Sahara: Washington et Nikki Haley conduiront les travaux du Conseil de sécurité en avril
C’est ce mois-ci que doit être mené au Conseil de sécurité le débat annuel sur la situation au Sahara, à l’occasion du renouvellement (ou pas) de la mission de la Minurso. Des éléments inconnus persistent sur les intentions diplomatiques américaines depuis le début de cette année.
La diplomatie US s’apprête à présider le Conseil de sécurité des Nations unies durant ce mois d’avril. Nikki Haley en constitue le nouveau visage.
Tout à la fois proche de Netanyahou et de l’extrême-droite israélienne, proclamant “qu’en Syrie, le départ d’Assad n’est plus une priorité“, conciliante avec Moscou et provocatrice avec Pékin, pro-Brexit et critique vis-à-vis de l’OTAN, la nouvelle administration Trump a déjà donné le tournis aux diplomates du monde entier.
A côté des prises de positions politiques de ces 10 dernières semaines, l’administration Trump a également décidé de réduire le budget du département d’Etat de près de 30% et d’augmenter celui de la défense de plus de 7%.
Son ambassadrice aux Nations unies Nikki Haley a de son côté annoncé une baisse de la contribution financière aux missions de paix onusiennes lors de son audition au sénat.
Washington veut donner moins d’argent aux missions de l’ONU
C’est pour ces raisons que les prises de position US au cours des quatre prochaines semaines seront suivies. La performance de la nouvelle ambassadrice US à l’ONU Nikki Haley ne le sera pas moins. Celle-ci a d’ores et déjà indiqué que comme les Israéliens, “nous sommes agressifs, nous sommes obstinés et nous ne cédons pas dans un combat“.
Intervenant devant le lobby pro-israélien AIPAC à Washington cette fin mars, Nikki Haley, rapporte un journaliste présent, “s’est rappelé combien elle s’est sentie bizarre lorsqu’elle a pour la première fois mis le pied à l’ONU et écouté les délégués, les uns après les autres“. “Je savais qu’ils disaient que ça n’allait pas, mais quand vous entendez, que vous voyez ce qu’il se passe, vous ne pouvez tout simplement pas comprendre et combien tout cela est ridicule“, a-t-elle dit.
D’ores et déjà l’on sait que “la présidence US du mois d’avril veut revoir toutes les missions de maintien de la paix onusiennes“, notamment sous leur aspect budgétaire. Lors de son passage au sénat américain pour sa confirmation en février dernier, Nikki Haley a annoncé “le besoin de revoir les missions une par une et l’intention de son administration de réduire le financement des opérations de maintien de la paix“.
La Minurso compte 245 hommes et femmes en uniforme et son budget pour son mandat 2016-2017 s’est élevé à 56,5 millions de dollars.
Sur les modifications techniques à l’ONU: “Je ne suis pas là pour m’amuser“
Au cours du mois d’avril, indiquent des sources diplomatiques onusiennes et indépendantes, les mandats de la Minustah (Haiti), de la Minusma (Mali) et de l’Unmiss (Soudan du Sud) seront notamment passés en revue.
Le futur de ces missions sera discuté au sein de ce que l’on appelle TCC dans le jargon onusien, les pays contributeurs de troupes , les troop-contributing countries.
Ce processus de révision du rôle et de consultation des TCC va également concerner la Minurso qui veille au respect du cessez-le-feu signé en 1991 par le Maroc et les séparatistes sous l’égide de l’ONU.
Nikki Haley: “Ainsi pour tous ceux qui disent qu’on ne peut rien faire à l’ONU, il faut que vous sachiez qu’un nouveau shérif est arrivé“
Après le vote de la résolution condamnant la politique de colonisation israélienne en décembre dernier, Trump avait proféré des menaces de représailles financières et politiques contre l’Organisation des Nations unies.
Plus récemment, Nikki Haley a critiqué l’Onu pour “donner plus importance aux dossiers du Moyen-Orient qu’à la politique nucléaire nord-coréenne“.
Vue du Maroc, la politique US sur le dossier est un immense point d’interrogation. Washington aime les régimes autoritaires comme ceux de Sissi ou bien plutôt s’ils ont de l’énergie comme, malgré tout, l’Arabie saoudite.
Qu’en sera-t-il sur le dossier du Sahara qui oppose vivement Rabat et Alger? Le Maroc n’a ni régime autoritaire ni pétrole. Selon le Security Council Report, “il y aura des consultations au niveau des TCC et des consultations en amont du renouvellement du mandat de la MINURSO“. Tout cela mené par un nouveau shérif.
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