Élections 2026 : comprendre le mécanisme des listes régionales depuis la réforme de 2021
Instituées en 2021 en remplacement de la liste nationale, les listes régionales permettent d'élire 90 des 395 députés de la Chambre des représentants. Conçues pour renforcer la représentation des femmes tout en territorialisant ces sièges, elles seront utilisées lors des élections législatives de 2026. Explications.
Depuis les élections de 2021, les députés de la Chambre des représentants sont élus selon deux modes de scrutin distincts. D'une part, 305 sièges sont pourvus dans les circonscriptions électorales locales. D'autre part, 90 sièges sont attribués au niveau de 12 circonscriptions électorales régionales, correspondant aux douze régions du Royaume.
Cette réforme, introduite par la loi organique n° 04-21 modifiant la loi organique n° 27-11 relative à la Chambre des représentants, a supprimé l'ancienne circonscription électorale nationale qui réservait 90 sièges à une liste nationale composée de femmes et de jeunes.
Douze listes, une par région
Chaque région constitue désormais une circonscription électorale spécifique, avec un nombre de sièges fixé par la loi.
La répartition est la suivante :
- Casablanca-Settat : 12 sièges
- Fès-Meknès : 10 sièges
- Rabat-Salé-Kénitra : 10 sièges
- Marrakech-Safi : 10 sièges
- Tanger-Tétouan-Al Hoceïma : 8 sièges
- L'Oriental : 7 sièges
- Béni Mellal-Khénifra : 7 sièges
- Souss-Massa : 7 sièges
- Drâa-Tafilalet : 6 sièges
- Guelmim-Oued Noun : 5 sièges
- Laâyoune-Sakia El Hamra : 5 sièges
- Dakhla-Oued Eddahab : 3 sièges
Des listes composées majoritairement de femmes
La loi impose une composition particulière des listes régionales. Chaque liste doit comprendre un nombre de candidates au moins égal aux deux tiers du nombre de sièges attribués à la région.
Surtout, les première et deuxième places de chaque liste sont obligatoirement réservées à des femmes. Ces candidates peuvent également figurer sur les listes locales si leur parti le décide.
Autre condition : les candidats présentés sur une liste régionale doivent être inscrits sur les listes électorales d'une commune située dans la région où ils se présentent.
Un bulletin distinct
Le jour du vote, chaque électeur reçoit deux bulletins :
- un pour la circonscription locale ;
- un second pour la circonscription régionale.
Les deux scrutins sont totalement distincts, même s'ils se déroulent simultanément. Les votes sont dépouillés séparément et donnent lieu à deux répartitions différentes des sièges.
Comment les sièges sont-ils répartis ?
Comme pour les circonscriptions locales, les sièges des listes régionales sont attribués selon la représentation proportionnelle.
La loi prévoit que le quotient électoral est obtenu en divisant le nombre d'électeurs inscrits dans la région par le nombre de sièges à pourvoir. Les sièges sont ensuite répartis entre les listes selon la règle du plus fort reste. Une fois le nombre de sièges obtenu par chaque parti, ceux-ci reviennent aux candidats dans l'ordre où ils figurent sur la liste.
En cas d'inéligibilité ou de décès d'un candidat après l'enregistrement de la liste, les candidats suivants remontent automatiquement dans le classement.
Pourquoi cette réforme ?
La réforme de 2021 poursuivait deux objectifs. Le premier consistait à territorialiser les 90 sièges auparavant attribués au niveau national, afin que chaque région dispose de sa propre représentation.
Le second était de pérenniser la représentation des femmes au Parlement. L'obligation de réserver les deux premières places des listes régionales à des candidates garantit, dans la pratique, qu'une part importante des élues issues de ces circonscriptions seront des femmes. En revanche, les 30 sièges réservés aux jeunes hommes dans l'ancien système ont disparu avec la suppression de la liste nationale.
Un mécanisme qui sera reconduit en 2026
À ce stade, le projet de réforme électorale présenté en 2025 (projet de loi organique n° 53.25) ne remet pas en cause l'architecture des listes régionales. Les élections législatives de 2026 devraient donc se dérouler selon le même mécanisme instauré en 2021 : 305 députés élus dans les circonscriptions locales et 90 députés élus au titre des circonscriptions électorales régionales, réparties entre les douze régions du Royaume.
à lire aussi
Article : Jumeau numérique de l'Eau : ce qu'il faut savoir sur ce pilier du Pôle TEC
Hébergé au sein de la future tour scientifique de l'EHTP, le projet de jumeau numérique de l'Eau ambitionne de créer une réplique virtuelle et actualisée du système hydrique national, des bassins versants aux nappes phréatiques. Échange avec le Pr Hassan Jarar Oulidi, expert en jumeaux numériques et porteur de ce projet à l’EHTP.
Article : Biens de consommation. Le Maroc importe de plus en plus ce qu’il pourrait produire
Les importations marocaines de produits finis de consommation ont atteint 203,5 milliards de dirhams en 2025. Elles ont augmenté de plus de 40 MMDH en seulement deux ans. Si certains de ces biens restent difficiles à fabriquer localement, une large part pourrait être produite au Maroc.
Article : Pharmacovigilance, AMM, surveillance du marché… ce qui va changer
Pharmacovigilance, surveillance du marché, autorisations de mise sur le marché… Le ministère de la Santé met en consultation publique quatre nouveaux textes destinés à moderniser le cadre réglementaire et à rapprocher le Maroc des standards de l'OMS. Détails.
Article : Botola Pro. La vague portugaise déferle sur les bancs
L’arrivée massive d’entraîneurs portugais dans le championnat marocain ces dernières semaines n’a pas manqué de surprendre. Mais ces techniciens partagent davantage une méthodologie qu’un réseau d’influence. Une tendance qui interroge forcément la place des coachs locaux.
Article : L’ONEE annonce plus de 248 MMDH d’investissements entre 2026 et 2030
Le conseil d’administration de l’ONEE a approuvé un plan d’équipement de plus de 248 milliards de dirhams sur cinq ans. L’essentiel de l’enveloppe sera consacré à l’électricité, avec une priorité donnée aux énergies renouvelables, au stockage et au renforcement des réseaux.
Article : Johnson & Johnson va débourser 5,5 milliards de dollars pour clore le contentieux sur le talc
Le groupe pharmaceutique américain Johnson & Johnson a annoncé un accord transactionnel de 5,5 milliards de dollars visant à mettre un terme à la quasi-totalité des poursuites liées à ses produits à base de talc. L'entreprise précise que ce dispositif ne concerne que le contentieux américain.