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ECONOMIE

En 2016, le déficit budgétaire probablement plus élevé que l'objectif de 3,5%

Nous écrivons "probablement" car les chiffres définitifs et les "retraitements" ne sont pas arrêtés. Les seules indications sont fournies par la situation provisoire des statistiques de la Trésorerie générale du Royaume. Mais ces chiffres se basent sur les émissions de paiement au niveau des dépenses, et sur les recettes encaissées. 

En 2016, le déficit budgétaire probablement plus élevé que l'objectif de 3,5%
Sara El Hanafi
Le 25 janvier 2017 à 15h21 | Modifié 11 avril 2021 à 2h39

Sur la base des recettes encaissées et des dépenses émises conformément à la loi des Finances, le déficit du Trésor s’élève, à fin décembre 2016, à 41,6 MMDH. C’est ce qui ressort des dernières statistiques des finances publiques, publiées par la Trésorerie générale du Royaume. 

Ce chiffre, qui est provisoire et apparent, représente 4,1% du PIB. Une valeur calculée à partir des variables disponibles de l’équation:

-le déficit en question; le PIB de 2015, s’élevant à 100,6 MM$ selon la Banque mondiale; et le dernier taux de croissance révélé par le HCP, en l’occurrence 1,1%.

-En retenant ces deux derniers chiffres, le PIB de 2016 s’élève donc à 101,7 MM$ (100,6 MM$ + 100,6 MM$*1,1%= 101,7 MM$).

-Le déficit de 2016 constaté par la TGR, converti en dollars américains, est de 4,2 MM$.

-Divisé par le PIB de 101,7 MM$, il donne un taux de 4,1%.

Mais à vrai dire, les chiffres révélés par la TGR ne sont que provisoires et de plus, reflètent davantage les flux que la comptabilité de l'Etat: "Les statistiques de la TGR se basent sur des remontées statistiques de la part des différentes perceptions concernées. Au fur et à mesure que les opérations sont effectivement comptabilisées, elles peuvent être corrigées à la hausse ou à la baisse courant 2017", nous confie une source de haut niveau au sein de la TGR, contactée par Médias24.

Qui plus est, des divergences de calcul subsistent entre la TGR et d’autres institutions, notamment la DTFE (direction du Trésor et des finances extérieurs).

Au niveau de la charge de compensation, par exemple, la TGR prend en compte, dans ses calculs, les décaissements effectifs liés à la charge (qui peuvent être le cumul des charges de plusieurs années), alors que la DTFE ne se réfère qu’aux charges dues sur l’exercice concerné.

Une illustration: au niveau des chiffres de 2015, la TGR révèle avoir décaissé 21 MMDH au titre de la charge de compensation, alors que la DTFE n’a comptabilisé qu’un montant de 14 MMDH.

Lire également: Le budget 2016 mis à rude épreuve par la conjoncture

 

Il en résulte, toujours au niveau des chiffres de 2015, deux valorisations différentes du déficit de l’exercice en question. Ainsi, selon la TGR, le déficit de l’année 2015, après les diverses corrections liées à la comptabilisation effective des opérations, s’élève à 44,6 MMDH, soit 4,5% du PIB de 2015.

La DTFE, elle, affirme dans sa note de conjoncture parue en février 2016, que le déficit de 2015 s’élève à 42,7 MMDH, soit 4,3% du PIB.

Sans oublier Bank Al Maghrib, dont le gouverneur Abdellatif Jouahri martelait, en décembre dernier: "Au total, le déficit budgétaire s’est légèrement atténué à 38,8 MMDH, et devrait pour l’ensemble de l’année 2016 avoisiner 3,5% du PIB"

Trois chiffres, et trois méthodes de calcul. En plus des autres règles méthodologiques prônées par différents économistes, dont Abdelkader Berrada, qui avait affirmé que le déficit budgétaire réel de 2015, corrigé par la suppression des recettes exceptionnelles à partir des recettes courantes, peut atteindre jusqu’à 7,5% du PIB. "Au Maroc, les recettes exceptionnelles sont presque devenues une constante", s’indignait-il, en référence aux différents dons et privatisations.

Les chiffres de la TGR

Les chiffres publiés par la TGR montrent une croissance au niveau des recettes, ainsi qu’une régression des dépenses ordinaires, favorisée par la décompensation. Mais il faut dire que cette performance, comparée au modeste taux de croissance de 1,1% (alors que le budget 2016 a été construit sur une hypothèse de croissance 3%), laisse le rapport déficit/PIB encore loin de l’objectif des 3,5%.

Selon la TGR, les recettes ordinaires ont progressé de 3,5% pour s’établir à 214,7 MMDH. Cette progression émane, entre autres, de la hausse des recettes douanières (+5% à 57,8 MMDH), et la hausse de la fiscalité domestique de 3,2%,

Les recettes non fiscales ont régressé de 0,4% pour se situer à 21,7 MMDH. Cette baisse est due, entre autres,  à la dépréciation de 56,8% des recettes en atténuation de dépenses de la dette (1,9MMDH contre 4,4 MMDH), de la redevance gazoduc (1 MMDH contre 1,8 MMDH) et des recettes de monopole (8 MMDH contre 9 MMDH).

A vrai dire, les recettes des monopoles à fin décembre 2015 tiennent compte d’un montant de 1,7 MMDH au titre de l’attribution des licences 4G. A fin décembre 2016 et selon les statistiques arrêtés par la TGR, la situation des monopoles est la suivante :


En 2016, le déficit budgétaire probablement plus élevé que l'objectif de 3,5%

Chiffres en MDH ; source: TGR

La crise économique dans les pays du Golfe, provoquée par la chute du cours du pétrole, a également affecté les recettes du Trésor: le budget tablait sur des recettes de 13 MMDH au titre des dons desdits pays, il en a que reçu 7,2 MMDH. Un montant retenu dans les recettes des comptes spéciaux du Trésor qui ont atteint globalement 84,4 MMDH, soit 107,4% des prévisions de la loi de Finances. Ces recettes tiennent également compte de rentrée de 965 MDH représentant la part de l’Etat dans la cession de 40% du capital de Marsa Maroc.

D’une autre part, les dépenses ordinaires émises au titre du budget général ont baissé de 2,4% pour se situer à 202,4 MMDH. Une régression tirée principalement par la diminution de 41,6% des émissions au titre de la compensation qui se sont situées à 12,2 MMDH.

D’une autre part également, les dépenses de biens et services ont progressé de 2,4% pour se situer à 163,4 MMDH, dont 104,3 MMDH ont concerné les traitements et salaires qui enregistrent une hausse de 1,3%.

Les dépenses d’investissement émises ont progressé de 17,7%, pour atteindre 65,5 MMDH à fin décembre 2016, en raison de la hausse de 14% des dépenses des ministères et de 27,7% des charges communes. Les dépenses d’investissement programmées par l’administration publique étaient de 61 MMDH seulement, inférieures de 3% par rapport aux dépenses effectivement émises.

Les dépenses liées aux intérêts de la dette ont accusé une légère baisse de 0,3% à 26,7 MMDH contre 26,8 MMDH à fin décembre 2015.

Le besoin de financement ayant atteint 35,9 MMDH (contre 48 MMDH en 2015 selon la TGR), le Trésor a eu recours au financement intérieur pour un montant de 33,7 MMDH et au financement extérieur pour un montant de 2,3 MMDH.

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Sara El Hanafi
Le 25 janvier 2017 à 15h21

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