Dialogue social: Report de la réunion entre Yatim et les syndicats
La réunion de cadrage qui allait marquer la reprise du dialogue social - prévue ce lundi 25 décembre, a été reportée au lendemain mardi pour cause de non disponibilité du ministre de l’Emploi Mohamed Yatim, nous apprend Enaam Mayara, SG de l’UGTM.
Les principales centrales syndicales présenteront leurs revendications dans un climat de défiance envers le gouvernement, qu’ils accusent de faire la sourde oreille à leurs doléances.
"Depuis le premier gouvernement Benkirane en 2011, l’exécutif fait trainer le cadrage des revendications pour gagner du temps, tout en refusant d’appliquer certains engagements pris dans le cadre de l’accord du 26 avril 2011" déplore Abdelkader Zaïr, SG adjoint de la CDT.
Même constat du côté de l’UGTM. Son SG – Enaam Mayara, estime que trop de temps a été perdu à ‘’cadrer’’ les revendications syndicales. "Le premier round de dialogue social a été initié en octobre 2017 mais depuis, on ne constate aucune avancée. En dépit du discours officiel, rien n’indique que le dialogue social soit une priorité pour ce gouvernement".
Plus de revenus, plus de libertés syndicales
Cela n’empêchera pas les principales centrales syndicales de présenter mardi leurs revendications, qui reposent essentiellement sur l’amélioration du revenu et la préservation des libertés syndicales.
Sur la question des revenus, le SG de l’UGTM identifie trois axes d’intervention: l’augmentation pure et simple des salaires, la réduction des impôts, ou encore la majoration des cotisations sociales.
Interrogé par Médias 24 sur la faisabilité de ces mesures dans la conjoncture économique actuelle, Enaam Mayara estime que "cela est possible si l’on instaure une meilleure gouvernance. Le gouvernement actuel s’endette plus que de raison, alors que les milliards dédiés à l’investissement public ne créent pas le volume d’emplois escompté. Si des restrictions budgétaires sont à l’ordre du jour, alors que le gouvernement ait le courage de le déclarer. Mais qu’on arrête de dire aux Marocains que le volet social est une priorité nationale".
Une position que partage le responsable syndicaliste de la CDT. "On ne pourra pas endiguer la précarité sociale par des mesures qui viennent aggraver la précarité des travailleurs. Les prix s’envolent, la situation périclite et nous ne sommes pas à l’abri d’un nouveau drame comme celui d’Essaouira", avertit Abdelkader Zaïr.
‘’Gouvernement pro-patronat’’
Les syndicalistes comptent également interpeller le gouvernement sur le non-respect des libertés syndicales et la recrudescence des licenciements abusifs. "Nous avons constaté plusieurs violations du code du travail, avec des entreprises qui se sont séparées d’employés dont le seul tort est d’avoir constitué un bureau syndical".
Ce nouveau round du dialogue social risque d’être tendu, entre un gouvernement dirigé par un parti qui a fait de la question sociale son principal cheval de bataille électorale, et des syndicalistes qui reprochent à ce même gouvernement son manque de courage politique.
La bataille va aussi se mener sur un autre front, celui des employeurs. Le SG adjoint de la CDT estimant même que "ce gouvernement est pro-patronat, et fait la sourde oreille aux revendications syndicales".
Du côté de l’UGTM, on nous confirme que les syndicalistes comptent faire front commun pour contrer certaines réformes demandées par le patronat, notamment celles portant sur la flexibilité du travail. "Il faut d’abord instaurer un cadre propice à l’application de la flexibilité du travail. Sous d’autres cieux, l’Etat verse à l’employé une indemnité pendant sa période d’inactivité, et lorsqu’il reprend le travail, son salaire est valorisé de 7%. Nous ne sommes pas contre le principe, mais il faut être vigilant pour que cette flexibilité ne vienne pas aggraver la précarité des employés", souligne Enaam Mayara.
Pris entre l’étau des syndicats et du patronat, le gouvernement dirigé par El Othmani saura-t-il être à la hauteur de ses promesses électorales? Il faudra attendre les semaines qui suivent pour être fixés sur ce point, bien que ce nouveau round du dialogue social s’annonce d’ores et déjà en demi-teinte à en croire les syndicalistes…
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