img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
ECONOMIE

Agriculture/ Retards des pluies. Doit-on commencer à s’inquiéter?

Peut-on parler de retard des pluies alors que nous sommes à peine à la première décade du mois de novembre? Les professionnels que nous avons contactés disent que oui et tirent d’ores et déjà la sonnette d'alarme. 

Agriculture/ Retards des pluies. Doit-on commencer à s’inquiéter?
Nabila Fathi
Le 10 novembre 2017 à 17h51 | Modifié 10 novembre 2017 à 17h51

"Nous sommes entrés dans une phase très inquiétante, au point d’espérer une campagne à peine moyenne. Il y a une semaine, on se comparait à l’année dernière qui a, néanmoins, connu quelques précipitations en octobre. Mais depuis quelques jours, on tend vers le scénario d’il y a deux ans", analyse un expert du secteur. .

"Les niveaux actuels des barrages sont inquiétants. Ils sont nettement inférieurs à ceux de la même période de l’année dernière. Les effets  commencent à se faire sentir au niveau de certaines cultures comme l’olivier où les estimations annoncées il y a quelques semaines pourront être revues à la baisse. Aussi, des régions comme Tadla, Melouiya, Doukkala, Haouz… pourraient ne pas être emblavées. Et pour couronner le tout, notons les baisses des réserves de la nappe phréatique", ajoute notre source.  

Le bour défavorbale doublement pénalisé 

Pour analyser l’impact du retard des pluies sur l'agriculture, il faut d’abord faire la distinction entre les deux types de d'exploitations que compte le Maroc d’une manière globale, comme expliqué ci-dessous par Abdelmoumen Guennouni, ingénieur agronome :

-Le bour favorable situé dans les principales régions céréalières, à savoir le Gharb, le Saiss, Chaouiya… avec des niveaux de production assez importants.

Dans ces zones, la terre est travaillée systématiquement, soit après la récolte pour préparer l’année d’après, soit plusieurs fois courant l’année suivante si le choix est fait de laisser reposer le sol (pratique de la jachère).

Autrement dit, les retards des pluies ne bloquent pas le labour de la terre qui est préparée dans tous les cas de figure et attend l’arrivée  des pluies.  Les semis commencent également en novembre.

-Le bour défavorable situé  dans les zones où l’agriculture est plus impactée par les conditions pédoclimatiques (realtives au sol). Il s’agit par exemple du sud de la Chaouia, du Haouz, Doukkala-Abda, où la production céréalière est modeste. Ces régions sont dominées par les cultures de l’orge, céréale réputée plus résistante et mieux adaptée aux besoins de l’élevage, spécialité de ces zones.

"Généralement, ce sont des régions connues pour l’élevage ovin et bovin. Après la moisson de l’année, place aux parcours pour le bétail. Résultat: le sol durcit pour deux raisons: 1-la terre n’est pas travaillée après la récolte car transformée en parcours pour le bétail. 2-Le bétail tasse la terre et acentue son durcissement", ajoute M. Guennouni.

En d’autres termes, les exploitants agricoles sont dans l’obligation d’attendre les pluies qui sont à même de "ramollir" le sol pour pouvoir le travailler. "Ils ne peuvent pas toucher le terrain, tellement il est dur", explique-t-il. .

Plus la pluie tarde, plus elle entraîne un raccourcissement du cycle, sachant qu’un cycle normal démarre en novembre et se termine en mai -depuis le semis jusqu’à la moisson-.

Un mois de perdu impacte la plante qui n’a pas suffisamment de temps pour se développer normalement. Résultat: le nombre de plantes diminue agissant négativement sur le rendement et donc la récolte.  

Et si le retard se poursuit?

"Je refuse d’y penser. C’est déjà difficile comme ça", répond, d'une voix blanche, un grand exploitant agricole.  

"Les sites météorologiques internationaux ne prévoient pas de pluies jusqu’à fin novembre. Ce qui est sûr, c’est qu’il n’y aura pas de précipitations d’ici la mi-novembre", selon M. Guennouni.  

