img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
Redaction

Voici la carte de vulnérabilité de la petite agriculture aux changements climatiques

Selon une cartographie de l'Agence de développement agricole (ADA), une grande partie des zones étudiées est fortement vulnérable aux changements climatiques. Les inégalités entre les zones de montagne, de plaine et celles oasiennes sont importantes. Les détails.

Voici la carte de vulnérabilité de la petite agriculture aux changements climatiques
Yousra Jaa
Le 12 novembre 2018 à 10h01 | Modifié 11 avril 2021 à 2h49

Pour cerner les conséquences des changements climatiques sur la petite agriculture au Maroc, l’Agence de développement agricole (ADA) a réalisé une cartographie de la vulnérabilité de l’agriculture solidaire. Les résultats ont été présentés le 2 novembre dernier, lors d’un séminaire à Marrakech.

Financée par le Fonds international de développement agricole (FIDA), cette cartographie concerne actuellement 16 provinces du Royaume à savoir Taza, Boulemane, Sefrou, Azilal, Béni Mellal, Ifrane, Midelt, Khénifra, Taounate, Al Haouz, El Hajeb, Figuig, Oujda, Taourirt, Ouarzazate et Errachidia.

La cartographie identifie les facteurs d’exposition aux changements climatiques actuels et futurs dans chacune des zones d’action, notamment la sécheresse et l’érosivité des pluies. Elle propose également des orientations pour des stratégies cohérentes d’adaptation.

Voici la carte de vulnérabilité de la petite agriculture aux changements climatiques

Précipitations en régression à l'horizon 2050

La cartographie présente un diagnostic des séries chronologiques des précipitations observées au cours de la période 1995 et 2016. Ces précipitations ont été comparées avec celles projetées à l’horizon 2050.

Les précipitations diminuent progressivement selon un gradient ouest-est, ressort-il de l'étude. En effet, l’ouest de la zone d’étude connaît des précipitations qui dépassent 600 mm par an. Ces quantités régressent progressivement pour atteindre moins de 100 mm dans l’extrême est de la zone d’étude. Tandis que sur l’alignement central, on constate une pluviométrie moyenne de l’ordre de 250 à 300 mm.

La figure montre également une nette dominance des zones dont la pluviométrie est inférieure à 200 mm (60% de la superficie).

A l’horizon 2050, on peut constater une importante diminution des précipitations.

Voici la carte de vulnérabilité de la petite agriculture aux changements climatiques

Hausse des températures

Selon la cartographie, une nette augmentation de la température annuelle moyenne sera enregistrée au niveau de presque toute la zone d’étude. 

Des changements spectaculaires d’environ 2°C sont susceptibles d’être observés dans certaines provinces, en l’occurrence Figuig, Zagora, Errachidia, Tata, Midelt, Azilal et Khénifra.

Par ailleurs, certaines zones de haute altitude connaîtraient une légère baisse de température de l’ordre de 0,5°C.

Voici la carte de vulnérabilité de la petite agriculture aux changements climatiques

Risques de sécheresse

Selon la cartographie, Errachidia, Zagora, Tinghir et Midelt présentent une vulnérabilité très élevée à la sécheresse qui, à l’horizon 2050, serait plus intense au niveau de toute la zone d’étude. Les zones modérément et faiblement vulnérables à la sécheresse représenteraient respectivement 20 et 5% de la surface totale.

Voici la carte de vulnérabilité de la petite agriculture aux changements climatiques

Erosion hydrique

L’impact du changement climatique sur le régime des pluies peut engendrer des modifications majeures de l’érosivité des pluies, tant en valeur annuelle qu’en répartition saisonnière, qui peuvent avoir des effets considérables sur les pertes en terre.

La carte de vulnérabilité à l’érosion hydrique montre que les zones à haute vulnérabilité sont concentrées dans les montagnes. Le ruissellement lié à de fortes précipitations, au niveau des zones à forte pente, entraîne le départ de terre par érosion de façon spectaculaire en creusant de profondes ravines ou plus discrètement en emportant les éléments fertiles du sol.

Les projections futures montrent que cette vulnérabilité s’accélère. De même, d’autres facteurs liés au climat, tels que la multiplication des ravageurs des cultures et la vulnérabilité des sols à l’érosion, pourraient se montrer plus problématiques dans le futur. 

Voici la carte de vulnérabilité de la petite agriculture aux changements climatiques

Capacités humaines et matérielles limitées

Les contraintes liées aux composantes de la vulnérabilité sont nombreuses et fortes: aridité, fragilité et dégradation des sols; rareté des eaux; petite taille des exploitations; niveaux d’analphabétisme et de pauvreté élevés.

L’insuffisance des routes et pistes rurales, par endroits, entrave le développement de très nombreuses exploitations agricoles.

Dans les zones montagneuses du Haut et Moyen Atlas, les pentes sont raides, engendrant l’érosion hydrique des sols ce qui les rend de plus en plus inaptes à la culture. Cette vulnérabilité s'accentue par l’augmentation des phénomènes extrêmes dus au changement climatique, et de la réduction du couvert végétal. 

