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CULTURE

Édition au Maroc : le numérique en progression, mais encore limité à 10,8% des publications

Malgré une progression de 33,83% par rapport au précédent rapport, l’édition numérique reste marginale au Maroc, ne dépassant pas les 10,84% des 4.124 publications recensées en 2024-2025.

Édition marocaine 2024-2025 : 4.124 titres publiés et domination persistante de l’arabe à 80 %.
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Le 5 mai 2026 à 12h34 | Modifié 5 mai 2026 à 12h56

La Fondation Al Saoud du Roi Abdelaziz Al Saoud vient de publier son bilan sur la situation de l’édition et du livre au Maroc, dans les domaines de la création littéraire ainsi que des sciences humaines et sociales, au titre de la période 2024-2025. En voici les principaux points saillants.

La scène éditoriale marocaine a connu, durant les années 2024-2025, la publication de 4.124 titres. Les publications en langue arabe dominent largement, avec environ 80,09 % du total, suivies du français (15,23 %) et de l’anglais (2,47 %). Les publications en amazigh représentent, quant à elles, près de 1,94 % de l’ensemble des livres et revues, tous formats confondus, parus sur la période 2024-2025.

Selon les chiffres du rapport de la Fondation Al Saoud, qui publie annuellement une analyse du paysage de l’édition et du livre, les publications imprimées demeurent prédominantes, représentant 89,16 % des parutions.

À l’inverse, les publications numériques, bien que moins nombreuses (10,84 % du total), affichent une progression notable durant la période considérée, avec une augmentation d’environ 33,83 % par rapport au rapport précédent.

Le nombre de livres publiés en format numérique a atteint 289 titres, soit près de 8 % de l’ensemble des ouvrages publiés (imprimés et numériques confondus). Les données montrent que la majorité de ces publications émane d’organismes publics, d’entités officielles, d’institutions de recherche, ainsi que de centres de recherche scientifique et d’organisations culturelles internationales installées au Maroc.

Dans ce cadre, le Policy Center for the New South a publié le plus grand nombre de publications numériques, avec 41,52% de la totalité de la production numérique marocaine. La répartition linguistique de ces publications numériques révèle une diversité significative : 145 titres sont publiés en français, suivis de 74 en arabe et de 70 en anglais. représentant 53,93% de toutes les publications numériques dans ces langues.

Il convient également de noter que 25,61% de la production numérique publiée en arabe est principalement constitué de traductions arabes de publications initialement publiées en langues étrangères par des institutions publiques ou des centres de recherche soucieux. 

Répartition linguistique : prédominance de l’arabe

Les ouvrages publiés en arabe, relevant de la littérature et des sciences humaines et sociales, représentent 78,63% de l’ensemble de la production durant la période étudiée. 

Les publications en français atteignent, pour leur part, 16,14%, enregistrant une légère progression par rapport au rapport précédent. Les ouvrages en anglais demeurent marginaux, avec une part de 2,82%, tandis que les publications en espagnol se limitent à dix titres (0,28%). Enfin, une seule publication a été recensée en portugais (0,03%).

Par ailleurs, les publications en langue amazighe représentent 2,10 % de l’ensemble des ouvrages imprimés. Avec 76 titres publiés au cours de la période considérée, l’amazighe s’impose comme la quatrième langue d’écriture des auteurs marocains. Cette production est largement dominée par la création littéraire, qui constitue 82,89 % des publications dans cette langue.

Édition marocaine : la création littéraire en tête, un numérique dominé par l’économie

Le paysage éditorial marocain confirme la place centrale de la création littéraire, qui totalise 821 titres (22,72 %), en progression par rapport au rapport précédent, auxquels s’ajoutent les études littéraires (6,97 %). Le droit arrive en deuxième position (15,89 %), suivi de l’histoire (13,67 %), des sciences sociales (8,5 %) et des études islamiques (7,39 %).

Dans l’édition numérique, la structuration diffère nettement : les études économiques dominent largement (40,14 %), portées principalement par le Policy Center for the New South et le Haut-Commissariat au plan. Les études politiques et stratégiques occupent la deuxième place (21,79 %), suivies des questions sociales (17,30 %).

