Région TTAH: le budget approuvé et “l’AREP est à l’arrêt“
Le budget 2018 de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima a été approuvé à l’unanimité mais cela ne va pas sans de multiples paradoxes. Le président Ilyas Elomari a exprimé son pessimisme sur la marche de la gestion de la régionalisation et de nouveau évoqué la possibilité de sa démission.
Au terme d’une session tenue ce 2 octobre au siège de la Région à Tanger, un budget en hausse de 200 MDH par rapport à 2017, 678 MDH contre 576 MDH, a été approuvé.
La ville de Ksar El Kébir devrait se voir dotée d’un campus universitaire et de maisons d’étudiants. Un budget a été prévu pour les expropriations de terrains relatifs au projet de Tanger City Tech. Le maintien des lignes aériennes subventionnées entre Casablanca et Tanger d’un côté, et Tétouan et Al Hoceima de l’autre est sécurisé.
Les “savants“ de Rabat
Ces bonnes nouvelles cachent toutefois des dysfonctionnements dans la gestion des affaires de la région que le président Ilyas Elomari n’a pas éludés. Assis à côté du wali de la région Mohamed El Yaakoubi à la tribune principale, le président de la région a critiqué “les savants de Rabat“, les fouqahae selon le terme choisi. Elomari (PAM) dirige la majorité au conseil régional avec l’appui des élus du RNI et de l‘Istiqlal.
“Là où la région devait accélérer les choses, c’est le contraire qui se passe, a indiqué le président régional; la région a été faite pour aller vite. L’AREP, l’Agence régionale d’exécution des projets aussi, mais aujourd’hui elle est à l’arrêt“.
“L’administration met du temps à nous répondre et les documents de mises en place de l’AREP remis à l’Intérieur en juillet dernier ne nous ont pas encore retournés et certaines de nos propositions ont été refusées“.
L’AREP est censé conduire pour plus de 420 MDH d’investissements en 2018 dont le campus de Ksar El Kébir. Elomari est aussi revenu sur la contradiction entre cette situation administrative et le plan de développement régional approuvé en avril dernier en pleine crise d’Al Hoceima et quelques semaines avant la mise en place de l’AREP.
Evaluer la politique de régionalisation
“Je ne suis pas optimiste sur la marche des choses administratives; les délais sont trop longs. Je propose la tenue d’une journée d’étude nationale sur la politique de régionalisation avec Saâdeddine Elotmani pour faire un premier bilan de deux ans d’activités “, a-t-il préconisé. Elomari a révélé que “les budgets de la région de 2016 et 2017 n’ont pas été formellement approuvés par les ministères de l’Intérieur et des Finances; nous travaillons hors du cadre légal“.
Interrogé par Médias24 sur la contradiction apparente entre la volonté de la région d’aller “vite“ et la supervision de près des travaux de la région par la wilaya, Elomari a indiqué à Médias 24 “sa disposition à démissionner si les choses restent en l’état“.
Elomari a ajouté que “la région est une administration qui n’a pas le pouvoir d’autoriser un quelconque projet“, une manière de rejeter la balle dans le camp de sa tutelle de l’Intérieur. “Moi je ne suis pas un législateur a-t-il souligné ; j’écris des courriers et soit on me répond soit on ne me répond pas. J’ai le choix entre deux attitudes: soit entrer dans un conflit qui n’est pas dans l’intérêt de mon pays, soit partir; il n’y a pas beaucoup d’autres choix; avant de décider, asseyons-nous et voyons où se situent les problèmes“.
Selon le chef du groupe des élus du PJD (Opposition) Nabil Chliyeh qui avait plus tôt critiqué l’absence de mise en œuvre de la stratégie régionale de développement, la même problématique se pose au niveau de la gestion du Fonds de développement rural doté de plus de 50 MM de dirhams. “Nous les élus de terrain devons y être associés; le développement rural est plus de la compétence des élus des collectivités territoriales que du parlement“, a-t-il souligné à l’adresse de la salle.
Pour Chliyeh, “cette stratégie de blocage des budgets et de l’action de l’AREP signifie que l’Intérieur veut garder la main sur tout les aspects de l’administration territoriale et de ses budgets“. Le PJD, de son côté, prépare une journée d’étude centrée sur la politique de régionalisation au Nord.
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