Marine royale: Un expert juge improbable l'achat d'un sous-marin
Depuis 2013, plusieurs visites de délégations militaires marocaines à l’étranger montrent une volonté du Maroc de se doter enfin de sous-marins. Le site El Confidential Digital a annoncé que la marine royale était mobilisée pour acquérir rapidement un submersible pour sa base navale de Ksar Sghir. Selon un expert de l'équipement militaire, l’idée d’acheter au moins un sous-marin est bien réelle mais pas avant 2022.
« Le Maroc cherche des sous-marins pour équiper sa nouvelle base navale atlantique », annonce le site espagnol affirmant avoir obtenu cette information de sources militaires espagnoles de haut niveau.
Ksar Sghir attend toujours son premier submersible
Selon El Confidential Digital, le royaume « va redoubler d’efforts dans les mois à venir pour acquérir des sous-marins » sans toutefois préciser la nationalité des contacts en cours ou à venir.
Cette volonté « d’intensifier la recherche de navires sous-marins » s’expliquerait par les récentes commandes de 2 nouveaux submersibles de type Kilo 636M par le voisin algérien qui s’ajouteraient aux 2 autres déjà livrés et aux 4 autres déjà opérationnels et réservés aux opérations de défense côtière.
Les sources expliquent la démarche marocaine « d’acquérir au moins un submersible pour sa base de Ksar Sghir » par une volonté d’équilibrer les forces militaires en présence sachant que le Royaume ne dispose d’aucune capacité sous-marine.
Revenant sur les options envisagées dans le passé, le journal affirme que « la marine royale était en 2015 intéressée par l’achat d’un sous-marin russe neuf classe Amur 1650 mais également par un autre d’occasion grec qui devait servir à former les futurs équipages de sous-marins plus modernes ».
Dans un de nos précédents articles, le GESI (Centre d'études en sécurité internationale, université de Barcelone) évoquait déjà les négociations en cours du Maroc avec les Russes pour acquérir 3 à 4 appareils de ce type afin de remédier à l’absence de flotte sous-marine.
Selon un expert de l’équipement militaire marocain sollicité par Médias24, cette volonté d’équipement n’est pas nouvelle sachant qu’elle remonte à 2007 lorsque le Roi Mohammed VI avait donné des instructions pour remédier aux lacunes des trois corps d’armée.
Des sous-mariniers déjà formés
« Concernant les sous-mariniers, l’Etat-major a déjà préparé le terrain sachant que plusieurs officiers et sous-officiers ont été envoyés dans des écoles de formation en Grèce et en Italie.
« De plus, l’école royale navale s’est récemment dotée de simulateurs tactiques permettant de simuler la conduite d’opérations de navigation à bord de sous-marin.
« Pour l’instant, le Maroc dispose d’équipages de sous-mariniers formés mais sachant que la marine n’a pas encore de submersibles, ce personnel n’est pas encore opérationnel. C’est donc la raison pour laquelle l’idée d’acquérir un sous-marin neuf ou de seconde main fait de plus en plus son chemin.
« La presse espagnole évoque une forte possibilité d’acheter un sous-marin russe mais ce n’est pas du tout réaliste parce qu’en termes de logistique, il sera très compliqué d’intégrer un matériel russe dans le système de défense traditionnellement d’origine américaine ou française.
« L’option russe est irréaliste »
« De plus, ces fournisseurs obligent les acquéreurs à accepter la présence permanente d’experts russes sur place que le Maroc ne peut pas accepter pour des raisons de souveraineté et sécurité nationales.
« Ainsi l’Algérie qui possède 6 sous-marins russes est tenue de les tolérer sur son sol car la Russie refuse de déléguer certaines tâches d’entretien pour une raison de rentabilité.
« Sachant que leurs submersibles sont parmi les moins chers du marché, les russes se rattrapent sur les coûts de modernisation et de maintien opérationnel.
« En fait, ce n’est pas tant le prix du sous-marin qui pose problème mais plutôt celui de l’environnement nécessaire car il faut préparer les infrastructures et les moyens de sécurité en cas de problème à bord.
Le Maroc pourrait acquérir un sous-marin en 2022
« Pour le Maroc, il faudra compter un coût entre 500 et 600 millions d’euros dont environ la moitié pour l’achat d’une seule unité à propulsion conventionnelle et le reste pour le package nécessaire. Cela équivaut au coût de la FREMM, la frégate multi-missions Mohammed VI, qui est le bâtiment le plus moderne d'Afrique.
« Il est vrai que les Russes font des propositions mais le Maroc cherche ailleurs. En dehors des contacts grecs pour des sous-marins d’occasion, il y a des négociations avec les Allemands pour l’achat d’un submersible neuf mais également avec la France qui est le principal fournisseur de la marine royale.
« S’il est sûr que le Maroc compte acheter au moins un sous-marin, il faudra cependant encore attendre car la marine a d’autres priorités sachant que sa flotte souffre de vieillissement et que le plan quinquennal militaire court jusqu’en 2022 ce qui veut dire qu’il n’y aura pas d’achat avant cette date », conclut notre expert.
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