La RAM prévoit un bénéfice pour son dernier exercice
Malgré une longue crise estivale qui a fait craindre le pire pour son équilibre financier, le transporteur public ne sera pas déficitaire pour son exercice comptable qui s’est achevé le 31 octobre dernier. C'est ce qu'apprend Médias24 de source autorisée. Comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, le déblocage étatique en mars dernier de 460 MDH de crédit TVA a donné un coup de pouce au financement de plusieurs aéronefs dont le Dreamliner 787-9 qui vient d’être livré à Casablanca.
C’est confirmé. Malgré le ralentissement de son activité commerciale en pleine période estivale de pointe, le résultat net de la compagnie nationale sera positif. Il faudra cependant attendre février 2019, après consolidation des comptes, pour en savoir plus sur le montant du bénéfice.
Interrogée par Médias24, une source autorisée au sein de la compagnie nationale se veut rassurante sur ses perspectives financières mais aussi sur le développement de sa flotte grâce au remboursement en cours d’une créance sur l’Etat pour un montant de 1,04 milliard de dirhams.
Un résultat net à peine positif
« Je ne suis pas en mesure de vous fournir une fourchette mais ce qui est sûr, c'est que la RAM sera en positif pour l’exercice à cheval entre le 1er novembre 2017 et le 31 octobre 2018.
« Pour se prononcer définitivement, il faudra d’abord finaliser plusieurs éléments (CA du fret, CA passagers …) », annonce notre interlocuteur qui, malgré notre insistance, refuse de révéler si le résultat net sera au moins égal aux 100 MDH de l’exercice précédent (2016-2017).
Rappelons que dans un précédent article, cette source avait reconnu que la dynamique bénéficiaire entamée lors de l’exercice 2015-2016 (213 MDH), et poursuivie l’année suivante (100 MDH en 2016-2017) ne serait pas au rendez-vous dans les mêmes proportions lors du dernier exercice de la RAM.
Malgré l’assurance d’un résultat positif, notre interlocuteur avait mis en avant l’impact de la crise estivale sur la rentabilité de la compagnie pour expliquer que la croissance à deux chiffres qui avait caractérisé les résultats nets des deux bilans précédents ne serait pas au rendez-vous pour 2018.
Pas très rassurant, il n’avait pas exclu l’éventualité d’annulation de commandes d’avions auprès du constructeur américain Boeing même s’il avait ajouté: « pour l’instant, a priori ce ne sera pas le cas ».
Hormis ses appréhensions, le président Hamid Addou avait également annoncé au début de la grève des pilotes que « sa poursuite pourrait entraîner des annulations de commandes prévues d’avions ».
Fonds propres plus endettement pour payer les 8 avions commandés
Deux mois plus tard, il faut croire que les premiers résultats de l'activité sont venus à bout de leur pessimisme.
Soulignons en effet que Médias24 avait annoncé en avril que la RAM avait récupéré, grâce à un mécanisme de factoring, un peu moins d’un tiers de sa créance globale sur l’Etat qui s’élève à 1,5 MMDH.
Selon notre source, ce remboursement de 460 MDH du crédit de TVA dû par l’Etat a été un coup de pouce, auquel il faut ajouter des crédits bancaires. L'ensemble a permis à la RAM d’investir dans les huit avions commandés qui feront passer sa flotte de 56 à 64 aéronefs.
Précisons que les quatre 737 Max ont été commandés par l’ancien président Driss Benhima, prédécesseur de Hamid Addou qui à son tour a lancé la commande des quatre Dreamliner 787-9.
Afin de couper court à de mauvaises interprétations, notre interlocuteur a précisé que ce n’était pas le versement de cette somme qui permettra à la RAM d’aboutir à un résultat positif.
« Ce crédit était déjà inscrit dans la rubrique dette à récupérer. Dans le bilan final, ces 460 MDH ont été attribués à la colonne trésorerie d’investissement pour financer en partie l’achat des avions commandés», conclut notre source qui ajoute que la crise estivale sera bientôt surmontée.
Sachant que l’Etat doit encore rembourser 1,04 MMDH à la RAM, une autre source proche de la compagnie affirme que les nuages sont désormais derrière et que son équilibre financier n’est plus menacé.
Il faudra cependant attendre la validation gouvernementale de sa feuille de route, qui traine depuis près de deux ans dans les tiroirs du Chef de l’exécutif, pour savoir de quoi sera fait son avenir.
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