Le déficit budgétaire s’établit à 3,7% du PIB en 2018 (source officielle)
Il s’établit à 41,4 milliards de DH contre une prévision actualisée du gouvernement de 43 milliards. Cela correspond à 3,7% du PIB contre une prévision actualisée de 3,8% et une estimation de 3,9% du HCP. Si ce résultat provisoire se confirme, il constituera une prouesse dans un contexte de forte pression sur les finances publiques.
Les résultats provisoires de l’exécution de la loi de finances 2018 font ressortir un déficit budgétaire de 41,4 milliards de DH, apprend Médias24 de source autorisée.
Ce montant est supérieur de 3,3 milliards de DH à celui publié mardi 29 janvier 2019 par la Trésorerie générale du Royaume (TGR), dans son bulletin statistique du mois de décembre. Un écart qui s’explique par la différence des règles d’établissement de ces statistiques par rapport à celles de la comptabilité publique.
Les 41,1 milliards de DH correspondent à 3,7% du PIB estimé pour 2018, ajoute notre source, contre 3,6% en 2017. Médias24 a confirmé ce ratio par ses propres calculs : le PIB de 2017 s’élève à 1.063,3 milliards de DH, auquel il faut ajouter un taux de croissance de 3% (estimé par le HCP) et une inflation de 1,6% (évolution générale des prix) pour obtenir le PIB estimé en 2018 qui s’élève à 1.112 milliards de DH.
S’il se confirme, ce niveau de déficit est inférieur aux prévisions actualisées du gouvernement, annoncées en octobre 2018 à l’occasion de la présentation du projet de loi de finances 2019. Ces prévisions portaient sur un déficit budgétaire de 43 milliards de DH, soit 3,8% du PIB. Notons que le HCP a même estimé ce déficit à 3,9% du PIB lors de la présentation du bilan économique de 2018.
Le gouvernement avait actualisé ses prévisions en raison des pressions sur les finances publiques : hausse moins importante des recettes fiscales et baisse des dons du Golfe, augmentation de charges de compensation et des dépenses de personnel, et hausse des émissions au titre des investissements.
Compte tenu de cette actualisation des prévisions, le ministère des Finances avait décidé de mettre en place une veille active pour prendre les mesures nécessaires afin de limiter le dérapage du déficit.
Plusieurs facteurs ont permis de ne pas atteindre le déficit de 3,8% du PIB.
Selon notre source, ces facteurs sont, entre autres, une meilleure évolution que prévu des recettes et des économies au niveau du budget de fonctionnement. Ce qui a permis de limiter l’impact de la baisse des dons du Golfe (-2 milliards de DH par rapport aux prévisions actualisées qui étaient de 4,8 milliards) et de la hausse des charges de compensation (+800 MDH), tout en maintenant l’investissement budgétaire à un niveau élevé (66 milliards de DH).
On reste loin de l'objectif de 3% de déficit
On reste toutefois loin des objectifs initiaux, ceux de la loi de finances 2018, qui consistaient en un déficit budgétaire 33,4 milliards de DH ou 3% du PIB.
Même les prévisions de la loi de finances 2019, à savoir un déficit de 3,7% du PIB sont supérieures aux objectifs à moyen terme du gouvernement (3% à l’horizon 2021).
Il faut dire que l’orientation sociale de cette loi de finances, conformément aux directives du Roi Mohammed VI, rend difficile la convergence vers cet objectif, et ce malgré certaines mesures adoptées (contribution sociale de solidarité, augmentation de la cotisation minimale…).
Le gouvernement est donc face au double défi de répondre aux attentes sociales et de limiter le déficit pour stabiliser le poids de l’endettement du Trésor.
La dette intérieure du Trésor s’élevait, selon la DTFE, à 568,2 milliards de DH à fin novembre 2018, en hausse de 5,5% depuis le début de l’année ; la dette extérieure à 143,6 milliards de DH à fin septembre 2018, en baisse de 6,3% depuis le début de l’année.
Le cumul de ces deux indicateurs, certes calculés à des échéances différentes, donne un endettement global du Trésor de près de 712 milliards de DH, soit 63,7% du PIB. Mais il faudra attendre les données à fin 2018 pour établir le taux d’endettement exact. Selon le HCP, ce dernier devrait s’établir à 65,8% du PIB en 2018 et à 66,1% en 2019.
Dans le dernier rapport annuel sur le Maroc, le Fonds monétaire international estime que la dette du Trésor reste soutenable, résiste à divers chocs et se situe en dessous du seuil de 70% du PIB pour les marchés émergents. « Néanmoins, une marge de manœuvre accrue est nécessaire pour absorber les chocs potentiels sur l’économie tout en répondant aux besoins sociaux et aux contraintes de la croissance. Les autorités se sont engagées à réduire progressivement la dette à 60% du PIB. Elles entendent continuer à réduire le déficit public et à mettre en œuvre un programme de privatisation à moyen terme », précise le FMI.
Selon le scénario de base retenu dans les projections de cette institution, la dette du Trésor devrait représenter 63,3% du PIB en 2021 et 61,3% du PIB en 2023, à condition qu’il y ait reprise de la croissance économique (supérieure à 4%) et stabilisation des besoins de financement du Trésor.
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