Enseignement préscolaire: ce qui ne va pas selon le Conseil supérieur de l'éducation
Près de 700.000 enfants sont privés de l'enseignement préscolaire au Maroc. Le Conseil pointe du doigt plusieurs problèmes dont la multiplicité des intervenants, l'absence d'un cadre juridique global et la prédominance de l'appât du gain.
Le Conseil supérieur de l'éducation, de la formation et de la recherche scientifique a présenté, ce mercredi 7 février, son avis sur l'éducation préscolaire.
"L'objectif de cet avis est de présenter des recommandations visant la généralisation obligatoire et progressive" de cet enseignement, que le Conseil voudrait "gratuit ou de qualité", note, dans un communiqué, l'instance présidée par Omar Azziman.
Chiffres à l'appui, le Conseil relève "une évolution en dents de scie de l'effort de généralisation". Tous établissements confondus, l'enseignement préscolaire "accueille près de 658.789 enfants". Un décompte qui "englobe les enfants de moins de 4 ans et ceux de plus de 5 ans."
Seulement voila, "la catégorie d'âge de 4 à 5 ans révolus compte 588.040 enfants, sur un total national de 1.342.385 enfants, soit 43,8% seulement qui fréquentent des établissements préscolaires", rapporte la même source, citant les statistiques 2015-2016 du ministère de l'Education. "Environ 700.000 enfants sont privés de cet enseignement", précise Aziz Kaïchouh, rapporteur de la commission permanente de l'Education-formation pour tous et de l'accessibilité.
Le "non-respect par l'Etat de ses engagements en matière de mise en œuvre des dispositions de la Charte nationale d'éducation-formation" est en ce sens pointée du doigt. A ce titre, le Conseil recommande la mise en place d'une obligation légale, pour l'Etat et les familles, du préscolaire pour tous les enfants âgés de 4 à 5 ans, et ce dans un délai de 10 ans.
Les collectivités territoriales sont également sollicitées dans l'effort de généralisation.
Un cursus intégré
Une autre recommandation tend à rattacher l'enseignement préscolaire à l'enseignement primaire. Le Conseil propose en effet "un cursus intégré". Au vrai, il ne s'agit pas d'une nouveauté. Dès 2004, cette proposition avait été contenue dans la Charte nationale de l'éducation et de la formation, "mais malheureusement, au niveau de l'exécution, l'intégration du préscolaire dans le primaire a constamment été reportée", regrette Mohamed Noureddine Afaya, membre de la même commission permanente.
"La multiplicité des intervenants dans ce secteur" préoccupe également les rédacteurs de l'avis. "Des institutions aux perspectives, des objectifs divergents interviennent" dans cet enseignement, observe M. Afaya. L'absence d'un cadre juridique global et unifié y est pour quelque chose. Dans son avis, le Conseil appelle à l'instauration d'un "cadre" et d'une "tutelle" uniques. Sur ce deuxième point, M Kaïchouf se montre clair: "Le ministère de l'Education est, de manière incontestable, le département chargé de l'enseignement préscolaire."
Pour sa part, M. Afaya rappelle que "l'éducation et l'enseignement sont, de manière générale, des questions politiques et sociétales". Des questions qui, donc, transcendent les considérations" idéologiques" ou "partisanes".
D'autres écueils sont diagnostiqués par le Conseil, qui relève une pénurie en établissements, capables d'accueillir les enfants durant la période de la petite enfance; l'incohérence des programmes et méthodes suivis, tant en matière d'éducation que de management, selon les établissements et les organismes; l'absence d'encadrement et de règlementation des établissements de l'enseignement préscolaire et des espaces d'accueil des enfants, ou encore, la prédominance, parmi les investisseurs dans ce domaine, de l'appétit du gain.
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