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Sahara: Comment Guterres raconte les derniers développements du dossier à l'ONU

Le secrétaire général de l’ONU a remis, lundi 10 avril, son rapport provisoire sur la situation au Sahara aux 15 membres du Conseil de sécurité. Retour sur le récit qu'il fait des événements entre août 2016 et avril 2017. 

Sahara: Comment Guterres raconte les derniers développements du dossier à l'ONU
Samir El Ouardighi
Le 13 avril 2017 à 12h54 | Modifié 11 avril 2021 à 2h39

Antonio Guterres a présenté un rapport au ton didactique et neutre pour décrire les événements qui ont émaillé l’année écoulée et le premier trimestre 2017, le premier de son mandat.

Le récit démarre le 14 août 2016 quand le Maroc entame la réfection de la route longeant la zone de Guerguerat entre son poste frontière et celui de la Mauritanie sur une longueur de 3,8 kilomètres.

Un no man’s land devient une zone libérée après une opération civile marocaine

Les problèmes surgissent quand le polisario déploie, le 15 août, des hommes armés dans la zone-tampon pour empêcher les gendarmes et douaniers marocains d’effectuer les travaux de réfection.

Inquiète de ce qu'elle perçoit comme des risques d’escalade, la Minurso envoie, le 16 août des patrouilles terrestres et aériennes sur la zone avant de déployer le 28 du même mois, des militaires pour s’interposer entre les parties en présence.

Le secrétaire général reçoit un courrier où le Maroc affirme que ses éléments mènent une simple opération civile pour transformer une piste en route alors que le polisario l’accuse de violer le cessez-le-feu de 1991, en permettant à ses hommes d’entrer dans la zone tampon.

Le 25 août, la Minurso demande, par écrit, aux deux parties de se retirer de la zone de Guerguerat pour éviter que la situation ne dégénère. Quelques jours plus tard, début septembre, les ingénieurs marocains finissent leur travail de réfection de la route à 120 mètres des positions du polisario.

En décembre, la force d’interposition relève que les séparatistes n’hésitent pas à planter leur drapeau en territoire mauritanien au sud de Guerguerat dans la péninsule de Cap Nouhadibou (à proximité de Lagouira).

Sans réaction de la Minurso, le polisario plante ses drapeaux et installe des locaux préfabriqués dans le no man’s land de Guerguerat sur une superficie de 2 kilomètres carrés.

Plus loin dans son rapport, Guterres souligne que les tensions s’accélèrent dangereusement  quand le polisario se met à harceler les camions marocains qui arborent une carte de leur pays avec ses provinces du sud, voire simplement le drapeau ou les couleurs du Maroc.

Selon lui, la Minurso observe, sans réagir, les dommages causés aux véhicules qui ont refusé de se soumettre aux contrôles des séparatistes (vitres cassés à l’aide de pierres, cartes repeintes ...).

Ces provocations font l’objet d’une protestation officielle du Maroc qui demande à la force d’interposition, sous l’autorité de Guterres, d’intervenir pour mettre fin aux actes illégaux du polisario.

Le Maroc donne des signes de bonne volonté, le polisario préfère l’escalade

Plusieurs mois après le début de l’escalade, le secrétaire général demande, le 25 février, aux deux parties de retirer immédiatement leurs éléments armés de la zone pour respecter les termes du cessez-le-feu signé en 1991 et enjoint au polisario de cesser d’entraver le trafic commercial.

Dès le lendemain (26 février 2017), le Maroc annonce un retrait unilatéral de Guerguerat, qui est salué par le SG dans son rapport.

En réaction, le polisario déclare à Guterres, qu’il ne bougera pas de la zone tant que le processus de "décolonisation" ne sera pas achevé et que la Minurso ne retrouvera pas sa pleine fonctionnalité après l’expulsion d’une partie de ses membres par le Maroc.

Le secrétaire général accepte alors de recevoir, le 17 mars, le chef du polisario, Brahim Ghali, à New York. Il lui fait part de sa déception sur la non-évacuation de la zone tampon de Guerguerat.

Une semaine avant la présentation du rapport du SG aux membres du Conseil de sécurité (début avril donc), le Maroc l’informe de sa décision d’accepter le retour immédiat des 17 éléments expulsés de la Minurso.

Christopher Ross, persona non grata au Maroc

Malgré la détérioration des relations avec Ban Ki moon, son successeur révèle que le Roi Mohammed VI a accepté de recevoir l’ancien secrétaire général en marge de la COP22 qui s’est tenue en novembre à Marrakech.

Selon Guterres, le Roi avait annoncé à son interlocuteur qu’il était disposé à recevoir Christopher Ross, envoyé spécial, après la tournée royale en Afrique. Une décision qu’un membre de l’équipe de l’ancien SG avait interprétée comme une fin de non-recevoir "à cause des positions de Ross favorables au polisario et à l’Algérie".

Le 23 janvier dernier, l’envoyé spécial Christopher Ross fait part à Guterres de sa décision de démissionner de son poste et dès le lendemain, un émissaire royal confirme au SG que Ross ne sera pas reçu par le Maroc.

Selon plusieurs sources médiatiques, le secrétaire général s’apprête à le remplacer par l’Européen Horst Kohler, ancien président de la République fédérale d’Allemagne.

Au final, le récit du nouveau secrétaire général de l’ONU se contente de décrire les événements sans parti-pris en proposant de relancer le processus de négociation "avec une nouvelle dynamique et un nouvel esprit", pour aboutir à "une solution politique mutuellement acceptable".

Entre les lignes, le successeur de Ban Ki Moon n’hésite pas à saluer les efforts du Maroc tout en désignant indirectement le polisario comme seul responsable du blocage à Guerguerat et en indiquant que son parrain algérien "doit" désormais s'impliquer davantage dans la recherche d'une solution. 

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Samir El Ouardighi
Le 13 avril 2017 à 12h54

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