Le tueur de la mosquée de Québec, un profil banal à l'idéologie d'extrême droite
Introverti, éduqué, sans histoire particulière, l'étudiant meurtrier de six musulmans à la mosquée de Québec est séduit par les discours et les idées nationalistes mais affiche finalement un profil tout à fait banal.
Alexandre Bissonnette, 27 ans, était étudiant en sciences politiques à l'université Laval, toute proche de la mosquée Sainte-Foy où dimanche 29 janvier soir il a pénétré, armé, avant de tirer dans le dos des fidèles rassemblés pour la prière.
C'est aussi un quartier qu'il connaît bien, il y a vécu dans la coquette maison familiale jusqu'à l'automne avant d'emménager dans un petit appartement avec son frère jumeau à quelques centaines de mètres du centre culturel islamique de Québec.
Ses messages sur son compte Facebook, fermé depuis, sont principalement apolitiques et concernent la famille, les amis ou la gastronomie.
Les pages qu'il suit "révèlent une sympathie apparente pour les groupes et les idéologies nationalistes", selon l'analyse du Site intelligence group, spécialisé dans le suivi des profils radicalisés et extrémistes.
"C'est un profil cruellement banal qui ressemble à bien d'autres et dont il est extrêmement difficile de percevoir l'évolution", explique à l'AFP David Morin, co-directeur de l'observatoire sur la radicalisation et l'extrémisme violent (OSR).
Sans être passionné, il suit ses cours de politique à la faculté des sciences sociales, lit Baudelaire et travaille à l'organisme de collecte de sang Héma-Québec, qui s'est dit consterné d'apprendre "qu'un de ses employés a été appréhendé dans les tragiques événements" à la mosquée.
Sans avoir d'appartenance avérée à un groupe nationaliste, Alexandre Bissonnette a "un discours de droite, un peu réactionnaire, un peu anti-immigrant, antiféministe", développe David Morin.
Il aime, d'après son profil Facebook, les positions de Donald Trump contre les immigrants, mais aussi Marine Le Pen, présidente du Front national, parti d'extrême droite en France, ou encore Génération nationale, groupe identitaire nationaliste québécois.
Reste un signe dans le parcours banal du jeune homme. Avant la visite de Marine Le Pen en mars l'an dernier à Québec, il montrait peu d'intérêt pour la politique en dépit de son cursus universitaire, selon des amis cités par le quotidien Globe and Mail.
C'est chez les Cadets, centre d'accueil de l'armée canadienne pour les jeunes, qu'Alexandre Bissonnette s'est exercé à l'utilisation des armes. Il avait d'ailleurs posté sur son profil Facebook il y a quelques mois, une de ses photos en tenue de jeune cadet de l'armée royale canadienne.
Les blessés sont hors de danger
Les cinq blessés sont maintenant hors de danger, et le bilan définitif sera de six morts, a indiqué mardi 31 janvier le corps médical.
Sur la cinquantaine de fidèles présents dimanche pour la prière du soir à la mosquée Sainte-Foy à Québec, six avaient été tués et huit blessés, dont trois plus légèrement.
L'hôpital de l'Enfant-Jésus "a reçu cinq patients qui étaient blessés sévèrement et (lundi 30 janvier) deux restaient dans un état critique et trois dans un état stable", a indiqué mardi Geneviève Dupuis, directrice adjointe des communications, lors d'un point de presse.
Mardi, quatre personnes restent hospitalisées mais leurs jours ne sont plus en danger.
Pour les deux blessés les plus graves, "on s'attend à une survie, mais il est trop tôt pour le pronostic à long terme" au niveau des séquelles, a déclaré le chirurgien Julien Clément du centre hospitalier universitaire de Québec.
Les blessés ont été touchés à l'abdomen ou aux bras et aux jambes, a-t-il souligné.
Par ailleurs une aide psychologique a été proposée dès dimanche soir aux victimes et à leur famille et aux membres de la communauté musulmane choqués par la tuerie.
Des intervenants travaillent sur le terrain et proposent une écoute et une aide "aux gens qui ont été témoins (de la fusillade) et à toute la population en général" après l'attaque de la mosquée, a indiqué Josée Martel, directrice adjointe du service d'aide psychosociale.
(Avec AFP)
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