Reportage. Alzheimer, un centre unique qui ouvre la voie au Maroc
Inauguré en mai 2017 par le Roi Mohammed VI, le Centre de jour d’Alzheimer de Rabat – unique au Maroc, propose à ses patients une large palette de traitements non médicamenteux, basé essentiellement sur la stimulation cognitive. Une offre de soins amenée à se renforcer graduellement, pour faire face à une problématique de santé publique qui touche de plus en plus de Marocains.
Avec une prévalence comprise entre 3 et 5% parmi les personnes âgés de plus 65 ans, la maladie d’Alzheimer touche actuellement près de 100.000 Marocains au niveau national. Un chiffre amené à évoluer pour atteindre quelque 250.000 patients à l’horizon 2030.
C’est dans ce contexte qu’a été créé le Centre d’accueil des malades d’Alzheimer de Rabat.
Initié par la Fondation Mohammed V et géré par l’association Maroc Alzheimer, ce centre a pour vocation de renforcer l’offre de soins nationale et, à terme, d’ouvrir la voie à la création de centres similaires dans les différentes régions du royaume.
Situé dans le quartier de Hay Nahda à Rabat, le centre permet actuellement à une vingtaine de patients de bénéficier d’une palette de soins et de services axés essentiellement sur la stimulation cognitive, comme nous l’explique le Pr Mustapha El Alaoui Faris, directeur du centre et président de l’association Maroc Alzheimer: « Ce centre pionnier a pour vocation la prise en charge, de jour, des patients dont la maladie est au stade léger à modéré. Alzheimer est une maladie dégénérative incurable, qui a la particularité d’affecter aussi bien le patient que son entourage“.

Stimulations cognitives et sensorielles
C’est d’ailleurs pour mieux accompagner les patients et leurs familles que le centre organise régulièrement des rencontres. Le but est de conseiller, orienter, voire simplement de discuter afin de soulager des familles dont la détresse est réelle face à la lourdeur de cette pathologie incapacitante.
Doté d’une capacité d’accueil d’une centaine de personnes, le centre offre actuellement ses soins à une vingtaine de patients, dans l’optique d’une montée en puissance progressive.
Dans le détail, l’offre de soins démarre systématiquement par un diagnostic généraliste, qui permet notamment de dépister d’autres maladies chroniques.
Pathologie neuro-dégénérative par excellence, l’évolution d’Alzheimer peut être freinée grâce à des techniques de stimulation cognitive et sensorielle, prodiguées au sein du centre: logiciels de stimulation de la mémoire, rééducation orthophonique, kinésithérapie, exercices physiques,… Aux côtés d’ateliers pratiques tels que des cours de cuisine, de peinture et de jardinage.

Carences humaines et matérielles
Expérience unique au Maroc, destinée à ouvrir la voie à des établissements du même type dans les différentes régions du royaume, ce centre pilote souffre toutefois d’un manque de moyens humains et matériels, à l’instar de nombreux autres établissements de santé.
“Nous recrutons actuellement du personnel médical qui travaillera aux côtés des bénévoles de notre association, mais il est clair que nous pourrions faire plus pour nos patients avec davantage de moyens“, semble regretter le Pr Alaoui Faris. Une carence en moyens financiers, mais aussi humains, puisque le Maroc ne compte qu’une dizaine de médecins spécialisés en gériatrie, tous formés à l’étranger en l’absence d’un cursus national.
Pour améliorer ses ressources, la direction du centre compte signer, dès cette semaine, une convention de financement avec l’Entraide nationale. Ce qui permettra de sécuriser près de 70% du budget de fonctionnement du centre d’accueil. “Nous recevons aussi des dons de particuliers et d’organismes institutionnels, en proportions minimes certes, mais toute aide est la bienvenue“.
Et le ministère de tutelle dans tout ça? Actuellement, son rôle se limite au détachement de trois professionnels de santé, sans aucune autre forme de subvention financière.
La maladie d’Alzheimer n’est clairement pas une priorité de santé publique pour un ministère qui, certes, ne baigne pas dans l’opulence. Une prise de conscience nationale est toutefois nécessaire eu égard au vieillissement de la population marocaine, et du coût économique et social que cela peut induire. Après tout, mieux vaut prévenir que guérir…
à lire aussi
Article : Libre-échange. Pourquoi le Maroc doit bien négocier ses prochains accords
ROUND-UP. Le Maroc a déjà largement ouvert son économie à travers plusieurs accords de libre-échange. De nouveaux dossiers sont aujourd’hui sur la table, notamment avec le Chili, le Pérou, la Chine ou la République de Corée. L’enjeu est désormais de mieux négocier ces partenariats, afin d’en tirer le maximum sans fragiliser le tissu productif national.
Article : Mont Tropic : une étude confirme le potentiel des phosphates sous-marins au cœur du bras de fer Maroc-Espagne
Situé dans l’Atlantique nord-est, au sud des Canaries et à l’ouest des côtes du Sahara, le mont Tropic fait l’objet d’une nouvelle étude européenne qui confirme la qualité de ses phosphates sous-marins, comparables à des gisements exploités à terre. Mais l’intérêt du site ne s’arrête pas à la roche phosphatée : ces dépôts semblent avoir favorisé l’accumulation de cobalt, de manganèse, de terres rares et d’yttrium, dans une zone encore suspendue à la délimitation maritime entre Rabat et Madrid.
Article : Streaming sportif : comment TOD veut révolutionner le visionnage des matchs au Maroc face à l'IPTV
Dans un entretien accordé à Médias24, Peter Mrkic, directeur général de TOD by beIN, détaille la feuille de route de la plateforme de streaming au Maroc. Alors que le service bénéficie désormais d'un cadre réglementaire stabilisé par l'autorisation de la HACA, le dirigeant revient sur les enjeux de pénétration du marché, la concurrence de l'informel et les défis techniques liés à la diffusion en direct du streaming.
Article : Hydraulique : Amiblu Maroc inaugure à Nouaceur une nouvelle ligne de production de 160 MDH
Cette extension doit porter la capacité annuelle de l’usine à environ 650 km de conduites et permettre la création de 58 emplois directs et plus de 200 emplois indirects.
Article : Coupe du monde 2026. Analyse de la formidable qualification du Maroc contre les Pays-Bas
Enthousiastes, parfois fragiles en profondeur et épatants à la fois, les Lions de l’Atlas ont renversé les Néerlandais en seizième de finale, dans la nuit du lundi 29 au mardi 30 juin à Monterrey, au Mexique. Combatifs, les hommes de Mohamed Ouahbi ont réussi à éteindre leurs adversaires grâce à un plan de jeu où la prudence a laissé place à l’ambition au fil des minutes.
Article : Nutrition : le HCP et la FAO lancent la première Table marocaine de composition des aliments
Ce référentiel recense 1.001 aliments consommés au Maroc, dont des plats traditionnels, et les décrit à travers 43 constituants. Il doit permettre de convertir les quantités déclarées par les ménages en apports énergétiques fiables, afin de mieux suivre les carences, les excès et les disparités alimentaires.