Les chiffres de la création littéraire

La création littéraire marocaine occupe une place centrale dans la production éditoriale nationale. Au total, 821 œuvres littéraires ont été publiées au cours de la période 2024-2025, soit 22,72 % de l’ensemble de la production, ce qui représente une augmentation d’environ une centaine de titres par rapport au rapport 2023-2024.

La majorité des écrivains marocains publient en arabe, avec 71,50 % des œuvres, suivie du français avec 18,64 %. La production littéraire en amazighe atteint, pour sa part, 7,67 % du total, enregistrant une progression de plus de 1 % par rapport aux données du rapport précédent.

Le récit représente 59,80% de la création littéraire marocaine

La création littéraire marocaine reste dominée par le récit, qui représente 59,8 % de la production, malgré un recul par rapport au rapport précédent. La poésie poursuit également sa baisse, avec 26,43 % des publications contre 31,9 % auparavant. En parallèle, d’autres genres, les mémoires, journaux intimes, témoignages, récits, textes biographiques, fiction et littérature épistolaire, gagnent en importance et atteignent désormais 11,09 % de la production littéraire nationale.

Une production centrée sur le cadre national

La production éditoriale marocaine reste largement centrée sur le cadre national, avec 76,94 % des publications consacrées au Maroc. Cette prédominance se fait au détriment d’autres espaces, notamment l’Afrique, qui représente moins de 1 % des titres, malgré l’engagement croissant du Royaume sur le continent. Par ailleurs, le patrimoine andalou occupe une place limitée mais notable, avec 2,1 % des publications.

Nationalité, genre et structuration du secteur

L’analyse des 3.016 auteurs publiés au cours de la période 2024-2025 met en évidence une nette prédominance des auteurs marocains, qui représentent 91,84 % de la production éditoriale, tandis que les autres nationalités demeurent marginales. La répartition par genre révèle, par ailleurs, un déséquilibre marqué, avec 85 % d’hommes contre seulement 15 % de femmes.

La production des autrices s’élève à 562 titres, principalement dominée par la création littéraire (33,27 %), suivie des études juridiques et des sciences sociales. L’arabe s’impose comme la langue d’écriture majoritaire des femmes, représentant 70,28 % de leurs publications.

Sur le plan géographique, l’activité éditoriale reste fortement concentrée dans les régions de Rabat-Salé-Kénitra et Casablanca-Settat, qui totalisent à elles seules plus de la moitié des 3.613 publications recensées.

Enfin, la structuration du secteur éditorial repose sur trois principaux acteurs : les éditeurs privés, qui dominent la production avec 1.670 titres, les institutions (1.270 titres) et les publications à compte d’auteur (673 titres, soit 19 % du total), ces dernières étant majoritairement publiées en langue arabe. Les publications institutionnelles se distinguent, quant à elles, par une plus grande diversité linguistique et un recours accru aux formats numériques.

Tendances des prix des livres au Maroc

Le prix moyen du livre marocain en 2024–2025 est estimé à 82,70 dirhams. Ce prix reste relativement abordable, notamment en comparaison avec le prix moyen du livre en Tunisie, qui s’élève à 131,52 dirhams. Par ailleurs, en le comparant au prix du livre en Europe, on constate que le prix moyen du livre marocain représente environ 34% de celui du livre français. 

Les chiffres des MRE

Selon le rapport de la Fondation Al Saoud concernant les publications des Marocains résidant à l’étranger (MRE) dans les domaines de la littérature et des sciences humaines et sociales, les données de ses services indiquent une augmentation du nombre de publications d’auteurs marocains à l’étranger, qui s’élève désormais à 735 ouvrages imprimés, contre 501 titres recensés dans le rapport 2023-2024, traduisant une progression notable.

Ces publications se caractérisent par une forte diversité linguistique. L’arabe arrive en tête avec 530 titres, suivi du français (147 titres). L’anglais et l’italien comptent chacun 21 titres, tandis que l’espagnol en compte 14 titres. Enfin, un titre est publié en allemand et un autre en néerlandais.

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Le 5 mai 2026 à 12h34

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