Climat d'investissement: Un rapport du Département d'Etat US analyse les atouts et insuffisances du Maroc
Dans un nouveau rapport, le Département d'Etat des Etats-Unis se penche sur le climat d'investissement dans 170 pays, dont le Maroc. Les détails.
Le département US aborde différents sujets, dont l'ouverture aux investissements étrangers, les systèmes juridiques et réglementaires, le règlement des différends, les droits de propriété intellectuelle, la transparence, la corruption...
Le rapport estime que "le Maroc jouit d'une stabilité politique, d'une infrastructure solide et d'un emplacement stratégique, ce qui lui permet de devenir une base de fabrication et d'exportation pour les entreprises internationales".
Investissements étrangers
"Le Maroc encourage et facilite activement les investissements étrangers, à travers la libéralisation du commerce, l'incitation à l'investissement et des réformes structurelles".
"Le plan global de développement économique marocain cherche à tirer profit de son statut de nation multilingue à vocation tri-régionale (vers l'Afrique subsaharienne, le Moyen-Orient et l'Europe) pour transformer le pays en un centre d'affaires régional. Le gouvernement marocain a mis en œuvre une série de stratégies visant à stimuler l'emploi, à attirer les investissements étrangers et à améliorer la performance et la production dans les principaux secteurs générateurs de revenus, tels que l'automobile et les industries aérospatiales.
Avec sa stratégie lancée en 2014, le Maroc "vise à créer 500.000 nouveaux emplois dans le secteur manufacturier d'ici 2020 en ciblant des niveaux plus élevés d'investissement direct étranger (IDE). Entre 2008 et 2016, les IDE au Maroc ont augmenté en moyenne de 4,4% par an", poursuit le rapport.
Le département d'Etat américain ajoute également que "le retour du Maroc à l'Union africaine en janvier 2017 et la mise en place de la Zone de libre-échange africaine en mars 2018 ont permis au Royaume de continuer à promouvoir les investissements et le commerce étrangers et à accélérer le développement économique".
Au total, "le Maroc a ratifié 68 traités bilatéraux d'investissement pour la promotion et la protection des investissements et 60 accords économiques visant à éliminer la double imposition des revenus ou des gains, y compris avec les États-Unis et la plupart des pays de l'UE".
Le rapport rappelle aussi que "l'accord de libre-échange du Maroc (ALE) avec les États-Unis est entré en vigueur en 2006, éliminant immédiatement les droits de douane sur plus de 95% des biens de consommation et industriels. Pour un nombre limité de produits, les tarifs seront supprimés progressivement jusqu'en 2030".
"Depuis l'entrée en vigueur de l'ALE entre les États-Unis et le Maroc, le commerce bilatéral global a augmenté de plus de 300%, faisant des Etats-Unis le quatrième partenaire commercial du Maroc. Les gouvernements américain et marocain travaillent en étroite collaboration pour intensifier le commerce et l'investissement grâce à des consultations de haut niveau, au dialogue bilatéral et au Forum annuel américano-marocain sur le commerce et l'investissement".
Toutefois, "Malgré les améliorations significatives de l'environnement commercial du Maroc, le manque de main-d'œuvre qualifiée, la faible protection des droits de propriété intellectuelle, l'inefficacité de la bureaucratie gouvernementale et la lenteur de la réforme réglementaire restent des défis pour le Maroc", souligne le rapport.
Chômage
Le département US souligne qu'un grand nombre de Marocains sont diplômés, mais sont incapables de trouver un emploi correspondant à leur éducation et à leur formation. Les employeurs se plaignent quant à eux du manque et d'inadéquations de compétences.
"Les compétences acquises par les diplômés ne sont souvent pas transférables à un environnement de travail réel, ce qui crée des écarts entre l'offre et la demande de compétences. Depuis 2011, le gouvernement marocain a restructuré l'Agence nationale pour la promotion de l'emploi et des compétences (ANAPEC), afin d'aider les nouveaux diplômés à trouver un emploi dans le secteur privé.
L'Office de la formation professionnelle et de la promotion de l'emploi (OFPPT) a également lancé fin 2013 l'Institut spécialisé des métiers de l'aéronautique et la logistique aéroportuaire (ISMALA) à Casablanca pour proposer une formation technique en maintenance aéronautique.
En avril 2018, le gouvernement marocain a lancé un plan national de promotion de l'emploi. Selon les chiffres publiés par Bank al-Maghrib, le chômage en 2017 était de 10,2%, le chômage chez les jeunes âgés de 15 à 24 ans atteignant 40,8% dans certaines régions du Maroc.
Régularisation des migrants
"Le gouvernement marocain a régularisé plus de 20.000 migrants subsahariens depuis 2014 et étudie actuellement plus de 26.000 nouvelles demandes pour régulariser un deuxième groupe de migrants".
La régularisation offre aux migrants un accès légal à l'emploi, aux services de l'emploi, à l'éducation et à la formation professionnelle. La majorité des migrants subsahariens qui ont bénéficié du programme de régularisation travaillent dans des centres d'appels et des instituts d'enseignement, s'ils ont de bonnes bases en français ou en anglais.
Corruption
Dans l'indice de perception de la corruption 2017, publié par Transparency International (TI), le Maroc a progressé de trois points par rapport à l'année précédente (de 37 à 40 points) et a gagné neuf places au classement (du 90e au 81e rang sur 180 pays), rappelle le rapport.
Rappelons que parmi les secteurs les plus touchés par la corruption figurent notamment la justice, l’immobilier, la police, l’administration et la santé.
L'Instance centrale pour la prévention de la corruption (ICPC) est l'agence chargée de lutter contre la corruption au Maroc. En 2015, le parlement a élargi le pouvoir du CIPC, lui permettant de mener des enquêtes sur les allégations de corruption.
En 2010, le CIPC a mis en place un portail sur internet pour dénoncer les cas de corruption. En plus du CIPC, le ministère de la Justice et la Cour de comptes peuvent également se pencher sur le sujet.
Le rapport signale toutefois que le Maroc n'a pas de loi sur les conflits d'intérêts.
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