Al Mowafaqa, école chrétienne à Rabat qui forme au dialogue interreligieux
En attendant la visite du Pape François au Maroc, focus sur Al Mowafaqa, cet institut qui enseigne le dialogue entre les religions. A l’institut œcuménique de théologie Al Mowafaqa, on s’attelle aux préparatifs de l’arrivée du Pape François, attendu au Maroc pour le 30 et 31 mars 2019. Les étudiants de cet établissement seront présents lors de la visite papale à l’Institut Mohammed VI pour la formation des imams Mourchidines et Mourchidates. Né en 2012 à l’initiative des Églises catholique et protestante au Maroc, l’institut est venu essentiellement répondre aux « besoins de formation » exprimés au sein de ces entités. S’il a accueilli ses premiers étudiants en 2013, Al Mowafaqa n’a été officiellement inauguré que l’année suivante. Proposée par Ahmed Taoufik, ministre des Habous et Affaires islamiques, la dénomination « Al Mowafaqa » renvoie à « l’harmonie ou la concordance » interconfessionnelle qui se veut l’objet des formations dispensées dans cet établissement d’un genre unique au Maroc. Pour l'anecdote, le nom avait été trouvé au cours d'une discussion au domicile du ministre. A la cérémonie d'inauguration en 2014, M. Taoufik avait fait un petit développement sur le choix du terme: "J’aime ce mot mystique, al-Mowafaqa, un mot qui peut traduire l’harmonie ou la concordance qui existait au commencement, entre le tracé de Dieu et l’action de Ses créatures avant l’Histoire. Dieu était tout connaissant de l’usage qu’on allait faire de la liberté dont Il a gratifié l’homme. «Le Seigneur dit aux anges: «je vais installer un lieutenant sur la terre» et les anges de repartir : «Vas-tu en désigner un qui y mettra le désordre et y répandra le sang?» le Seigneur leur répondit: «en vérité, je sais ce que ne savez pas». Messieurs, Mesdames des «mowafaqa»! De toute évidence, vous inscrivez votre projet dans la tablette de votre espérance, aussi bien à travers la grâce qu’à travers le labeur qui vous est demandé. Puisse Dieu vous récompenser. «Être un dans le respect des différences, mais être un, surtout pour encourager le témoignage des chrétiens par la formation, accueillir et aider à accueillir l’autre, faciliter la rencontre, soutenir celui qui est dans le besoin et être au service du Maroc, de l’Afrique et du monde. Cette ambition est portée par le nom même de l’Institut : Al Mowafaqa », résume, sur le site de l’Institut, son directeur Jean Koulagna. Basé à Rabat, l’institut comprend deux pôles. Le premier consiste en une formation universitaire de théologie (4 ans), débouchant sur une Licence en théologie de la Faculté de Théologie protestante de Strasbourg ou le Diplôme universitaire de théologie de l’Institut catholique de Paris. A portée culturelle, le second pôle consiste en un certificat pour le dialogue des cultures et des religions, étalé sur cinq mois. L’institut propose aussi des cours de langue arabe, classique et darija. Les formations sont assurées sous forme de sessions intensives (cours, travaux dirigés, conférences, rencontres, visites de terrain) avec des professeurs visiteurs venus d’Europe et d’Afrique. On fait toutefois appel à des universitaires marocains pour les domaines de l’islam. "Cette année, l’institut compte environ 45 étudiants répartis entre les différentes promotions", nous assure une source à l’institut. « Étudiants, professionnels ou religieux (de toutes les confessions chrétiennes), Européens ou Africains, sont le cœur de cible d’Al Mowafaqa. Il est ici question d’approfondir « leur connaissance de l’islam dans le contexte d’une société arabo‑musulmane ouverte sur le continent africain ». D’où la diversité des enseignements proposés. Les études théologiques sont ainsi agrémentées de cours d’islamologie, de langue arabe ou d’introduction au judaïsme. Idem pour le certificat pour le dialogue des cultures et des religions (théologies chrétiennes du dialogue, Islam contemporain : les grands débats etc.) Les formations sont payantes et les montants varient selon le cycle (9.900 DH pour le certificat, 12.000 DH à l’année pour la formation universitaire). Le budget annuel de l’institut est estimé à 300.000 euros, apprend-on sur le site de la CEVAA (Communauté d’Eglise en mission). « Il est financé à plus de 90% par des fonds privés et à 10% par l’autofinancement », selon la même source.
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