Exclusif: revivez la double médaille d'or d'El Guerrouj, avec le commentaire de Aziz Daouda
Aziz Daouda a connu Hicham El Guerrouj depuis son très jeune âge et il lui avait d'emblée prédit un grand avenir. Si le coureur est à la retraite depuis quelques années, le directeur technique de la confédération africaine d'athlétisme a bien voulu revenir avec nous sur la merveilleuse et exceptionnelle prestation du berkani lors des JO d’Athènes en 2004.
Il faut noter que les Jeux Olympiques de 2004 à Athènes intervenaient dans un contexte très particulier pour les membres de l’équipe nationale d’athlétisme, et notamment pour Hicham El Guerrouj.
Ce dernier, qui allait glaner deux médailles d’or lors de cette édition, savait qu’il jouait ces derniers JO. "Hicham savait qu’il n’allait pas avoir le temps de participer à une autre édition, vu son âge. L’athlète frôlait la trentaine, et aussi parce qu’il commençait à saturer", se rappelle Aziz Daouda, directeur technique de l'équipe nationale à l'époque.
Par ailleurs, le champion du monde du 1.500 mètres avait eu des soucis de santé quelques semaines auparavant. "Il avait développé une sorte d’allergie, parce que cette année-là il avait fait un peu plus chaud à Ifrane et un peu plus tôt que d’habitude. Les difficultés respiratoires dont il souffrait lui avaient fait perdre une course à Rome en juin soit moins de deux mois avant le début des JO", nous raconte Daouda. Ce dernier regrette encore que des titres de presse n’avaient pas épargné El Guerrouj et au contraire, ils avaient même douté de lui à quelques semaines du début des JO.
Par ailleurs, il faut savoir que cette année-là, l’IAAF (Fédération internationale d’athlétisme) avait fait changer la programmation grâce à une requête marocaine faite quelques années plus tôt.
"En 1999, nous savions que Hicham pouvait un jour concourir pour les deux courses dans la même compétition. Sauf que les deux épreuves, 1.500 m et 5.000 m, se chevauchaient. Pour permettre à Hicham de faire les deux courses, nous avions présenté une requête à l’IAAF qui l’a acceptée", révèle notre interlocuteur.
C’est ce qui a, donc, permis à El Guerrouj de participer aux deux courses lors des JO 2004, qu’il voulait comme un aboutissement de toute une carrière. "Il voulait terminer sa carrière sur quelque chose d’exceptionnel. Avant lui, un seul athlète avait réussi le même exploit et c’était au début du 20ème siècle", ajoute Daouda, avec un sentiment de fierté.
Mais avant d’en arriver là, il fallait se préparer. Le staff technique avait comme tâche de préparer une stratégie pour chacune des courses. "Les tactiques dépendent de deux éléments fondamentaux. Le premier, c’est les possibilités qui se présentent à l’athlète et son état de forme et le second ce sont ses adversaires potentiels", détaille le directeur technique.
Cette stratégie évolue et se peaufine au fur et à mesure de l’avancement des tours et des qualifications. La communication et l’échange sont deux éléments nécessaires lors de la préparation de chaque course.
"L’athlétisme, tout comme la natation, c’est que ce sont des disciplines où l’athlète n’a pas une seconde possibilité pendant la course. Autrement dit, quand l’erreur est faite, il est très difficile pour le coureur de se rattraper. C’est pour celà que nous avons toujours conseillé à nos athlètes de bien préparer la course avec une tactique et un schéma très précis. C’est la clé de la réussite et ce n’est pas donné à tout le monde", conclut notre interlocuteur.
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