Banque mondiale: un taux de croissance de 4,1% de l'économie marocaine en 2017
Après une piètre performance en 2016, un grand rebond de la production agricole devrait stimuler la croissance économique au Maroc en 2017, a affirmé la Banque mondiale qui table désormais sur un taux de croissance de 4,1% cette année, soit 0,3 point de plus que ce qu'elle prévoyait dans ses prévisions de juin 2017.
Dans son rapport de suivi (mercredi 11 octobre) de la situation économique d'octobre 2017, la BM explique que cette augmentation de la croissance est due à un rebond de 14,3% du PIB agricole, à la faveur d'une récolte céréalière supérieure à la moyenne, contre -11,3% en 2016, l'année qui a été marquée par une "grave sécheresse".
Concernant le taux d'inflation, il devrait s'établir à 1% en 2017 et à 1,6% en 2018, selon les prévisions de l'institution financière internationale.
Le solde opérations courantes se situerait, quant à lui, à -5,2% du PIB en 2017 et à -5,3% du PIB en 2018.
Evoquant les perspectives à court terme, la BM indique que la croissance devrait ralentir en 2018, pour se situer à 3,1%, et la création d'emplois restera faible. La bonne récolte de 2017 entraînera une diminution des effets de base en 2018. La croissance du secteur non agricole estimée à environ 3% ne suffira pas à augmenter sensiblement le taux de croissance économique.
Le déficit budgétaire continuera de se réduire
Elle estime aussi que la création d’emplois dans de nouveaux secteurs industriels et dans le secteur des services n’est pas suffisante pour absorber les nouveaux entrants.
Le déficit budgétaire continuera de se réduire dans la mesure où les autorités cherchent à le ramener à moins de 3% du PIB et à ramener la dette publique à 60% en 2021, ajoute-on.
Parmi les principales mesures budgétaires prises, la BM cite l’augmentation des recettes de la TVA et la réduction des exonérations fiscales (dans le secteur agricole), le but étant de consolider le régime fiscal des sociétés et de mieux faire appliquer les paiements d’impôts par les travailleurs indépendants et les professions libérales.
La BM relève aussi la détermination du gouvernement à réduire la masse salariale de la fonction publique, y compris les cotisations sociales, pour la ramener à 10,5% du PIB à moyen terme, notant, toutefois, que la dépendance à l’égard des importations d’énergie se fera sentir encore plus fortement, car la facture énergétique devrait augmenter.
Perspectives peu optimistes
Enfin, des perspectives économiques peu optimistes dans la zone euro et le risque persistant d’une dégradation de la situation géopolitique dans la région pourraient ralentir l’activité économique sous l’effet d’une baisse des exportations, des flux d’IDE et des transferts de fonds.
Dans son dernier rapport semestriel sur les perspectives économiques mondiales, le FMI a revu à la baisse ses prévisions de croissance du PIB du Maroc pour 2018 à 3%, contre de 3,9% projeté dans son estimation d’avril.
(Avec MAP)
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