Stade Mohammed V. Des élus demandent la création d’une commission d’enquête
La situation du complexe a monopolisé les discussions de la commission des affaires sociales, culturelles, sportives et du développement urbain réunie lundi 17 avril. Sans surprise, le débat a été houleux.
La réunion a duré six heures: de 10h à 16h, entrecoupée par une courte pause déjeuner. Elle devait être tenue jeudi dernier, mais faute de quorum, elle a été reportée au lundi 17 avril.
Les DG de Casa Aménagement et Casa Events ont été interrogés par des élus venus enquêter sur ce qui s’est réellement passé le jour de la réouverture du stade et les raisons du ratage.
L’ambiance a été électrique dès le début de la réunion. Les débats ont porté aussi bien sur la réouverture du stade que sur la légalité ou pas des SDL, leurs prérogatives, les conventions qui les lient à la ville…
Dans la foulée, deux députés-Lhoucine Nasrollah, président du groupe istiqlalien au Conseil de la ville et Najwa Koukous, élue PAM et membre du comité de suivi du complexe- ont appelé à l’ouverture d’une enquête diligentée par une commission spécialisée au sein du conseil de la ville. Elle devrait se pencher par ricochet sur les dépenses engagées, les marchés publics passés, les maquettes de la deuxième phase du projet, les frais engendrés par la dégradation des équipements du stade suite à la réouverture anticipée…
"Il faut savoir que sur les 220 MDH que nécessite le projet dans sa globalité, nous n’avons reçu que 75 MDH et que la commune ne s’est pas encore acquittée de sa quote-part qui s’élève à 30 MDH. Sur quoi va-t-on enquêter alors sachant que la ville n’a pas encore versé un centime? En ce qui concerne les marchés passés, tous les documents sont téléchargeables à partir du site des marchés publics", répond Driss Moulay Rchid.
Quid des exigences de la Fifa?
"Certaines exigences de la Fifa n’ont tout simplement pas été respectées, privilégiant l’approche sécuritaire aux normes internationales. Je parle par exemple des sièges sans dossiers en encore des poteaux électriques placés à l’intérieur du stade", alerte Najwa Koukous.
"Il faut faire la différence entre les recommandations et les exigences de la Fifa. Suivre les recommandations permet d’organiser certains événements comme la coupe du monde des clubs. Parmi ces recommandations: disposer de sièges avec dossiers… Sauf que les sièges avec dossiers sont fragiles et faciles à arracher. Nous avons fait le choix de prioriser les exigences des championnats nationaux et d’opter pour des solutions pérennes sans oublier l’impératif de la rationalisation budgétaire", réplique M. Moulay Rchid.
Qu’en est-il des poteaux à l’extérieur tel qu’exigé par la Fifa? "Ils sont programmés dans la deuxième phase. Une fois qu’ils seront installés à l’extérieur, ceux de l’intérieur seront enlevés", ajoute le DG de Casa Aménagement.
Les autorisations ont-elles été obtenues en amont?
Parmi les questions posées également au DG de Casa Aménagement, celle des autorisations permettant le lancement des travaux d’aménagement.
"Devant notre insistance, il a préféré observer le silence", nous déclare Lhoucine Nasrollah.
"Il y a un amalgame. Nous ne construisons pas, mais nous effectuons des aménagements et des réfections du stade existant. L’autorisation dans ce cas est plus une taxe que paie la partie qui souhaite opérer ces travaux. Dans le cas du stade, Casa Aménagement ne fait que réaliser les travaux en question pour le compte de la Commune", répond Driss Moulay Rchid.
Les SDL, ces partenaires non désirables
Depuis leur création en 2015, les sociétés de développement local n’ont jamais été du goût des élus qui l’ont toujours fait savoir.
"Les conventions entre la ville et les SDL doivent être régies par un arrêté du ministère de l’Intérieur. Or, ce dernier n’a jamais vu le jour", souligne le président du groupe istiqlalien au conseil de la ville.
"Ce n’est pas tout. Le complexe sportif fait partir du patrimoine privé de la ville. L’article 131 de la loi organique 113-14 relative aux communes interdit formellement qu’une SDL gère un bien privé de la ville. Elles sont donc dans l’illégalité absolue. J’ai posé la question et je n’ai pas obtenu de réponse", ajoute-t-il.
"En vertu de la loi organique des communes, le conseil de la ville doit détenir au moins 34% du capital de ces SDL. Or, ce n’est pas le cas. Cela pose la question de la légalité de ces SDL", s’interroge pour sa part la députée PAM.
"Je gère des choses techniques. Le politique ne relève pas de mes compétences", répond Driss Moulay Rchid.
Vendredi 21 avril, la commission des affaires sociales, culturelles, sportives et du développement urbain se réunira à nouveau et traitera des projets des associations au titre de l’exercice budgétaire 2017. Ce n’est qu’à la fin de cette réunion que des recommandations seront publiées au sujet du débat sur le stade.
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