Talbi Alami veut moderniser la gestion des colonies de vacances
Réveiller à trois heures du matin des enfants de 8 ans, pour qu’ils accomplissent la prière d’Al-Fajr. Une pratique parmi d’autres, commises dans les colonies de vacances, accuse le ministre de la Jeunesse et des sports. Rachid Talbi Alami les a vivement critiquées le mercredi 7 février.
Les faits
Dans une conférence de presse tenue à Rabat, le ministre de la Jeunesse et des sports n’y est pas allé par quatre chemins: en plus de stigmatiser des conditions d’hygiène et de nutrition médiocres, que les enfants doivent supporter dans certaines colonies de vacances, Talbi Alami n’a pas hésité à épingler des activités, comme le fait "d’obliger les enfants en bas-âge, à faire la prière du vendredi, durant plus de trois heures sous un soleil de plomb", ou encore, "astreindre chaque soir, les mêmes enfants à de longues veillées religieuses, où ils apprennent et récitent d’interminables chants religieux" (photos).


Un nouveau modèle de gestion des colonies de vacances
Contacté par Médias24, M. Alami a d’abord tenu à placer les choses dans leur contexte:
Son ministère initie un nouveau modèle de gestion des colonies de vacances, afin de les rendre plus attractifs et plus formateurs.
Le ministre rappelle que la colonie de vacances est le deuxième établissement fréquenté par les enfants, après l’école. Ils n’y passent que 12 jours en moyenne par an, mais c’est une intense période d’apprentissage. Séparés de leurs familles, les enfants peuvent y forger leurs propres personnalités.
Pour participer positivement à l’éducation des enfants, les colonies doivent suivre désormais un cahier de charge précis, qui obligera les participants, à des activités parascolaires diversifiées, pour le bien-être des enfants. Alami précise qu’il n’est pas contre l’exercice de la prière et autres pratiques religieuses, mais qu’il est pour une diversification des activités.
Les actions
>>Jusqu’en 2017, les enfants étaient accueillis dans des établissements scolaires ou dans des camps improvisés de tentes plantées au milieu des champs. Le ministre Alami décide de construire des chalets en dur, des cuisines professionnelles, des dortoirs correctement équipés, des terrains de sport et des salles de formation.
Il compte ouvrir en deux ans, vingt colonies aux normes, réparties sur les différentes provinces du royaume. Des appels d’offres sont déjà lancés dans ce sens. Ces investissements permettront d’accueillir 200.000 enfants en 2018 et 50.000 de plus en 2019. C’est plus que le triple des bénéficiaires, de l’an 2017.
>> En collaboration étroite avec les associations et leurs fédérations, le ministère a mis au point des cycles de formation pour les encadrants, dans diverses disciplines, tel que le théâtre, la peinture ou la poésie, capables d’épanouir les jeunes générations.
>> Le ministère va dépêcher des contrôleurs pour vérifier la bonne marche et la conformité des colonies, par rapport au programme-cadre, prédéfini par le ministère. Cette nouvelle mesure tranche avec le "laisser-aller" des années précédentes. En effet, les pouvoirs publics avaient tendance à se décharger complétement sur les associations, pour l’organisation et la gestion des colonies, se limitant à participer financièrement à leurs frais de fonctionnement.
>> Cet ambitieux programme sera financé, à hauteur d’un milliard de dirhams, par les ressources ordinaires du ministère et ne nécessitera pas le recours aux financements privés (associations caritatives,….etc.). Cette autonomie financière conforte la volonté des pouvoirs publics, à prendre en main le secteur des colonies, à y imposer leur stratégie et leur nouveau modèle de gestion.
Les résistances
Comme d’habitude, des activistes réfractaires à la modernisation de la société, ont déclenché une campagne d’intimidation pour faire abandonner au ministre, le projet de moderniser les colonies de vacances.
Des internautes ont extrait les passages polémiques, de l’enregistrement originel et les ont diffusés à large échelle, en vue de manipuler les citoyens et les porter à condamner le ministre et son projet de réforme, en faisant croire qu'il s'oppose aux prières tout court.
Même le porte-parole du gouvernement, El Khalfi ne s’est pas privé de lancer une pique à son collègue dans le gouvernement, en déclarant lors d'une conférence de presse officielle, que la prière d’Al fajr existait bien avant les partis politiques.
Un autre genre de résistance risque d’entraver l’avancée des réformes. Il s’agit des personnes, au sein du ministère et des associations, qui profitent matériellement, du laxisme de l’administration et son absence de contrôle des ressources allouées aux colonies de vacances.
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