Ces faiblesses sont aggravées par des capacités défaillantes liées à la disponibilité des ressources naturelles et technologiques ainsi qu’en raison de l’accès très limité aux connaissances des risques et aux prévisions météorologiques, dû à la pauvreté, à l’enclavement, au manque d’infrastructures et à l’analphabétisme.

En plus, les capacités de prévention des risques et gestion des catastrophes face aux événements extrêmes sont très fragilisées, notamment par l’absence d’une structure de coordination fonctionnelle au niveau provincial et au niveau communal.

Les stratégies d'adaptation

Les stratégies d’adaptation proposées visent à atténuer la sensibilité de l’agriculture solidaire vis-à-vis du changement climatique, mais aussi à identifier les besoins en termes de capacité d’adaptation.

Les pratiques d’adaptation et de résilience sont développées sous forme de plusieurs actions dont:

- l'amélioration de la capacité d’adaptation des agriculteurs;

- le transfert des technologies dans le domaine de l’adaptation au changement climatique;

- le contrôle de l’érosion des sols et gestion des pentes;

- l'approche de l’adaptation, fondée sur les écosystèmes (restauration écologique, conservation des sols, boisement et reboisement, corridors hydrologiques et écologiques, banques de semences et de gènes...);

- le renforcement des systèmes semenciers pour vaincre la sécheresse;

- l'encouragement de la mise en œuvre des résultats de recherche du secteur agricole;

- la gestion des risques de catastrophe;

- le développement d’une agriculture durable au climat;

- le soutien à l’agriculture oasienne. 

 

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Yousra Jaa
Le 12 novembre 2018 à 10h01

à lire aussi

Au congrès mondial de la CGLU, le Roi appelle à faire des villes un moteur de justice sociale
NATION

Article : Au congrès mondial de la CGLU, le Roi appelle à faire des villes un moteur de justice sociale

Dans un message lu mardi 23 juin à Tanger par le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, le Souverain a défendu une action publique territoriale fondée sur la proximité, l’équité et l’efficacité, en affirmant que l’accès aux services de base devait être “un droit du citoyen” et non dépendre du lieu de résidence ou du statut social.

Abdellatif Jouahri : “Nous souhaitons le réveil de l'investissement privé”
ECONOMIE

Article : Abdellatif Jouahri : “Nous souhaitons le réveil de l'investissement privé”

Le deuxième Conseil de Bank Al-Maghrib de l'année 2026 s'est tenu ce mardi 23 juin, suivi par la traditionnelle conférence de presse du Gouverneur. Voici l'essentiel des réponses de Abdellatif Jouarhri aux questions des journalistes.

Mauritanie : à Nouakchott, Attijariwafa bank organise plus de 350 rendez-vous B2B pour accélérer les partenariats africains
Communication d'entreprise

Article : Mauritanie : à Nouakchott, Attijariwafa bank organise plus de 350 rendez-vous B2B pour accélérer les partenariats africains

Les 18 et 19 juin 2026, le Club Afrique Développement et Attijari bank Mauritanie ont réuni près de 300 acteurs économiques et institutionnels venus notamment du Maroc, du Sénégal, de Côte d’Ivoire, d’Égypte, des États-Unis et d’Europe. Mines, énergie, pêche, agro-industrie, BTP... La 46e mission multisectorielle du groupe a mis en avant les secteurs appelés à porter l’industrialisation du pays, avec un mémorandum signé pour accompagner les micro, petites et moyennes entreprises.

ONHYM-SA : la réforme qui change les règles du jeu pour les ambitions énergétiques du Maroc
Energie

Article : ONHYM-SA : la réforme qui change les règles du jeu pour les ambitions énergétiques du Maroc

Le changement peut sembler administratif. Il est en réalité hautement stratégique. En devenant ONHYM-SA, l’Office obtient une marge de manœuvre nouvelle pour porter des actifs, investir au Maroc comme à l’étranger et s’impliquer davantage dans la création de valeur, à un moment où le Royaume prépare les prochaines étapes du gazoduc Afrique-Atlantique et la structuration de son marché gazier.

ASMEX. Avec 102 voix sur 293, Sonia Mezzour élue présidente
BUSINESS

Article : ASMEX. Avec 102 voix sur 293, Sonia Mezzour élue présidente

Sonia Mezzour a été élue présidente de l’ASMEX, à l’issue de l'assemblée générale élective tenue ce mardi 23 juin à Casablanca. Elle succède à Hassan Sentissi El Idrissi, qui dirigeait la Confédération marocaine des exportateurs depuis 2013.

Ordre des médecins : inscrite au prochain Conseil de gouvernement, la réforme débloquera-t-elle enfin les élections ?
Santé

Article : Ordre des médecins : inscrite au prochain Conseil de gouvernement, la réforme débloquera-t-elle enfin les élections ?

Depuis décembre 2022, les instances ordinales vivent sous mandat expiré, tandis que les médecins privés contestent des négociations menées en leur nom sur l’AMO, les tarifs et leur place dans les futurs groupements sanitaires territoriaux. Le texte attendu le jeudi 25 juin pourrait ouvrir une sortie de crise pour quelque 17.000 praticiens, dans un secteur qui affirme assurer 67% de l’offre de soins. Détails.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité