Maroc-Arabie Saoudite: le temps de la froidure?
Turki Al-Sheikh, président de l'instance saoudienne du sport et de la Fédération arabe de football, en remet une couche. Conseiller au cabinet royal saoudien, avec rang de ministre, ses sorties ne peuvent être que politiques et la seule lecture qui peut en être faite l'est également.
L'Arabie saoudite n'est pas un pays où les déclarations peuvent se multiplier à la légère. C'est un pays où le verbe est mesuré et où les propos ne dépassent jamais une limite, surtout lorsqu'il s'agit d'un allié de longue date qui s'appelle le Maroc.
Le 13 mars, Turki Al-Sheikh a donné à un journal saoudien des déclarations [questions 7, 8 et 9] qui sonnaient comme une menace à l'égard de la candidature marocaine. Il y annonçait que l'Arabie saoudite allait voter en fonction de son seul intérêt.
Ce 18 mars, il est revenu à la charge, cette fois-ci sur son compte twitter. Il a été plus précis.
"Aucun pays n’a demandé le soutien de l’Arabie saoudite pour l’organisation du Mondial 2026, et le cas échéant, nous chercherons notre intérêt en premier", écrit-il, en faisant allusion aux candidatures du Maroc d'un côté, du trio Canada, USA et Mexique de l'autre.
لم يطلب أحد أن ندعمه في ملف 2026
وفي حال طُلب منا سنبحث عن مصلحة المملكة العربية السعودية أولا...
اللون الرمادي لم يعد مقبولا لدينا ...!— تركي آل الشيخ (@Turki_alalshikh) 18 mars 2018
Quelques heures après, il revient à la charge, et indique implicitement que le Maroc ne fait que perdre son temps en sollicitant le soutien du Qatar, cet Etat miniature. Selon lui, le Royaume ferait mieux de s'adresser à Riyad. Le ton surtout, surprend. Un conseiller du cabinet royal saoudien ayant rang de ministre, peut-il utiliser pareil ton, impérieux, condescendant? L'usage du "tu" pour un pays allié, signifie en langue arabe, la volonté de lui intimer un ordre, ou de lui faire la leçon.
هناك من اخطى البوصلة اذا اردت الدعم فعرين الاسود في الرياض هو مكان الدعم، ماتقوم به هو اضاعة للوقت دع "الدويلة" تنفعك...! رساله من الخليج ل المحيط .
— تركي آل الشيخ (@Turki_alalshikh) 18 mars 2018
Ces déclarations apportent un éclairage sur la raison qui a poussé le ministre-conseiller à menacer de ne pas donner la voix saoudienne à la candidature du Maroc. Cette raison est politique. Elle concerne la position du Maroc dans la crise entre des pays du Golfe et le Qatar. Elle signifie que la position marocaine de neutralité n'est pas acceptée.
La région est plongée dans une profonde crise diplomatique depuis que l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et Bahreïn ont, en même temps que l'Egypte, rompu le 5 juin 2017 avec Doha et pris des sanctions économiques contre le Qatar, qu'ils accusent de soutenir le "terrorisme" et de se rapprocher de l'Iran.
Quelques jours plus tard, le Maroc avait affirmé par communiqué officiel, une position de "neutralité positive", proposant ses bons offices.
Le 25 janvier dernier, Nasser Bourita donnait une déclaration à la presse affirmant que les relations entre les deux pays sont enracinées et vigoureuses et que [le MAroc] refuse qu'y soit porté atteinte. Il réagissait à la publication d'un dessin jugé malveillant à l'encontre de l'Arabie saoudite.
Le 12 mars 2018, lors de la 7e session de la haute commission mixte de coopération maroco-qatarie, Rabat et Doha ont signé 11 nouveaux accords.
Le Maroc s'est engagé militairement dans la guerre en Syrie et dans la guerre du Yémen, perdant un F-16 et son pilote.
Pour rappel, le Maroc aura besoin de 104 voix pour accueillir cette compétition. L'annonce du nom du pays hôte se fera le 13 juin prochain.
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