécialisé en tourisme d’affaires, Marrakech est en train de s’approprier totalement ce créneau en vampirisant nos contrats avec les grandes entreprises.
"Le dernier exemple en date est celui de la maison Dior. Elle a en effet organisé son défilé dans la ville ocre plutôt qu’à Casablanca jugée pas assez sexy ou glamour pour accueillir ce type d’événements qui a le mérite de donner une visibilité et in fine de générer de nouveaux contrats grâce au bon vieux bouche-à-oreille.
En quête de positionnement pour séduire de nouveaux clients
"Face à cette concurrence, nous devons absolument trouver un positionnement intermédiaire pour attirer davantage de touristes de séjour (TES) ou de break-city comme le fait la ville de Rabat qui était également traditionnellement spécialisée en accueil de tourisme d’affaires.
"C’est d’autant plus urgent que nous sommes une des seules villes du pays qui a connu un trend baissier depuis le début de l’année 2019 par rapport à la même période de l’année dernière", s’inquiète notre interlocuteur qui ajoute que le premier semestre est d’ores et déjà compromis aussi bien en termes de taux de remplissage que de recettes en devises.
"Dernièrement, le CRI de la région Casablanca-Settat a approuvé un investissement de 1,6 MMDH dont une grande partie sera destinée à la construction de 530 chambres dans quatre nouveaux hôtels.
"C’est une excellente nouvelle pour accroître notre capacité hôtelière mais les autorités et en particulier le ministère du Tourisme doivent mettre davantage de moyens pour donner à la ville à la fois plus de visibilité médiatique mais aussi et surtout un positionnement particulier.
"De nombreux touristes qui arrivent au Maroc ne font que transiter par l’aéroport Mohammed V car l’image de Casablanca est encore trop floue et ils préfèrent aller dans d’autres villes plus brandées au lieu d’y rester.
Pas de redémarrage de l’activité avant la fin du Ramadan
"Sachant que le Ramadan n’est pas propice au tourisme étranger de séjour (TES) et encore moins au tourisme d’affaires, il ne faut pas se mentir, le mois de mai sera certainement catastrophique au niveau de la fréquentation.
"Si les hôteliers ont fait des efforts indéniables pour se reconvertir temporairement, ce ne sont pas les offres de ftours et de buffets avec des spectacles qui vont améliorer le taux d’occupation de leurs chambres et encore moins leur taux de chômage technique", conclut notre source qui espère un redémarrage de l’activité à la mi-juin grâce notamment aux arrivées de MRE.
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