"Nous partons donc avec un handicap majeur, celui du retard. Pour les mois suivants et notamment  à partir de janvier, la pluie doit être bien répartie pour que le sol puisse accumuler des réserves importantes en eau. Ce sont elles qui permettront au grain de céréales de germer", explique cet ingénieur agronome.  

S’achemine-t-on donc, comme certains le prédisent, vers le schéma de la campagne 2015/2016?

" D’après mon expérience personnelle, chaque année est particulière avec son lot d’événements inattendus. J’ai essayé de définir une année type que le fellah pourra prendre pour référentiel, de faire ses prévisions et d'agir en conséquent en faisant des extrapolations, mais cette tache est extrêmement difficile avec le réchauffement climatique qui devient évident", ajoute M. Guennouni.

On tend, si on n'y est pas déjà, vers des extrêmes: plus de sécheresses et plus d’inondations, conduisant à un climat aride, notamment dans certaines régions comme celles du bour défavorable où le cumul des précipitations frôle les 150-200mm, l’équivalent de 24h de pluie dans certains pays européens.  

À découvrir

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Nabila Fathi
Le 10 novembre 2017 à 17h51

à lire aussi

Campagne céréalière 2026 : 90 millions de quintaux attendus, 15 millions visés en stockage
AGRICULTURE

Article : Campagne céréalière 2026 : 90 millions de quintaux attendus, 15 millions visés en stockage

Le nouveau dispositif de commercialisation des céréales fixe un objectif de stockage ambitieux de 15 millions de quintaux, soit 17% de la production prévisionnelle pour la campagne 2026. Le prix référentiel du blé tendre est fixé à 280 dirhams le quintal, avec des primes de magasinage prévues entre le 1er juin et le 31 juillet 2026.

Législatives 2026 : réunion avec les médias publics sur la couverture du scrutin
Quoi de neuf

Article : Législatives 2026 : réunion avec les médias publics sur la couverture du scrutin

Les responsables des chaînes et radios publiques ont été appelés, le vendredi 15 mai 2026, à renforcer les contenus de sensibilisation autour de l’inscription sur les listes électorales, de la participation des jeunes et de l’implication des partis politiques avant le vote prévu le 23 septembre 2026.

Deux affiliés présumés à Daech interpellés à Midelt et Youssoufia
Quoi de neuf

Article : Deux affiliés présumés à Daech interpellés à Midelt et Youssoufia

Âgés de 19 ans, les deux suspects auraient prêté allégeance au prétendu émir de l’organisation État islamique et projeté, selon le BCIJ, des actions relevant du "jihad en solitaire" contre des personnes, l’ordre public et des installations vitales.

OFPPT : 65 nouvelles filières, 3 nouvelles Cités des métiers et 6,3 milliards de DH pour le plan d'action 2026
EDUCATION

Article : OFPPT : 65 nouvelles filières, 3 nouvelles Cités des métiers et 6,3 milliards de DH pour le plan d'action 2026

Nouvelles filières liées aux métiers émergents, achèvement des Cités des métiers et des compétences, développement du secteur aéronautique et renforcement de la cybersécurité... Le plan d’action 2026 de l’OFPPT fixe les grandes priorités de l’Office, pour un budget estimé à 6,31 milliards de DH.

Maroc-Éthiopie (CAN U17) : quelle heure, quelles chaînes
Quoi de neuf

Article : Maroc-Éthiopie (CAN U17) : quelle heure, quelles chaînes

Après une entrée en matière décevante face à la Tunisie, la sélection nationale marocaine U17 affronte l’Éthiopie, ce samedi 16 mai 2026 au Complexe Mohammed VI de football, dans un match déjà important pour la qualification.

À Casablanca, le projet d’aménagement de la zone Lahjajma prend forme
Quoi de neuf

Article : À Casablanca, le projet d’aménagement de la zone Lahjajma prend forme

Le projet d’aménagement de la zone Lahjajma comprend un terrain de sport couvert, une piscine couverte, une mosquée, ainsi qu’un marché couvert. Il prévoit également des équipements socioculturels, un parc et un espace vert, une place publique piétonne et un parking souterrain.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité