Pétrole: le Brent à son plus haut niveau depuis 2014
Les cours du pétrole enregistraient une légère baisse mercredi 3 octobre mais restaient à leur plus haut niveau depuis 2014, à plus de 84 dollars. La Russie et l'Arabie saoudite ont affirmé produire à des niveaux très élevés pour compenser le déséquilibre du marché, rapporte une dépêche AFP.
Vers 14H00 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre valait 84,58 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en baisse de 22 cents par rapport à la clôture de mardi 2 octobre.
Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" (WTI) pour livraison en novembre perdait 32 cents à 74,91 dollars une heure après son ouverture.
Le marché a atteint dans les dernières séances son plus haut niveau en quatre ans, alors que les investisseurs s'inquiètent d'un potentiel déficit de l'offre après l'application début novembre des sanctions américaines contre les exportations de l'Iran.
Alors que le président américain Donald Trump accuse pour sa part l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et ses partenaires d'avoir fait grimper les prix en limitant leurs extractions depuis début 2017, le président russe Vladimir Poutine lui a répondu mercredi lors d'un forum consacré à l'Energie à Moscou.
M. Poutine a affirmé que le prix du brut est "essentiellement le résultat des activités de l'actuelle administration américaine" et "de sa politique irresponsable qui a un impact direct sur l'économie mondiale".
"Nous avons déjà augmenté notre production de 400.000 barils (par jour). S'il le faut, nous pourrions l'augmenter encore de 200-300.000 barils par jour", a ajouté M. Poutine.
Le ministre saoudien de l'Energie, Khaled al-Faleh, a pour sa part affirmé que son pays extrayait début octobre environ 10,7 millions de barils par jour, soit le niveau de son record historique de 10,72 millions de barils atteint en novembre 2016, et pourrait encore augmenter la cadence en novembre.
La Russie et l'Arabie saoudite, deux des trois plus grands producteurs avec les Etats-Unis, sont les meneurs du groupe de producteurs qui limitent leurs extractions.
Une potentielle augmentation de leurs objectifs de production pourrait être au menu de leur prochaine réunion, début décembre à Vienne.
"Les investisseurs continuent de parier sur un déficit de production, même si, à long terme, ce rallye du pétrole pourrait générer des difficultés pour la croissance mondiale, comme le montre l'inquiétude de Trump sur ce sujet", a commenté Carlo Alberto De Casa, analyste chez ActivTrades.
Pour les réserves arrêtées au 28 septembre, les analystes s'attendent à une hausse des stocks de brut de 1,5 million de barils, de 1,25 million de barils de ceux d'essence et à une baisse de 1,25 million de barils des réserves d'autres produits distillés (fioul de chauffage et gazole), selon la médiane d'un consensus compilé par Bloomberg.
Il est à noter qu'en janvier 2018, le prix du baril de Brent était de près de 69 dollars.
Quelle perspective d'évolution du Brent?
Lors de la réunion du Conseil de Bank Al-Maghrib, tenue le mardi 25 septembre, l'évolution des cours des matières premières a été analysée.
Bank Al-Maghrib anticipe une baisse en 2019. Après une moyenne de 54,4 $/bl en 2017, le cours du Brent avoisinerait 69,8 $/bl en 2018, avant de revenir à 63,8 $/bl en 2019.
Par ailleurs, Bank of America Merrill Lynch -une division de banque d'investissement américaine multinationale sous les auspices de Bank of America- a relevé ses prévisions de prix du Brent pour l’année prochaine, évoquant une réduction des exportations iraniennes plus importante que ses prévisions antérieures, en raison d’une attitude plus agressive des États-Unis, selon Reuters.
La banque table désormais sur un Brent en 2019 à 80 dollars le baril au lieu de 75 dollars.
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