Verbatim. Les conseils de Rachid Benzine aux jeunes du RNI
Après l’ouverture, la première séance de l’université d’été de la Jeunesse du RNI a accueilli ce vendredi 8 septembre à Marrakech, quatre interventions, dont celle très remarquée de Rachid Benzine.
Benzine, le célèbre islamologue et politilogue, a fourni en quelques minutes, aux jeunes du RNI, une sorte de manuel de l’action libérale. Le thème de l’université d’été de la Fédération de la jeunesse du RNI, du 8 au 10 septembre à Marrakech, est “La jeunesse entre les valeurs de liberté et l’esprit de responsabilité“.
Voici un verbatim de l’essentiel de l’intervention de Benzine.
“La question de liberté est quelque chose de très flou. Je la remplacerais par la notion d’émancipation.
>La question de l’émancipation.
L’émancipation est quelque chose de très important, notamment dans la liberté de pensée.
Il faut sortir de trois sortes de minorités quand on est jeune.
Quand on est jeune, on est dans la contestation, on est aussi dans un héritage.
1. La minorité de conscience, la question du droit, la question de la liberté de pensée, de croire ou de ne pas croire.
2. La liberté politique.
3. La minorité économique.
Ces trois fonctionnent ensemble. On ne peut pas isoler l’un des autres et vice-versa. On peut être politiquement dominé et culturellement aliéné. On peut être politiquement émancipé et économiquement dominé.
>Emancipé ne signifie pas sans attaches.
Finalement celui qui est émancipé est celui qui est capable de reconnaître qu’il a une dette vis-à-vis de la culture, du pays, de la politique, des parents. Ce n’est pas un ingrat, c’est quelqu’un qui reconnaît. C’est reconnaitre qu’on a des attachements. Il n’y a pas de liberté avec un détachement total.
Vous reconnaissez donc que vous êtes héritier, mais vous êtes héritier de quoi?
Il est important de faire un inventaire de votre héritage. De quelle histoire, de quel moment, de quelle idéologie êtes-vous héritier?…
Car si on veut construire le Maroc de demain, il faut avoir une épaisseur traditionnelle, une épaisseur idéologique, une épaisseur politique, on ne construit rien à partir du vide.
Donc, il faut absolument connaitre son histoire et surtout lire, lire et lire.
Si vous voulez écrire la page du Maroc, il faut d’abord avoir lu.
>La question de la responsabilité.
Il faut l’ouvrir au moins sur trois éléments:
-sur la question de l’imaginaire. Toute société, quelle qu’elle soit, fonctionne sur un imaginaire. Elle ne fonctionne pas sur la raison. Quel est l’imaginaire du Maroc, quels sont les imaginaires du Maroc? C’est en puisant là-dedans qu’on sera capable d’inventer quelque chose de nouveau.
-la douleur: il faut avoir le courage de la vérité, c’est aussi se prendre des coups, avoir mal, être capable de tenir même si vous êtes décrié.
-la distanciation critique.
>Le processus démocratique à l’intérieur des partis et comment les jeunes peuvent y participer.
Il n’y a pas de démocratie s’il n’y a pas d’individus. Il n’y a pas de démocratie sans la construction d’un sujet libre, autonome et responsable.
Les sociétés sont fragiles. Toutes les sociétés dans le monde aujourd’hui sont fragiles. Cela veut dire que lorsqu’on s’engage, il faut avoir le souci de soi, le souci de l’autre, le souci des institutions. Cela va ensemble. On ne peut pas réfléchir la responsabilité, sans tenir compte de ces trois éléments.
Il s’agit de passer de la société de mépris à la société de reconnaissance.
La question de l’humiliation est un élément qui fragilise la société. Les nombreuses humiliations à l’intérieur d’un pays, ça doit être un chantier de la jeunesse, pour amener les responsables politiques et l’ensemble de la société marocaine à faire attention à ces questions-là.
Il faut avoir le courage. Un régime de démocratie ne s’inscrit pas seulement dans un régime de pouvoir. Il s’inscrit également dans un régime de savoir. Une démocratie ou un pays qui ne reposent pas sur le savoir n’iront pas très loin.
Le courage, c’est de ne pas déléguer à d’autres le soin de commencer. Vous avez commencé ici, continuez".
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