Entretien. Jamal Belahrech: Voici comment travaille la fondation Zakoura pour l'Education
Un décret publié sur le B.O. du 27 février, modifie le statut d'utilité publique de la fondation Zakoura pour l'Education. Jamal Belahrach, président de la fondation depuis 2014 nous explique ce changement ainsi que les prochaines actions programmées par la fondation.
Médias24: La fondation Zakoura pour l’Education vient d’obtenir l’autorisation de gérer 500 MDH annuellement… Que signifie ce changement de plafond?
-Jamal Belahrech: La fondation Zakoura pour l’Education est une association reconnue d’utilité publique depuis 2001. Mais jusqu’à présent, nous avions le droit de gérer seulement 200 millions de dirhams annuellement. Un montant que nous dépassions très souvent, et il fallait à chaque fois demander une autorisation du secrétariat général du gouvernement.
Pour développer des écoles dans le préscolaire en milieu rural, il faut mobiliser des moyens financiers très importants. Avec ce nouveau décret, le gouvernement nous a accordé la possibilité de relever ce plafond pour atteindre 500 millions de dirhams annuellement.
-Quelles sont les exigences que vous impose l’Etat en contrepartie de ce statut?
-En premier lieu, la transparence totale, à laquelle nous sommes habitués. La fondation bénéficie d’une gouvernance parfaite, avec un conseil d’administration qui regroupe de grands noms.
Nos équipes de gestion comprennent un expert-comptable et notre comptabilité est digne d’une multinationale. Nos états de synthèse sont également suivis par un commissaire aux comptes dans l’optique de donner une image fidèle de notre patrimoine, de sa situation financière et de ses résultats.
-Ce changement de plafond signifie que vous estimez pouvoir collecter les 500 millions de dirhams de financement… Ce n’est pas un peu difficile?
-Nous recevons des fonds du secteur privé au Maroc, des fondations nationales ou encore d’autres internationales. Nous avons des partenaires étrangers comme la fondation SNCF ou encore la principauté de Monaco qui nous aident depuis un moment.
Nous avons également lancé très récemment un programme qui nous permet de lever des fonds auprès des salariés dans les entreprises.
Avec le nouveau statut, nous avons aussi le droit de solliciter le grand public pour nous aider dans nos projets, dont la préscolarisation d’au moins 50.000 enfants d’ici 3 ans. Il est aussi prévu d’organiser un "Educathon" avant la fin de l’année pour collecter des fonds qui iront dans la construction des écoles pour les enfants entre 4 et 6 ans.
Une école qui scolarise 70 enfants sur deux années coûte 300.000 DH.
-Créer des écoles est-il suffisant? Que se passe-t-il après? Etes-vous obligés de suivre indéfiniment?
-Nous travaillons actuellement sur un manifeste du préscolaire, c’est-à-dire que nous allons préparer un vrai plaidoyer avec des propositions concrètes sur le préscolaire.
Notre objectif est de pérenniser notre action. Dans les faits, nous créons des écoles et nous les accompagnons pendant deux années, et nous voulons maintenant que les communes prennent le relais après ces deux années.
Nous essayons de pousser les communes à prendre la responsabilité de la gestion du préscolaire, et de notre côté, les accompagner avec de la formation des éducateurs notamment.
-Comment fonctionnent vos écoles?
-Nous avons actuellement une centaine de classes à travers le Maroc et chacune d’entre elles accueille 70 enfants, la moitié vient le matin et l’autre moitié a cours l’après-midi. Pour chaque école, nous recrutons deux éducatrices du "douar". Elles sont payées au Smic et bénéficient d’une couverture sociale. Nous allons très prochainement atteindre la barre des 10.000 enfants préscolarisés dans nos écoles, sur les 500.000 qui sont en dehors du système éducatif selon nos estimations.
L’équipement que nous mettons à la disposition des enfants est de très haut de gamme. Ce sont des classes modèles. Nous en avons actuellement une centaine et nous voulons accélérer le rythme.
150 à 200 éducatrices, toutes issues du milieu rural, sont formées chaque année au sein de Zakoura Academy.
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