Remaniement ministériel: Le PPS dans l'expectative
Près de trois mois après le limogeage de ses deux ministres, le parti du livre qui a proposé plusieurs remplaçants au Chef du gouvernement attend toujours d’être fixé sur le sort de ses candidats. Deux de ses dirigeants affirment à Médias24 qu’ils ignorent les raisons de ce retard et qu’en fonction de la décision finale, le parti devra s’interroger sur son avenir dans la majorité actuelle.
Le retard dans le remaniement ministériel ouvre de nombreuses hypothèses. Les postes qui doivent être pourvus sont très sensibles: Santé, Education et Habitat. Pour le moment, ils sont dirigés par des intérimaires. En fait, c'est la technostructure qui tient la maison. Une situation qui n'est concevable sur une longue durée.
Différents échos proches des milieux politiques mettent en cause les profils présentés par les deux partis concernés, MP et PPS et leur adéquation avec la dimension stratégique des postes.
Pour ce qui concerne le PPS, les six candidats (trois par poste) désignés par le bureau politique et le secrétariat général pour remplacer les ex-ministres Nabil Benabdellah et Houcine Louardi attendent toujours une décision de validation ou pas.
Agenda royal surchargé ou profil de ministrables qui ne correspondent pas aux postes à pourvoir, Ismaïl Alaoui et Khalid Naciri s’interrogent sur le blocage dont la durée impacte le travail de deux grands ministères.
"Il est faux de dire que Nabil Benabdellah, Ismaïl Alaoui et moi-même avons concocté seuls une liste de remplaçants pour résoudre l’équation car c’est le bureau politique et le secrétaire général qui avaient cette charge", tient tout à corriger Khalid Naciri, membre influent du bureau politique du PPS.
Interrogé sur les raisons du blocage actuel qui s’éternise depuis le dépôt de la liste PPS en novembre dernier, notre interlocuteur se dit dans un premier temps incapable de répondre à cette question.
"Je n’ai pas encore d’information précise. Nous avons livré les noms demandés mais la décision finale dne nous revient pas car constitutionnellement, nous ne sommes pas en mesure de les imposer.
"Certains avancent que leur profil n’a pas plu mais de notre côté, nous estimons qu’ils remplissent toutes les conditions appropriées. L’avenir nous dira s’ils conviennent ou pas mais d’ici là, nous envisageons toutes les hypothèses même si aujourd’hui, nous refusons de spéculer", déclare l’ancien ministre de la communication.
Devant notre insistance, il consent à révéler que son parti a anticipé le cas où ses candidats ne seraient pas retenus et que des technocrates ou membres d’autres partis soient nommés à leurs places: "Nous sommes prêts à tous les scénarios mais le PPS ne peut rien dire avant", conclut Naciri.
Si le PPS quitte le gouvernement, il aura le choix entre garder son soutien parlementaire au cabinet Elotmani sans en faire partie ou rejoindre les rangs de l’opposition.
Pour l’ancien secrétaire général Ismaïl Alaoui, le blocage gouvernemental est tout aussi inexplicable que pour son camarade même s’il pense que le problème devrait se dénouer lors du retour du Roi.
"Nous ne sommes pas les seuls à attendre d’avoir une réponse vu que le Mouvement populaire est dans le même bateau. Je n’ai aucune explication rationnelle même si les rumeurs font état de profils ministrables qui ne conviennent pas en haut lieu. Je tiens à démentir ces allégations car nos candidats n’ont jamais été en deçà des attentes en termes de responsabilité d’Etat", s’interroge Alaoui qui précise ne pas avoir participé au choix du casting soumis au Chef du gouvernement.
A la question de savoir si le PPS était prêt à proposer d’autres noms de ministrables en cas de rejet des 6 premiers, le président du conseil de la présidence du PPS affirme que le Chef de l’exécutif n’a pas demandé officiellement aux instances décisionnaires du parti une nouvelle liste de candidats.
"Je ne vois pas pourquoi on demanderait d’autres profils mais ça n’est que des supputations car nous n’avons aucune information précise sur le sort de la première liste. Je pense que c’est simplement une question d’agenda royal et que lorsque Sa Majesté sera au Maroc, nous serons fixés.
"N’étant plus dans les instances décisionnaires, je refuse de dire ce que le PPS fera si ses candidats ne sont pas retenus dans la coalition gouvernementale. Même à titre personnel, je ne sais pas s’il faudra s’incliner devant cet éventuel boycott ou en tirer d’autres conclusions", conclut Alaoui.
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