Digital: Une offre de formation de qualité fait encore défaut au Maroc
La 6ème édition de la Conférence internationale sur les systèmes en réseaux (NETYS'2018) a clôturé ses travaux vendredi 11 mai. Blockchain, sécurité informatique et intelligence artificielle étaient au cœur des débats, avec la présence de sommités mondiales du domaine. Le Maroc est-il bien positionné pour s’inscrire dans cette révolution numérique? Eléments de réponse…
Plus de 150 chercheurs issus des 4 coins du globe se sont donné rendez-vous à la Cité des Alizées, dont une vingtaine de professeurs venus du MIT, de Harvard, d’universités indiennes…
Parmi eux, un certain Maurice Herlihi. Si son nom est peu connu du grand public, ce professeur américain a contribué à modeler le visage de l’informatique moderne. Ayant pratiquement remporté tous les prix de recherche qui existent, il a co-développé la notion de "mémoire transactionnelle logicielle", à l’origine d’une toute nouvelle génération de processeurs Intel et IBM.
Quid des chercheurs marocains? Très peu présents lors des premières éditions, leur nombre s’étoffe au fil des années, à en croire les organisateurs de cette conférence internationale. "Il faut que les publications de recherche soient validées pour être partie prenante au NETYS et sur ce point-là, les chercheurs marocains sont soumis au même niveau d’exigence que leurs homologues étrangers", précise Rachid Guerraoui, l’un des promoteurs du NETYS et professeur d’algorithmique à l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL).
Pour ce chercheur, le Maroc est paradoxalement bien positionné pour tirer parti de la révolution numérique: "beaucoup de choses restent à faire. C’est comme une feuille blanche, implémenter aujourd’hui des solutions numériques est plus facile, et surtout moins coûteux que d’essayer de rattraper son retard demain".
En matière d’applications concrètes des technologies digitales, le Pr Guerraoui cite notamment les exemples suivants pour le Maroc:
-La démocratisation des smartphones ouvre la voie à des applications intéressantes. Un agriculteur au fin fond du Royaume peut bénéficier d’expertises en matière d’utilisation d’engrais, de choix de semence ou de techniques d’irrigation.
-En télémédecine, les applications sont tout aussi prometteuses. "Un ordinateur peut détecter un cancer de la peau plus efficacement que les meilleurs dermatos du monde, et ce en se basant sur une simple photo ! On peut tout à fait procéder à l’installation de stations informatiques dans des dispensaires reculés, pour établir des diagnostics grâce à l’intelligence artificielle’’.
Doit-on craindre des destructions d’emplois ? "Les technologies numériques feront disparaitre des emplois, tout en favorisant les opportunités pour en créer d’autres. Exactement comme lors de l’avènement de la révolution industrielle, les gens vont se reconvertir. C’est un processus inévitable".
Prendre le train de la révolution numérique nécessite tout de même des prérequis, en tête desquels vient la formation. S’il se félicite de la qualité de la recherche dans des établissements tels que l’université Cadi Ayyad ou encore l’Université Mohammed VI polytechnique, Rachid Guerraoui appelle à une offre de formation plus "sérieuse".
"Le Maroc connait une prolifération d’offres de formation dans le digital, sauf que beaucoup d’entre elles mettent en avant des technologies "à la mode", sans consacrer le temps nécessaire à la compréhension des fondamentaux scientifiques de cette technologie. Il y a parfois aussi un peu d’opportunisme, aussi bien parmi les instituts de formation qu’au sein de certains cabinets de conseil.
Pour dire les choses telles qu’elles sont: beaucoup de consultants et de formateurs en technologies numériques sont très loin d’en maitriser les contenus, et induisent en erreur leurs clients en leur vendant du vent".
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