Le taux de chômage recule à 9,8% en 2018, une baisse à nuancer…
Selon le HCP, qui vient de publier la situation du marché du travail en 2018, l’économie a créé 112.000 emplois, dont 91.000 en milieu urbain, contre 86.000 en 2017. Plus de la moitié de ces emplois ont été créés dans les services, 19.000 dans l’agriculture & pêche, 15.000 dans le BTP et 13.000 dans l’industrie y compris l’artisanat.
Grâce à ces créations d’emplois, le nombre de chômeurs a baissé de 48.000 personnes, à 1,168 million de chômeurs.
D’où un recul du taux de chômage à 9,8% en 2018 contre 10,2% en 2017. Le chômage des jeunes citadins diplômés demeure toutefois élevé.
Le HCP n'a pas donné cette année d'indicateurs sur le sous-emploi qui renseigne sur la précarité des travailleurs ni sur le nombre de jeunes chômeurs.
Notons que malgré l’accroissement de la population en âge de travailler de 1,7%, la population active (chômeurs + personnes occupées) n’a crû que de 0,5%.
Le taux d’activité a donc reculé à 46,2% (-0,5 point) et le taux d’emploi à 41,7% (-0,2 point).
Autrement dit, plus de 58% des personnes en âge de travailler ne travaillent pas et plus de 53% de cette population sont ni en poste ni à la recherche d’emploi.
L’importance de cette population qui se trouve en dehors du marché du travail explique le niveau du taux de chômage et sa baisse en 2018.
>Carton rouge pour la formation professionnelle
Le taux de chômage des détenteurs d'un diplôme de formation professionnelle (23,3%) est supérieur aussi bien à celui des diplômés de l’enseignement général (15,4%) qu’à celui de l'ensemble des diplômés âgés de 15 ans et plus (17,1%). Il est nettement plus élevé parmi les femmes (34,2%) que les hommes (19,1%) et parmi les citadins (23,7%) que les ruraux (18,1%). .
>Un chômage de longue durée et de première insertion
Près de six chômeurs sur dix (57,9%) sont à la recherche de leur premier emploi (51,8% parmi les hommes et 69,1% parmi les femmes). Plus des deux-tiers des chômeurs (67,6%) attendent d’être embauchés depuis une année ou plus (63,5% parmi les hommes et 75,4% parmi les femmes). D’un autre côté, 30,4% parmi les chômeurs se sont retrouvés dans l’inactivité suite à des licenciements (24,3%) ou l’arrêt de l’activité de l’établissement employeur (6,1%).
Par ailleurs, 7,2% des chômeurs, totalisant 84.000 personnes en 2018, sont découragés par la recherche active d’un emploi, contre 7% une année auparavant. Ils sont à environ 87% citadins, 52% femmes, 53% jeunes âgés de 15 à 29 ans et 81% diplômés.
>L'industrie n'a créé que 13.000 emplois, essentiellement dans les textiles
Entre 2017 et 2018, le secteur des "services", avec une moyenne annuelle de 90.000 postes durant la période 2008-2013 et de 35.000 durant la période 2014-2017, a enregistré une création nette de 65.000 postes, 62.000 en milieu urbain et 3.000 en milieu rural, ce qui correspond à une hausse de 1,4% du volume d’emploi dans ce secteur. Ces nouveaux postes ont été créés principalement par les branches de "commerce de détail hors magasin" (34.000 postes), des "services personnels et domestiques" (13.000 postes) et de la "restauration et hôtellerie" (12.000 postes).
Durant la même période, le secteur de l’"agriculture forêt et pêche a créé 19.000 emplois au niveau national, 15.000 en milieu rural et 4.000 en milieu urbain, contre une création de 42.000 emplois une année auparavant et une perte annuelle moyenne d’environ 75.000 postes en 2015 et 2016.
De son côté, le secteur des BTP a créé, entre les années 2017 et 2018, 15.000 postes d’emploi au niveau national, 14.000 en milieu urbain et 1.000 en milieu rural, après une création annuelle moyenne de 22.000 postes au cours de la période 2015-2017.
Le secteur de l’"industrie y compris l’artisanat" a créé, quant à lui, 13.000 emplois (11.000 en milieu urbain et 2.000 en milieu rural), contre une création annuelle moyenne de 10.000 postes au cours des années 2015 et 2017. Ces nouveaux postes ont été créés principalement par la branche de "textile bonneterie et habillement " (11.000 postes).
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