Voici la carte de vulnérabilité de la petite agriculture aux changements climatiques
Selon une cartographie de l'Agence de développement agricole (ADA), une grande partie des zones étudiées est fortement vulnérable aux changements climatiques. Les inégalités entre les zones de montagne, de plaine et celles oasiennes sont importantes. Les détails.
Pour cerner les conséquences des changements climatiques sur la petite agriculture au Maroc, l’Agence de développement agricole (ADA) a réalisé une cartographie de la vulnérabilité de l’agriculture solidaire. Les résultats ont été présentés le 2 novembre dernier, lors d’un séminaire à Marrakech.
Financée par le Fonds international de développement agricole (FIDA), cette cartographie concerne actuellement 16 provinces du Royaume à savoir Taza, Boulemane, Sefrou, Azilal, Béni Mellal, Ifrane, Midelt, Khénifra, Taounate, Al Haouz, El Hajeb, Figuig, Oujda, Taourirt, Ouarzazate et Errachidia.
La cartographie identifie les facteurs d’exposition aux changements climatiques actuels et futurs dans chacune des zones d’action, notamment la sécheresse et l’érosivité des pluies. Elle propose également des orientations pour des stratégies cohérentes d’adaptation.
Précipitations en régression à l'horizon 2050
La cartographie présente un diagnostic des séries chronologiques des précipitations observées au cours de la période 1995 et 2016. Ces précipitations ont été comparées avec celles projetées à l’horizon 2050.
Les précipitations diminuent progressivement selon un gradient ouest-est, ressort-il de l'étude. En effet, l’ouest de la zone d’étude connaît des précipitations qui dépassent 600 mm par an. Ces quantités régressent progressivement pour atteindre moins de 100 mm dans l’extrême est de la zone d’étude. Tandis que sur l’alignement central, on constate une pluviométrie moyenne de l’ordre de 250 à 300 mm.
La figure montre également une nette dominance des zones dont la pluviométrie est inférieure à 200 mm (60% de la superficie).
A l’horizon 2050, on peut constater une importante diminution des précipitations.
Hausse des températures
Selon la cartographie, une nette augmentation de la température annuelle moyenne sera enregistrée au niveau de presque toute la zone d’étude.
Des changements spectaculaires d’environ 2°C sont susceptibles d’être observés dans certaines provinces, en l’occurrence Figuig, Zagora, Errachidia, Tata, Midelt, Azilal et Khénifra.
Par ailleurs, certaines zones de haute altitude connaîtraient une légère baisse de température de l’ordre de 0,5°C.
Risques de sécheresse
Selon la cartographie, Errachidia, Zagora, Tinghir et Midelt présentent une vulnérabilité très élevée à la sécheresse qui, à l’horizon 2050, serait plus intense au niveau de toute la zone d’étude. Les zones modérément et faiblement vulnérables à la sécheresse représenteraient respectivement 20 et 5% de la surface totale.
Erosion hydrique
L’impact du changement climatique sur le régime des pluies peut engendrer des modifications majeures de l’érosivité des pluies, tant en valeur annuelle qu’en répartition saisonnière, qui peuvent avoir des effets considérables sur les pertes en terre.
La carte de vulnérabilité à l’érosion hydrique montre que les zones à haute vulnérabilité sont concentrées dans les montagnes. Le ruissellement lié à de fortes précipitations, au niveau des zones à forte pente, entraîne le départ de terre par érosion de façon spectaculaire en creusant de profondes ravines ou plus discrètement en emportant les éléments fertiles du sol.
Les projections futures montrent que cette vulnérabilité s’accélère. De même, d’autres facteurs liés au climat, tels que la multiplication des ravageurs des cultures et la vulnérabilité des sols à l’érosion, pourraient se montrer plus problématiques dans le futur.
Capacités humaines et matérielles limitées
Les contraintes liées aux composantes de la vulnérabilité sont nombreuses et fortes: aridité, fragilité et dégradation des sols; rareté des eaux; petite taille des exploitations; niveaux d’analphabétisme et de pauvreté élevés.
L’insuffisance des routes et pistes rurales, par endroits, entrave le développement de très nombreuses exploitations agricoles.
Dans les zones montagneuses du Haut et Moyen Atlas, les pentes sont raides, engendrant l’érosion hydrique des sols ce qui les rend de plus en plus inaptes à la culture. Cette vulnérabilité s'accentue par l’augmentation des phénomènes extrêmes dus au changement climatique, et de la réduction du couvert végétal.
Ces faiblesses sont aggravées par des capacités défaillantes liées à la disponibilité des ressources naturelles et technologiques ainsi qu’en raison de l’accès très limité aux connaissances des risques et aux prévisions météorologiques, dû à la pauvreté, à l’enclavement, au manque d’infrastructures et à l’analphabétisme.
En plus, les capacités de prévention des risques et gestion des catastrophes face aux événements extrêmes sont très fragilisées, notamment par l’absence d’une structure de coordination fonctionnelle au niveau provincial et au niveau communal.
Les stratégies d'adaptation
Les stratégies d’adaptation proposées visent à atténuer la sensibilité de l’agriculture solidaire vis-à-vis du changement climatique, mais aussi à identifier les besoins en termes de capacité d’adaptation.
Les pratiques d’adaptation et de résilience sont développées sous forme de plusieurs actions dont:
- l'amélioration de la capacité d’adaptation des agriculteurs;
- le transfert des technologies dans le domaine de l’adaptation au changement climatique;
- le contrôle de l’érosion des sols et gestion des pentes;
- l'approche de l’adaptation, fondée sur les écosystèmes (restauration écologique, conservation des sols, boisement et reboisement, corridors hydrologiques et écologiques, banques de semences et de gènes...);
- le renforcement des systèmes semenciers pour vaincre la sécheresse;
- l'encouragement de la mise en œuvre des résultats de recherche du secteur agricole;
- la gestion des risques de catastrophe;
- le développement d’une agriculture durable au climat;
- le soutien à l’agriculture oasienne.
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