Ould Bouamatou, persona non grata au Maroc
Mohamed Ould Bouamatou est désormais interdit de séjour au Maroc, en réaction à des images calomnieuses diffusées sur les réseaux sociaux par le richissime homme d’affaires et opposant mauritanien. Une interdiction qui intervient dans un contexte marqué par un net réchauffement des relations maroco-mauritaniennes, aussi bien sur le plan diplomatique qu’économique.
C’est dans la nuit du jeudi 20 décembre que le ministère des Affaires étrangères a diffusé un communiqué officiel qui réfute catégoriquement les allégations de Mohamed Ould Bouamatou.
A l’origine de cette réaction, des images postées sur les réseaux sociaux par l’homme d’affaires et opposant au régime mauritanien, montrant de prétendus passeports marocains du président mauritanien Mohamed Ould Abdelaziz et d’un membre de sa famille.
Des allégations que le département de Nasser Bourita qualifie «d’aberration grossière», les investigations ayant démontré l’inexistence de ces passeports dans les bases de données du Royaume. Une enquête judiciaire a par ailleurs été diligentée par les Affaires étrangères.
Désormais interdit d’accès au Maroc où il a séjourné en exil à Marrakech, Mohamed Ould Bouamatou peut également faire l’objet de poursuites pénales dans le cadre de cette affaire. Le communiqué du ministère des Affaires étrangères mentionnant clairement que le Maroc «ne permettra en aucune manière que son territoire soit exploité afin de porter atteinte à la stabilité de la Mauritanie ou de s’attaquer à ses institutions suprêmes».
La fermeté de la réponse marocaine intervient dans un contexte marqué par un réchauffement des relations diplomatiques entre Rabat et Nouakchott. Aussi bien sur le plan politique qu’économique.
Entre politique et diplomatie économique
Pas plus tard que cette semaine, une importante délégation de la CGEM constituée de plus de 100 entrepreneurs marocains, a pris part du 16 au 18 décembre à un Forum économique Maroc-Mauritanie afin de dynamiser les relations commerciales entre les deux pays.
Déjà présentes dans de nombreux pans de l’économie mauritanienne, les entreprises marocaines ont pu explorer de nouvelles opportunités d’investissement dans les secteurs de l’industrie, la pêche, le commerce et les services, l’énergie, les mines, l’agriculture, l’agroalimentaire, les BTP, l’immobilier, les banques et la finance, l’assurance, le textile, le tourisme et l’industrie pharmaceutique.
La mission de la CGEM en Mauritanie a également été fructueuse sur le plan de la diplomatie économique. Le 17 décembre dernier, le président de la CGEM, Salaheddine Mezouar, a été reçu en audience par le premier ministre mauritanien qui, dans une déclaration relayée par la MAP, a appelé à «saisir cette opportunité pour la co-construction». Confirmant par la même occasion l’organisation à Rabat de l’édition 2019 du Forum économique Maroc-Mauritanie.
De son côté, Salaheddine Mezouar ambitionne de transformer l’axe Rabat-Nouakchott en une plateforme économique forte et un levier stratégique de développement en Afrique de l’Ouest.
Les relations entre les deux pays semblent connaitre une embellie depuis la visite à Nouakchott, le 2 novembre 2018, du ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita. Reçu en audience par le président mauritanien Mohamed Ould Abdelaziz, Bourita a émis le vœu que «d’importantes transformations se produiront dans le cadre de cette dynamique souhaitée par Sa Majesté le Roi et Son Excellence le Président de la République».
Ci-après le communiqué officiel diffusé jeudi soir (20 décembre) par le ministère des Affaires étrangères:
«Les autorités marocaines ont pris connaissance de la mise en circulation sur les réseaux sociaux, par le ressortissant mauritanien Mohamed Ould Bouamatou, d’images de prétendus passeports marocains, supposés appartenir au Président de la République Islamique de Mauritanie, S.E.M. Mohamed Ould Abdelaziz, et un membre de sa famille.
Le Royaume du Maroc s’inscrit en faux contre cette aberration grossière. Les investigations préliminaires ont permis, en effet, de relever que ces prétendus passeports sont inexistants au niveau de la base de données des services marocains compétents.
Conformément à sa démarche légaliste, le Royaume du Maroc mènera jusqu’au bout l’enquête judiciaire diligentée concernant cet acte insidieux. M. Ould Bouamatou, impliqué dans cette affaire, sera interdit d’accès au territoire marocain, sans préjudice des poursuites pénales qui pourraient être engagées à son encontre.
Le Royaume du Maroc, attaché aux liens historiques forts entre les deux peuples et aux relations fraternelles et de bon voisinage entre les deux pays frères, ne permettra en aucune manière que son territoire soit exploité afin de porter atteinte à la stabilité de la Mauritanie ou de s’attaquer à ses institutions suprêmes».
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